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Histoires de Famille

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Kalinka se tourne définitivement à l'Est avec cette pièce d'un auteur serbe, Biljana Srbljanovic, mise en scène par une jeune roumaine, Alexandra Badea, et jouée par des acteurs roumains, polonais et... français!
Rendez vous le 18 novembre à 20h30 à la Maison des Cultures du Monde, 101 boulevard Raspail 75006 Paris.
Tarif spécial Essec: 8€! !
Pour voir l'affiche, le flyer et consulter le dossier de presse: http://texshop23b.free.Fr/

Synopsis

Esseclive_kalinka_flyer.jpgTrois enfants, une fille et deux garçons, se rencontrent chaque jour sur une aire de jeux ravagée, en se livrant au même scénario.
D'abord, les parents persécutent leur enfant et ensuite celui-ci les tue.
La même histoire se répète chaque après-midi.
Mais les conversations improvisées sont toujours très riches et diverses. Elles touchent aux sujets les plus divers de l'actualité : la violence familiale, la soumission de la femme, le racisme, l'émigration, la discrimination, la trahison, la drogue, la liberté de pensée, le civisme, la citoyenneté?

Quand une autre fille apparaît sur l'aire de jeux, les trois enfants ne l'acceptent pas. D'autant plus que lorsqu'ils s'aperçoivent qu'elle refuse obstinément de leur parler, ils la soupçonnent d'être étrangère et d' appartenir à une minorité contre laquelle on lutte. Elle est chassée, battue, puis obligée de jouer le jeu.
Elle est contrainte de devenir le chien, au sens propre et figuré, dans leur terrible jeu !

Désormais la pièce se développe sur deux niveaux : le jeu proprement dit (la mère, le père, l'enfant et le chien) qui continue en suivant la même règle et l'action réelle des personnages qui amplifie cette épouvantable cruauté.

A la fin de la pièce, nous est dévoilé le mystère de la fille muette.
En assistant pour la énième fois à la scène du meurtre qui s'impose dans leur jeu, un souvenir enterré éclate.
Et Nadezda prend la parole :

La grenade de papa était par-là. J'ai seulement lâché.

Editorial

Qu’est ce qu’on doit dire au théâtre ? Quel doit être son rôle dans une société de plus en plus troublée ? Qu’attend le public d’une création contemporaine ? Comment trouver un langage vivant, contemporain et pertinent, qui corresponde à la sensibilité des spectateurs d’aujourd’hui ? Telles étaient les questions que je me posais quand j’ai découvert la pièce de théâtre Histoires de famille écrite par Biljana Srbljanovic.
C’est ce texte qui m’a apporté les réponses aux questions que je me posais depuis si longtemps.


A 27 ans, en 1998, Biljana Srbljanovic écrivait cette pièce pour montrer les failles d’une société post-communiste, livrée à la guerre.
Cinq ans ont passé. Et le sujet est toujours d'actualité
Que ce soit en Serbie, en Afghanistan, en Tchétchènie, en Irak ou en Israël, la guerre fait toujours la une de nos journaux !
Cependant, en n’étant pas limitée dans le temps et dans l’espace, la pièce transcende l'anecdotique. En effet, le texte n’est pas seulement le miroir d’une société postcommuniste, ravagée par la guerre, il questionne également des thématiques récurrentes. Il met en exergue des problèmes dits « sensibles » de notre société contemporaine tels que « la violence familiale », « le nationalisme », « la soumission de la femme », « l’émigration », « la discrimination », « la drogue », « la liberté de pensée », « le civisme »…


La pièce, de par sa complexité et la nouveauté de sa forme et de son langage repousse les limites d'un théâtre engagé. C’est l'objet de la pièce qui impose l’esthétique et le discours qui prime sur la théâtralité.
Et Biljana Srbljanovic trouve la solution idéale pour équilibrer ce parti pris. Il ne s’agit pas seulement d’une pièce politique ou démonstrative. Non ! Son propos est bien plus subtil.
Il s’agit d’un jeu ! Les personnages sont des enfants qui jouent aux adultes en imitant les gestes et les paroles du quotidien de leurs parents. Ils disent ce que les parents disent et pensent.
Ils croient que les « adultes » ont toujours raison.
Victimes de la guerre, de la discrimination et de la violence familiale, les enfants se lancent dans des jeux et des actions qui engendrent les mêmes délits et perversions.. Les victimes deviennent à leur tour les bourreaux.


L’ambition de notre création est de dépasser les limites du spectacle.
En s'attachant à l'aspect social de la pièce, il s'agit d'ouvrir un débat nécessaire sur les sujets les plus délicats qui hantent notre actualité
Ce projet sera non seulement une invitation à la réflexion mais également une tribune.
Et l’enjeu de notre travail est de réaliser un échange inter-culturel en formant une équipe internationale, confrontant ainsi des expériences, des cultures et des modes de pensée différents.
« Travailler » avec des comédiens français, roumains et polonais nous invitera aussi à partager des conceptions de jeu différentes susceptibles d'enrichir cette démarche, tout en étant en parfaite osmose avec la complexité du texte.
Les différences entre les styles de jeu et les expériences artistiques nous permettront ainsi de créer un nouveau langage nécessaire au traitement du texte.

Biljana Srbljanovic

Sur la piste des étoiles
En Décembre 1999, lors de son discours à l'occasion de la remise du prix Ernst Toller, Biljana Srbljanovic déclarait :
« Permettez-moi de me présenter : je suis un être humain dont on a volé l'identité. De moi, la seule chose que je puis affirmer avec certitude, c'est que je suis une femme, que je suis au seuil de la maturité et que j'habite l'Europe, à l'heure du changement de millénaire. Tout le reste est assz vague, indécis et opaque».

Biljana Srbljanovic est née en 1970 à Belgrade.
Alors qu'elle étudie à l'Académie des Arts Dramatiques de Belgrade, seul le cinéma l'interesse . Elle veut devenir critique de films.
Elle est contre le théâtre, la théâtralité qu'elle juge trop artificielle.
Puis un jour, pour son examen final, des acteurs répètent une pièce qu'elle a écrite. Et, c'est le choc, la révélation !
«Alors je suis entrée dans la salle de répétition et j'ai vu des êtres vivants, j'ai fait l'expèrience du processus et de la communication immédiate et de la vitesse à laquelle tout se passait entre ces êtres».
La jeune auteur d'origine serbe connaitra son premier succés littéraire, en 1997, avec «La trilogie de Belgrade».
Depuis ses pièces sont jouées dans toute l'Europe.
Ses oeuvres sont publiées, en France, chez l'Arche éditeur.
Elle a écrit «América, Suite», «Supermarché», «La chute», «Histoires de Famille» et «La Trilogie de Belgrade».
Biljana Srbljanovic vit à Belgrade ; elle y enseigne à l'Académie des Arts Dramatiques.
Aujourd'hui, elle est auteur associée à La Schaubühne de Berlin et au Théâtre Studio d'Alfortville.
Et elle collabore également aux activités du Théâtre Atelje 212.

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