CONNEXION horloge Bonjour, invité mail
 

Home > Livres - Littérature > Bandes Dessinées > Comics > Les sentiers de la perdition - Max Alan Collins-Richard Piers Rayner

Comics

Les sentiers de la perdition - Max Alan Collins-Richard Piers Rayner

Les sentiers de la perdition - Max Alan Collins-Richard Piers Rayner

Vous aimiez le regard paternel que portait Mr Varnimont sur Punky Bruster lorsqu'elle jouait tendrement avec son chien Bandit? « Roads to perdition » est tout pareil mais avec une centaine de morts en plus, et ça, on aime.


Si vous avez vu le film « Les Sentiers de la Perdition » avec Tom Hanks et réalisé par Sam Wendes (American Beauty), oubliez tout. La bande dessinée est bien plus simple et bien plus complexe en même temps. En 1929, à Rock Island dans l'Illinois, Michael O'Sullivan est un bon père et un homme de famille exemplaire mais il est aussi « l'Ange de la Mort », l'homme de main redouté de John Looney, parrain irlandais du crime. Le fils de O'Sullivan est un jour témoin, par excès de curiosité, des activités criminelles de son père. Mais la prohibition et son lot de crimes ne souffrent pas de témoins. Une violente cavalcade s'en suit, où il est question d'honneur, de vengeance, de ruse, d'Al Capone et d'Elliot Ness, d'argent sale, de fédéraux, et de crimes.

 

« Street Figher : Le Film » l'a démontré depuis longtemps : le seul nombre de morts dans une fiction est un gage de qualité. Mais « Roads to Perdition » va plus loin, c'est aussi l'histoire d'un père et de son fils qui n'ont plus rien d'autre sur les sentiers de la perdition que ce lien familial entre eux. La relation père/fils est un sujet dangereux car on peut très vite tomber dans la banalité et le ridicule (cf. «Tintin et les Picaros»). Justement, le film à gros budget (qui n'était pourtant pas un mauvais film du tout) veut, pour nous montrer qu'ils s'aiment, nous faire pleurer à coups de violons et cracher nos pop-corn de rire à renfort de scènes cocasses. La bande dessinée, elle, se contente de montrer que la richesse de cette relation père /fils repose sur de petits gestes implicites qui en disent long: un regard furtif de fierté ou la confiance donnée a des moments critiques. Ces discrets moments de complicité sont d'autant plus puissants que Collins et Rayner mettent habilement en image le caractère impénétrable du père, que l'on croyait au fil des planches n'être qu'une machine à tuer.

 

La mise en scène de leur statut de fugitif, des moments d'angoisse et de l'action est elle aussi techniquement remarquable : chaque respiration prise par O'Sullivan paraît être un sursis avant la mort. Le narrateur, qui est Michael Jr, le fils, adulte et qui parle rétrospectivement, offre cependant des moments de pause très beaux avec des textes soignés.

 

La production de fictions sur le thème des syndicats du crime aux Etats-Unis est dense et inégale, un nouvel ouvrage sur cette période passionnante de l'histoire Américaine peut faire peur mais « Roads to perdition » est sans nul doute, par son réalisme et sa puissance, un chef d'oeuvre à mettre au niveau de « V pour Vendetta » d'Alan Moore, du « Parrain » ou des « Apprentis ».


13/01/2006


Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :

puce Amélie Nothomb
puce Fred Vargas
puce Des souris et des hommes de John Steinbeck
puce La perle de John Steinbeck
puce La League des Gentlemen Extraordinaires

Poster un commentaire


Edito

quand-lira-t-on/minilogo.jpg La rubrique Livres d'Esseclive et Quand lira-t-on? vous présente régulièrement de nouvelles lectures.

Envoyez-nous vos articles ou commentaires par e-mail ! N'hésitez pas à nous contacter pour partager vos impressions sur un livre ou une BD, ou sur la rubrique en général.

Partenaires

société générale