Blutch

le 19/04/2009 - par Constance pour QLTO Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !

Le Grand Prix d'Angoulême 2009, cette année, n'est pas exactement un auteur à succès, même s'il est présenté sur Wikipédia comme « l'un des principaux auteurs de la bande dessinée française depuis le début des années 1990 ».

Blutch

Et si son nom a l'air familier, c'est surtout parce qu'il l'a emprunté à un des deux « Tuniques bleues » auquel il ressemble, paraît-il. 

 

 Certes, Blutch n'est pas un auteur inconnu sorti de nulle part : entré chez Fluide Glacial à la fin des années 90, il y publiera souvent (il a publié en tout une quinzaine d'albums) ; il participe aussi à l'Association, fait des illustrations pour The New Yorker, Libé... Bref, un parcours d'auteur tout à fait respectable, mais plutôt représentatif de la bande dessinée française des années 80-90 qui gravitait autour d' « A suivre » et de Futuropolis (on pense à Enki Bilal par exemple), alors que Blutch est de la génération de Lewis Trondheim ou de Joann Sfar. Son œuvre, assez logiquement, reste attachée à une vision classique de la bande dessinée, notamment dans le cadrage des cases. Ainsi, dans une œuvre très étonnante par ailleurs comme Vitesse moderne, on voit souvent les personnages en entier ou presque, de face ou de profil, devant le décor, un peu comme dans Tintin.

 

 

Mais la force de Blutch réside ailleurs. Tout d'abord, il y a son dessin, qui, à la manière d'Honoré Daumier, caricature avec une précision et une virtuosité incroyables. Son dernier livre, Blotch, est d'ailleurs un hommage aux caricaturistes des années 30 où il montre un dessin très efficace.

 

 

Ensuite, il y a ses scénarios, qui généralement sont un prétexte à une dérive onirique du dessin. Dans Le petit Christian par exemple, récit plus ou moins autobiographique de son enfance, le héros se transforme littéralement en fonction de ses lectures ou des films qu'il voit, devenant John Wayne à table ou Lucky Luke à la récré. De même, dans La Volupté, les scènes s'enchaînent en fonction des tribulations d'un personnage, sans autre lien entre elles que la continuité graphique, tout comme dans Vitesse moderne, d'ailleurs. On ne peut plus vraiment parler de scénario à ce niveau-là, et il faut recourir à des expressions aussi pompeuses et inexactes qu' « essai graphique » ou « flux de conscience dessinée » (allez plutôt lire les albums en question, vous comprendrez mieux...). L'album Blotch constitue un cas à part avec des histoires très courtes (et souvent très drôles), destinées à être publiées telles quelles dans Fluide Glacial. Mais là encore, ces histoires sont prétextes à des fantaisies dans le dessin (les parodies de dessins de presse absolument pas drôles des années 30 sont hilarantes, justement), tout comme le texte est un long pastiche de dialogue début de siècle (« Grrr... Encore cet intrigant ! »). En définitive, Blutch est un artiste-peintre avant d'être un conteur, avec tout ce que cela implique comme classicisme par rapport à une bande dessinée actuelle qui tend à moderniser à tout prix la manière de raconter, quitte à sacrifier le dessin, comme Lewis Trondheim et ses cases photocopiées (ou dans son très drôle La nouvelle pornographie !).

 

 


0 commentaire(s)
Ecrire un commentaire
 

En validant, j'accepte les conditions générales d'utilisation du site.

SONDAGE

Connectez-vous pour voir le sondage !

Edito

La rubrique Livres d'Esseclive et Quand lira-t-on? vous présente régulièrement de nouvelles lectures.

Envoyez-nous vos articles ou commentaires par e-mail ! N'hésitez pas à nous contacter pour partager vos impressions sur un livre ou une BD, ou sur la rubrique en général.


vers Edito

Abonnez-vous au Mag'

 Abonnez-vous au Mag' ESSEClive // Syndicate to ESSEClive Mag'

Abonnez vous au Mag ESSEClive

Abonnez vous au Mag ESSEClive sur Netvibes

Abonnez vous au Mag ESSEClive sur iGoogle

 Abonnez vous au Mag ESSEClive sur Yahoo

Facebook fan page


vers Abonnez-vous au Mag'