Une série en 4 volumes où un samouraï infirme doit affronter 48 démons à travers le Japon pour récupérer les parties de son corps qui lui ont été volées. Un étrange voyage fantastique marqué par l'humour caractéristique de Tezuka. Un classique du manga à ne pas rater !
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Delcourt poursuit sur sa lancée en rééditant les oeuvres les moins connues d'Osamu Tezuka. Après Ayako en 2004, Kirihito et Barbara en 2005, c'est au tour de Dororo d'être publié en 2006. Cette série en 4 volumes de 1968 porte le nom d'un petit voleur qui accompagne Hyakkimaru, le héros de la série.
Le père d'Hyakkimaru a prié les démons de faire de lui le maître du pays. En échange, les démons ont exigé de se partager 48 parties du corps de son enfant à naître. Abandonné par ses parents à sa naissance à cause de ses multiples infirmités, le petit Hyakkimaru est recueilli par un chirurgien qui fait de lui un véritable petit garçon en lui taillant des bras et des jambes de bois, ainsi que des yeux de verre. En grandissant, l'enfant se découvre des pouvoirs de télépathie qui lui permettent de communiquer avec son entourage. Mais il découvre aussi qu'il attire tous les démons malfaisants.
Obligé de quitter son père adoptif, Hyakkimaru part pour un long voyage à travers le Japon à la recherche d'un endroit où vivre en paix, accompagné par Dororo, un petit voleur qu'il a sauvé. Tout au long du chemin, il devra affronter 48 démons. Chaque victoire lui permettra de regagner une partie de son corps...
Entre manga fantastique et manga de Samouraïs, Dororo est une oeuvre inhabituelle. La trame du scénario est classique mais bien menée : il s'agit d'un voyage initiatique semé d'embuches à la recherche d'un havre de paix, et à la découverte de soi. Mais ce qui fait le charme de ce manga c'est le style si particulier de l'auteur. On y reconnaît bien le petit grain de folie et l'humour typique d'Osamu Tezuka. Cet humour toujours présent fait que même les scènes les plus horribles (comme celles avec le nourrisson difforme) ne sont jamais glauques.
Au premier abord, le dessin date un peu mais finalement pas tant que ça quand on est entré dans l'histoire. Le trait comme toujours est simple et clair ce qui n'empêche pas les décors très travaillés d'être magnifiques et les créatures monstrueuses superbes !
Côté personnages, Dororo, petit voleur attachant et rebelle, n'est pas sans lien avec la muse Barbara. Le médecin qui sauve Hyakkimaru rappelle Tezuka lui-même, médecin de formation, et le médecin de Blackjack, l'une des dernières oeuvres maîtresses de Tzeuka qui prolongera encore plus avant la réflexion sur la condition humaine entreprise dans ses mangas précédents.
Après les mangas les plus connus de l'auteur, Dororo est un élément essentiel pour mieux comprendre l'oeuvre de Tezuka et la culture japonaise.Dororo permet aussi de mieux appréhender les oeuvres de tous les auteurs qui ont suivi. Par exemple, les combats de Hyakkimaru contre les démons vous feront sûrement penser aux démons du Voyage de Chihiro de Hayao Miyazaki... Plus on lit de manga d'Osamu Tezuka, et plus on se rend compte que son influence au Japon a été immense...
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