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Kill Guilb censuré devient un chef-d'oeuvre
Ne pas oublier, en ces temps de festivité cannoise, que les films les plus novateurs ont souvent été conspués lors de leurs premières projections festivalières. L'Avventura d'Antonioni étant évidemment le plus emblématique. Film sur la disparition de la star, sur la disparition de l'histoire. Le cinéma devient alors errance, doutage ?
Le cinéma moderne est né. Le film de Kill Guilb s'inscrit dans cette lignée. On y retrouve aussi des traces de Gerry de Gus Van Sant (Gerry, étant d'ailleurs l'équivalent américain de guilb). Des figures en quête de sens, qui s'emmerdent. Le nihilisme est là, dans ses plans étirés jusqu'à l'extrême comme chez Kiarostami ou chez certains réalisateurs coréens. Il ne faut pas oublier le parti pris de l'auteur : tout laisser, pas de coupe. C'est dans ses bouts de plan-séquence, d'habitude coupés au montage, qu'on saisit le message.
Face au classicisme convenu et complaisants des autres films en compétition, le mauvais goût se démarque. Il n'y a pas de message ? Juste des actes stupides. Il n'apporte rien de nouveau. Le choix de la musique de Kill Bill est donc particulièrement judicieux. Ours d'or sans conteste.
14/05/2004