Le rêve du millet jaune

le 08/02/2010 - par Jean Baptiste Cousinat Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !

Un fable chinoise qui concerne tous les étudiants qui ont un jour passé les concours

Le rêve du millet jaune

Voici ma traduction d'une fable chinoise, le rêve du millet jaune, qui concerne tous les étudiants qui ont un jour passé les concours.

 

Sous la dynastie des Tang, un étudiant nommé Cui LU se rendait vers la capitale pour passer les concours mandarinaux. En route, il s’arrêta pour faire une halte dans une auberge de Handan. Il y rencontra, par hasard, un vieux maître taoïste du nom de LÜ. Cui LU lui fit part avec émotion de sa vie pénible, de ses frustrations. Après l’avoir entendu, le maître sortit de ses affaires un oreiller. « Cette nuit, dors avec ceci et tous tes vœux se réaliseront », fit-il.

Une fois l’heure bien avancée, le propriétaire de l’établissement fit cuire à la vapeur du millet. Et c’est à ce moment que, Cui LU, se fiant à la parole du maître, utilisa l’oreiller et plongea rapidement dans un profond sommeil.

Il rêva qu’il rentrerait chez lui au pays et que quelques mois plus tard, il épouserait une ravissante femme, que sa situation financière deviendrait florissante. Cette évocation onirique laissait LU dans une grande joie. Il continua de rêver qu’il allait réussir les concours impériaux les plus prestigieux, qu’il gravirait un à un tous les échelons pour obtenir une grande promotion, celle de gouverneur d’une province. Il réduirait à néant les armées ennemies et obtiendrait le poste de premier ministre pendant dix années. Il aurait cinq enfants, et chacun d’entre eux serait un fonctionnaire. Une auréole de célébrité ferait briller son nom et plus d’une dizaine de petits fils viendraient poursuivre sa lignée. Sa famille compterait désormais en Chine et disposerait d’une richesse et d’une renommée inépuisables. Cependant, à 80 ans, il serait frappé d’une terrible maladie qui l’emporterait dans la souffrance, quelques temps après.

C’est à ce moment que Cui Lu se réveilla subitement alors que le millet n’était même pas encore cuit. Le jeune étudiant fut fort étonné de ce qu’il avait vécu et demanda au vieux LÜ si tout cela était bien un rêve. « N’est-ce pas là l'inclination naturelle que peut suivre une vie humaine ? », lui répondit le maître. Cette expérience une fois traversée, Cui Lu fut saisi d’une révélation et décida de ne plus passer les concours à la capitale, et de partir au plus profond des montagnes, pour pratiquer le dao...

Zhen zhong ji, dynastie des Tang (618-907 de notre ère)

 


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