Cet ixième album atypique réjouira les amateurs d’autobiographies, de réflexion philosophico-nombriliste et de dessin animalier.
- 12 mars 2004 : Lewis Trondheim, prolifique auteur de bandes dessinées finit la dernière planche de son ultime album – La vie comme elle vient – ; il se consacrera désormais entièrement au métier de scénariste. - 2 juin 2004 : Lewis Trondheim craque et commence un nouvel album autobiographique, intitulé Désoeuvré, pour le plus grand bonheur de tous ceux qui considèrent Approximativement – sorte de journal intime de l'année 199X – comme son chef d'œuvre.
Cet ixième album atypique de Lewis Trondheim réjouira les amateurs d'autobiographies, de réflexion philosophico-nombriliste et de dessin animalier. Au-delà du journal de l'auteur, cet album se veut aussi un essai sur le devenir des auteurs de BD vieillissants (une petite crise de la quarantaine, Lewis ?). D'un format peu conventionnel (pas de cases, peu ou prou de transitions entre les évènements relatés), Désoeuvré a visiblement été réalisé au petit bonheur la chance, spontanément, entre 2 avions et 2 festivals de BD – il est en noir et blanc – et mêle témoignages d'autres auteurs plus vieux, natures mortes, tranches de vie et prises de tête de Trondheim. Le perroquet symbolisant ce dernier parle avec son personnage de fiction principal, parle avec son public, se bat avec lui quand il l'énerve… le tout dans un joyeux foutoir.
Forcément moins amusant que les albums de fiction de l'ami Trondheim (dis, Lewis, on les reverra, Lapinot et ses potes ?), cet album est – entre autres – un aveu, celui d'un accro du récit qui, après 14 ans d'activité intense, n'arrive pas à décrocher plus de 80 jours. A travers ces instants volés (cédés) de la vie d'un auteur de BD, on voyage, on rencontre une foule d'auteurs inaccessibles (Gotlib, Sfar, Tibet, Bilal…) autour d'un barbecue ou d'un parasol. Et puis surtout, comme souvent avec Trondheim, on en apprend de belles sur la vie en général, sur les angoisses, les peurs qui viennent parfois nous saisir.
Certes, Désoeuvré ne saurait guère convenir en guise d'introduction à l'univers trondheimien (oui, j'ose) qu'un album des Formidables aventures de Lapinot (ou sans Lapinot, au choix), mais il prendra une formidable valeur sentimentale et intellectuelle dans la bédéthèque du lecteur averti (ou habitué), rangé entre Approximativement et, (pas complètement) au hasard, les carottes de Patagonie.
Lewis Trondheim, Désoeuvré (2005 – L'association – collection Eprouvette), 12€.
01/06/2006
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Album très sympa, beaucoup d'humour. Je ne connaissais pas Trondheim et cet album m'a donné envie de découvrir son oeuvre. Merci pour ce commentaire qui m'a fait découvrir cet auteur.
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Album très sympa, beaucoup d'humour. Je ne connaissais pas Trondheim et cet album m'a donné envie de découvrir son oeuvre. Merci pour ce commentaire qui m'a fait découvrir cet auteur.
15/07/2005 18:38:00 - Lulu