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Psychologie

Mal dans la peau

Mal dans la peau

Les Français sont mal dans leur peau. Plus de 90% souffrent ou ont souffert de problèmes de peau. Les adultes sont de plus en plus souvent concernés par l'acné, tandis que l'eczéma augmente fortement chez les bébés... lire la suite


La plus grande enquête épidémiologique sur les maladies de la peau, réalisée par Ipsos pour la Société française de dermatologie auprès d'un échantillon de 18.000 personnes, a donné des résultats surprenants et balayé nombre d'idées reçues. Près d'un Français sur dix a eu un problème de peau au cours des vingt-quatre derniers mois. Pour la moitié d'entre eux, l'impact sur la qualité de vie a été majeur.

Les pathologies les plus fréquentes sont

- l'acné (25% des personnes interrogées),

- l'herpès (19%),

- les verrues (19%),

- les mycoses (18,5%) et l'eczéma (18%) dont la fréquence augmente considérablement chez les enfants.

- Viennent ensuite le psoriasis (8,3%),

- l'allergie aux médicaments (7,6%)

- et l'érysipèle (0,8%). 

 

 

 

Certaines idées reçues sont remises en question

 

 

 

 

L'acné n'est plus réservée aux adolescents. Près de 20% des femmes et 14% des hommes de 35 à 45 ans en souffrent. L'herpès est plus répandu qu'on ne le croit et augmente avec l'âge : ¼ de la population est concernée ! Le psoriasis est toujours en croissance en touchant 21% des hommes et 10% des femmes de 75 ans et plus.

 

 

 

Les maladies de la peau gagnent du terrain et leur retentissement psychique n'est pas négligeable : 50% des personnes concernées déclarent être gênées au quotidien. L'impact sur la qualité de vie est dû à des symptômes (démangeaisons, douleurs, etc.) ou à des lésions visibles de tous.

 

 

 

 

 

 

 

Acné : quels traitements ?

 

 

 

 

Des traitements spécifiques et efficaces existent. Ils ne permettent pas une guérison définitive, mais améliorent considérablement l'état de la peau… 

Cette affection est due à des désordres hormonaux : à la puberté, la sécrétion sébacée, qui dépend des androgènes (hormones sexuelles mâles) et des oestrogènes (hormones sexuelles femelles) produites par la glande surrénale et le testicule ou l'ovaire, augmente de façon importante. 

Le sébum (substance grasse sécrétée par les glandes sébacées de la peau) s'accumule, et on observe également une hyperkératose (hypersécrétion de kératine) et une prolifération bactérienne. Il se produit alors une inflammation des follicules pilosébacés, occasionnant la formation de comédons ouverts (points noirs) ou fermés (microkystes), de papules, de pustules (points blancs), voire de nodules (grosseurs).

L'acné survient essentiellement dans les zones de forte concentration en glandes sébacées, surtout sur le visage, le cou, la poitrine et le dos.

 

 

 

Quand consulter ?

 

 

 

 

Dès l'apparition de l'acné, il est recommandé de demander l'avis d'un médecin. Plus il y aura de boutons, plus le traitement sera difficile et long. Par ailleurs, il faut savoir que plus l'acné apparaît tôt, surtout s'il existe une notion d'acné chez le père, la mère ou les frères et sœurs, plus elle risque d'être difficile à prendre en charge.

 

 

 

Traitements : quelles promesses ?

 

 

 

 

Il existe aujourd'hui de très nombreux traitements, administrés soit par voie locale, soit par voie orale. Votre médecin trouvera, après un temps plus ou moins long, celui qui vous convient le mieux. Attention, ils ne permettent pas de guérir définitivement l'acné, mais d'améliorer, voire de faire disparaître les lésions. Et à l'arrêt du traitement, les boutons risquent de revenir. Il faut donc le suivre bien régulièrement et respecter les posologies.

 

 

 

Les traitements locaux

 

 

 

 

- Gel, crème, lotion, pommade, savon, mousse, pain dermatologique, tous sont à appliquer directement sur la peau, qui doit être sèche et propre. Le choix est fonction du type de peau.

Généralement, ces traitements sont indiqués dans les formes mineures à modérées d'acné ou en association avec les traitements oraux.

 

 

 

Les traitements oraux

 

 

 

 

Indiqués dans les formes modérées à sévères d'acné, ce sont les antibiotiques, le zinc et - l'isotrétinoïne.

- Les antibiotiques

Ils agissent en détruisant ou en inhibant les bactéries qui participent aux boutons inflammatoires. La durée du traitement est d'au moins trois mois, mais la rechute à l'arrêt est fréquente. Il est alors conseillé de renouveler la cure de trois mois. Un traitement local complémentaire est souvent associé.

- Le zinc

Il agit aussi sur les boutons inflammatoires. En l'absence d'amélioration au bout du premier mois, un autre traitement est envisagé.

 

 

 

L'isotrétinoïne

 

 

 

 

En raison de ses contraintes et de ses effets secondaires, l'isotrétinoïne en comprimé est réservée à l'acné sévère ou aux acnés ayant résisté aux traitements classiques (antibiotiques associés à des traitements locaux).

Cette substance agit sur plusieurs cibles, la principale étant l'inhibition de la sécrétion de sébum par la glande sébacée.

Le traitement est débuté à dose faible et doit être poursuivi généralement sur plus de 6 mois.

Souvent, l'amélioration débute à la fin du premier mois, après une aggravation apparente des boutons au 15e jour.

Là encore, il existe un risque de récidive à l'arrêt du traitement.

 

 

 

Des effets secondaires à connaître

 

 

 

 

Sécheresse des lèvres, irritation oculaire, saignements de nez, fragilité de la peau, etc.

Ses effets gênants ne doivent pas motiver un arrêt du traitement, car le médecin peut trouver une solution médicamenteuse permettant de supporter ces symptômes : diminution de la dose, gouttes oculaires, stick à lèvres…

Et enfin, mais rarement, l'isotrétinoïne peut agir sur les cellules du foie ou les graisses circulantes, expliquant la nécessité de réaliser quelques prises de sang de surveillance.

 

 

 

Pas de grossesse sous isotrétinoïne !

 

 

 

 

Ce médicament est rigoureusement contre-indiqué en cas de grossesse. En effet, il peut entraîner des malformations très graves du fœtus, imposant l'avortement.

Ainsi, avant d'initier ce traitement, la loi impose :

- Un test de grossesse datant de moins de trois jours avant le traitement, puis tous les mois ;

- La mise en place d'une contraception un mois avant le traitement, et à poursuivre minimum un mois après l'arrêt du traitement ;

- L'information de tous les patients, y compris les garçons (avec signature obligatoire), afin de bien faire comprendre que ce médicament ne doit pas être « passé » à une copine.

 

 

 

A lire

 

 

 

 

« Acné, des conseils pour votre quotidien », Olivier Chosidow et Brigitte Dréno, Editions John Libbey Eurotext, collection Dialogue Médecin-Malade.


28/09/2006


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