La malédiction qui pèse sur la lignée des Sambre continue à Paris...
Après l'assassinat de sa mère, Sarah devenue aveugle vit cloîtrée, toujours plus sombre et aigrie. Son frère Bernard étouffe et poursuit comme une ombre l'ombre de Julie. Il la suit jusqu'à Paris, sous le prétexte de vendre l'hôtel parisien place des Innocents.
Julie s'y trouve en effet, elle-même à la poursuite de son père, le vicaire Saintange, officiellement antiquaire, officieusement acteur de trafics abjects. Ce dernier est aussi un ancien ami d'Hugo Sambre. Pour échapper à ses coups, elle s'est finalement réfugiée chez le peintre Egon Valdieu, locataire de l'annexe à l'hôtel Sambre. Traquée par la police pour le meurtre de Madame Sambre, elle devient son modèle par nécessité.
Plus ou moins à couvert, l'indolent cousin Guizot mène la danse macabre du destin.
Le chapitre précédent nous faisait plonger dans une abyme de tourmente et d'horreurs. Dès le 2e chapitre, l'abyme demeure mais le charme est quelque peu rompu…
Certes, les dessins sont toujours époustouflants et les amateurs de beaux effets seront aux anges. La misère, la noirceur des êtres et le poids du destin sont représentés comme jamais.
Néanmoins, le récit s'empêtre, on perd de vue l'originalité de l'intrigue : la guerre des yeux, «théorie absurde sur la couleur des yeux, laquelle déterminerait l'origine et la destinée des passions humaines». La diversité de points de vue, les relations et dissensions familiales sont alors négligées au profit des parcours tourmentés de Julie et Bernard.
Même si ce tome garde tout son esprit romantique et nous présente de nouveaux acteurs de la malédiction, il est de mon point de vue trop esthétisant et manque de rythme. Dommage!
La rubrique Livres d'Esseclive et Quand lira-t-on? vous présente régulièrement de nouvelles lectures.
Envoyez-nous vos articles ou commentaires par e-mail ! N'hésitez pas à nous contacter pour partager vos impressions sur un livre ou une BD, ou sur la rubrique en général.