The Black Jewels Trilogy - Anne Bishop
le 04/03/2006 - par Shanilara pour QLTO Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !Dans un monde à la sombre flamboyance, une lutte de pouvoir sans merci qui a pour enjeu le contrôle de la plus puissante sorcière de tous les temps…
Le royaume de Terreille est tombé sous la coupe de la Haute Prêtresse Dorothea SaDiablo. Elle a éliminé les Reines, ces femmes si puissantes mais pourtant si vulnérables, et a réduit les hommes en esclavage grâce aux Anneaux d'Obéissance (messieurs, je vous l'affirme : vous n'avez pas envie de savoir où sont fixés lesdits anneaux). Le Sang, l'aristocratie des Trois Royaumes, est en pleine décadence. Le pouvoir des Joyaux, la magie propre au Sang, faiblit.
Mais Tersa, une sorcière dont l'esprit a été brisé par les machinations de Dorothea, a prophétisé la venue de Witch, le mythe vivant, les rêves devenus chair. Et la venue de cette Reine, puissante parmi les puissants, réduira à néant le Sang corrompu par la Haute Prêtresse, ne laissant survivre – et servir – que ceux qui respectent les anciennes règles.
Pour trois hommes, cette prophétie revêt une valeur toute particulière. Ils sont les trois côtés d'un triangle dont Witch sera le centre : le père, le frère et l'amant.
Le premier, Saetan SaDiablo, est le Haut Seigneur de l'Enfer, et a déjà vécu la durée de plusieurs vies humaines – quand on considère que les vies humaines durent déjà quelques milliers d'années, ça fait un joli total. Le second, Lucivar Yaslana, est un bâtard sang-mêlé Eyrien (une race ailée), esclave de Dorothea depuis sa jeunesse mais totalement indomptable. Son demi-frère Daemon Sadi, bâtard également, est le troisième. Esclave de plaisir, on le surnomme « la putain d'Hayll », ou encore « le Sadique », selon le point de vue d'où l'on se place.
Or, quand Witch fait enfin son apparition, sept cents ans après la prophétie de Tersa, c'est sous les traits de Jaenelle, une enfant de sept ans aux pouvoirs immenses. Et malgré toute cette puissance, ou peut-être à cause d'elle, elle est plus vulnérable que ne l'a jamais été une Reine. Elle devra être protégée et guidée jusqu'à ce qu'elle atteigne sa majorité, car qui la contrôlera tiendra les Trois Royaumes dans sa main. Au milieu des luttes de pouvoir, des suspicions et des mensonges, l'amour que lui portent Lucivar, Saetan et Daemon suffira-t-il à la protéger de ceux qui veulent mettre la main sur elle pour l'utiliser – ou la briser ?
Alors, il faut vous le dire tout de suite, ce livre est une pavasse. Et il ne semble pas exister en français pour l'instant… Mais on se laisse tellement prendre au jeu qu'on voudrait qu'il soit encore plus gros ; arriver à la fin est carrément déprimant, car l'on voudrait rester encore dans ce monde enchanteur, sombre et sensuel. Après avoir pensé que le summum du personnage-de-fantasy-qui-a-trop-la-classe était atteint dans les Lions d'Al-Rassan (Guy Gavriel Kay), on s'aperçoit que finalement on peut encore aller plus loin. Les trois personnages masculins de cette trilogie sont à tomber par terre, tout particulièrement Daemon, à la fois extrêmement attirant et totalement terrifiant – on n'a pas envie du tout qu'il ait une dent contre vous, celui-là.
Avec des passages à l'humour décapant et d'autres emplis d'un suspense insoutenable, the Black Jewels Trilogy nous emporte totalement dans les Trois Royaumes, et nous vivons avec les personnages leurs joies, leurs chagrins, et leurs crises de rages (qui, avec le caractère de cochon de nos trois messieurs et celui de la petite Jaenelle, sont plutôt nombreuses et pas mal dévastatrices). La nature même de l'histoire et des personnages les pousse vers la démesure dans tout ce qu'ils accomplissent et ressentent, et l'on ne peut pas rester insensible.
Un instant, ils seront en train de se montrer les dents (oui, oui, comme les animaux, c'est bien basique comme attitude), et celui d'après ils échafauderont une intrigue tellement tordue que même le Sadique ne s'y retrouverait pas (non, là, j'exagère, vu que ça doit être lui le plus tordu du lot). Soudain, la température se mettra à baisser à toute vitesse : c'en est encore un qui nous fait une crise de colère meurtrière – Anne Bishop donne ici tout leur sens aux mots « rage froide ». Et Daemon Sadi quittera une chambre en laissant au milieu du lit quelque chose qui a été une femme…
Excessif et flamboyant.
Excellent.
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