Un manga très particulier où Osamu Tezuka explore en 2 volumes les ressorts de la créativité et de la production littéraire et artistique en nous emmenant à la limite de la folie.
Barbara est une jeune hippie alcoolique et sans gêne qui s'incruste dans la vie de l'écrivainMikura qui l'a trouvée recroquevillée dans un coin de la gare de Shinjuku et qui lui a offert d'habiter chez lui. Elle ne lui apporte que des ennuis, mais il ne peut pas se résoudre à se séparer d'elle. Et quand enfin il la chasse, il finit toujours par retourner la chercher à la gare… Parce que lui qui était en mal d'inspiration finit par connaître le succès. Et peut-être est-ce grâce à sa nouvelle muse ?
Comment interpréter un manga aussi fou que Barbara ? Peut-être vaut-il mieux laisser parler l'auteur lui-même : « Barbara raconte l'histoire d'un homme partagé entre une esthétique décadente et la folie. Dans quelle mesure les événements décrits dans ce récit sont-ils autre chose que le produit du délire du personnage principal, je n'en sais rien. C'est la raison pour laquelle j'ai également donné un tour vacillant ou tordu aux dessins. Pareil pour Barbara : elle réapparaît alors qu'on la croyait morte, elle change d'apparence à volonté, elle n'est jamais fixe en définitive. On peut dire qu'elle est une allégorie de l'art. Mais une fois qu'on a dit ça, on est bien avancé… » Ca y est, le décor est planté. Barbara est une succession d'épisodes plus ou moins indépendants et complètement fous (Dans le premier épisode, Mikura séduit un mannequin d'un grand magasin qu'il prend pour une femme réelle, dans le deuxième épisode, il séduit un chien, et dans le troisième, il participe à un spectacle sado-masochiste…) mais qui finissent par faire preuve d'une certaine cohérence quand on avance dans le cours de cette histoire qui s'étale sur deux volumes. Au final, Barbara reste une œuvre déroutante et dérangeante, à la limite du fantastique et de la folie, où l'on ne sait jamais où se situer entre délire et réalité. Elle met en scène le pouvoir de l'imagination de l'écrivain et expose ainsi le mécanisme de la création littéraire et artistique.
« Avec ça, certains lecteurs ont pu être surpris lors de la première parution de Barbara dans Big Comics. On a dit que le thème de Barbara était trop subjectif et qu'il présentait un univers trop particulier pour être compris. […] J'ai écrit Barbara comme une pause entre Ayako et Shumari. Ce n'est donc peut-être pas une œuvre vraiment "main stream", mais ça ne veut pas dire que je n'y ai pas apporté le plus grand soin. » Osamu Tezuka.
Une œuvre intéressante donc, mais pas une œuvre majeure. A réserver aux fans de Tezuka ou aux curieux.
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