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Psychologie

Les acheteurs compulsifs

Les acheteurs compulsifs

Les acheteurs compulsifs ne résistent à aucune tentation. Ils n'achètent pas quelque chose parce qu'ils en ont besoin mais uniquement pour se faire plaisir ou connaître le “ vertige ” au moment de passer à la caisse


Ces “ fringales d'achats ”, comme les appellent les psychiatres, sont proches du comportement des toxicomanes. Dans ce cas, il existe une véritable dépendance vis-à-vis de l'achat.

Les patients décrivent ça comme une envie irrépressible contre laquelle ils ne peuvent pas lutter. Ces comportements se rencontrent plus souvent chez les femmes que chez les hommes. En général, elles ont un penchant pour les objets ayant un rapport avec l'esthétique. Ainsi, elles s'offrent volontiers des vêtements, des produits de beauté, des bijoux ou du parfum. En fait, il s'agit presque toujours d'objets valorisants sur le plan narcissique. En ce qui concerne les hommes, c'est un peu différent. Si bon nombre d'entre eux aiment aussi les vêtements, ils sont plutôt attirés par le matériel Hi-fi et la vidéo. Beaucoup de jeunes gens dépensent également des sommes considérables en matériel hight-tech, en fringues de marques, mais aussi en sorties dans des établissements de luxe tels que grands restaurants ou boîtes de nuits à la mode, alors qu'ils n'en ont pas les moyens.

 Qu'est-ce que ça peut cacher ?

Derrière ces troubles apparemment anodins se cache souvent des troubles de la personnalité. Cela concerne généralement des patients qui souffrent de carences narcissiques ou affectives et qui les compensent en achetant. L'achat compulsif peut parfois être le reflet d'une “ dépression masquée ”. Il constitue alors un moyen de compenser. La personne veut se faire plaisir dans l'instant, même si elle sait qu'elle ne portera jamais ce qu'elle vient de s'offrir. Cela ressemble aux “ achats-sparadra ” évoqués précédemment, mais, dans ce cas, ils sont si importants et si fréquents qu'ils revêtent un caractère pathologique.

Mais, même si la “ fièvre acheteuse ” peut être le reflet de véritables troubles, il convient de ne pas occulter le rôle de la société de consommation dans cette histoire. Car il faut avouer que les tentations sont grandes et qu'il est parfois difficile de ne pas succomber. Cartes de crédit, paiements différés et autres crédits gratuits constituent autant de pièges qui peuvent se refermer sur chacun d'entre nous.

 Le processus suivi par l'acheteur compulsif est souvent le même

- Tension, plaisir, et remords : Avant de poser leur geste, ils vivent une grande tension, et l'achat est perçu comme le remède à cette tension. Et, effectivement, ils en ressentent du soulagement, du plaisir.

- Mais celui-ci ne dure pas. La culpabilité et le remords prennent le dessus.

 

Si la satisfaction ne dure pas, c'est parce que la personne ne se rend jamais à la source de ses tensions.Elle se voit donc toujours dans l'obligation de répéter son comportement pour aller chercher un réconfort, qui sera toujours passager.

- L'acheteur(se) compulsive type est âgée entre 30 et 40 ans. Son problème a commencé dans la jeune vingtaine, et il est chronique depuis une dizaine d'années lorsqu'elle se décide à consulter un spécialiste.

- Si ça peut durer si longtemps, c'est que ce n'est pas souvent pris au sérieux par l'entourage. C'est « la tante gâteau » qui offre plein de cadeaux et possède tous les derniers gadgets. Originale, mais inoffensive.

- La manie pourra être la source de conflits avec le conjoint. Face aux proches, elle est à coup sûr source de honte et de gêne, d'où le réflexe de la camoufler.

 

Selon certains, la thérapie n'est pas toujours un parcours obligé, et certains trucs peuvent être essayés par l'individu : se faire accompagner en allant au magasin, tenir un budget serré, un journal intime dans lequel sont consignés les sentiments vécus au moment de l'achat, l'élimination des cartes de crédit, la lecture de livres sur le sujet. Et, aussi, «parler de son problème, sortir de la honte».

 Se faire aider

Il est conseillé de consulter un médecin ou un psy dès que l'on sent que l'achat se transforme en un besoin irrépressible et que l'on a de plus en plus de mal à réfréner ses envies au point d'être à découvert très régulièrement. Le traitement proposé sera fonction des troubles qui sont à l'origine de ces fringales d'achats et de leur importance. Dans tous les cas, le médecin essayera de comprendre pourquoi le patient agit ainsi. S'il souffre de dépression, un traitement classique (anti-dépresseurs) apporte généralement une amélioration sur le plan compulsif. Lorsqu'il s'agit d'un trouble de la personnalité, une psychothérapie peut être proposée. Elle donne généralement de très bons résultats. 

 Une association pour les surendettés

Les Débiteurs Anonymes, c'est une association totalement indépendante gérée par d'anciens acheteurs compulsifs. Elle s'adresse à tous ceux qui sont surendettés ou qui connaissent des problèmes relationnels avec l'argent. Ils sont en moyenne une vingtaine d'hommes et de femmes à se réunir un soir par semaine pour parler de leur expérience, de leurs problèmes, de leurs espoirs mais aussi de leurs doutes, de leurs difficultés et de leurs frustrations. Il s'agit en quelque sorte d'une psychothérapie de groupe basée sur le même principe que les réunions des “ Alcooliques Anonymes ”. Ainsi, les “ anciens ”, qui sont en phase de rétablissement, accueillent les nouveaux venus. Un coup de pouce souvent précieux.

Pour en savoir plus : www.debiteursanonymes.org 


24/10/2007


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