Pierre d'homme de Bernard Jährling
le 07/05/2006 - par Emilie pour QLTO Il y a 1 commentaire, n'hésitez pas à réagir !Un récit poignant pour ouvrir les yeux sur la misère depuis l’après-guerre jusqu’à nos jours. Pas la misère du Tiers-Monde, mais bel et bien en France, juste sous nos yeux…
Empruntez ce livre à la bibliothèque QLTO !
Né d'une mère allemande et d'un père français, le jeune Bernd doit quitter l'Allemagne pour la France à l'âge de 7 ans, alors que son père, ancien prisonnier de guerre, risque une déportation en Russie.
Pendant des années, il sera balloté avec sa famille d'un camp de sans-logis à un autre, sans jamais pouvoir s'installer définitivement dans une habitation décente.
En 1955, il se retrouve à Noisy le Grand. « Une masse d'abris en demi-tonneaux et des tentes militaires alignés sur un immense terrain », « j'ai pensé : c'est quoi ça ? Un camp de prisonniers ? ». Parqués comme du bétail dans « l'igloo » J3, Bernd et les siens passeront plus de 15 ans dans cet enfer de violence et de dénuement qui ne devait être que provisoire…
Jour après jour, l'adolescent révolté toujours prêt à se battre et à jeter des pierres pour contester, construit difficilement son avenir et celui des siens. Combattant la misère avec le peu de moyens que l'aumônier du camp, le Père Joseph Wresinski, peut mettre à sa disposition, il deviendra un homme mûr, marçon tailleur de pierres, entraîneur de foot et formateur des jeunes bénévoles. Dans les années 70, il rencontrera le président Pompidou et Valéry Giscard d'Estaing en tant que chef de chantiers, et en 1989 il rencontrera même le Pape au Vatican.
Dans un style simple et vrai, à travers des exemples de la vie quotidienne, Bernard Jährling évoque le chemin qu'il a parcouru sans jamais basculer dans la haine et la délinquance. Il raconte son combat au jour le jour contre la misère, l'injustice, le rejet et l'oubli des autres. Il souligne aussi l'entraide dans le camp, le soutien de la famille et des amis, l'espoir de jours meilleurs, et le rôle qu'a joué le Père Joseph dans la construction et la reconnaissance du mouvement « Aide à toute détresse » ATD Quart Monde.
On pourrait croire que ces choses-là n'existent plus dans nos contrées développées du XXIe siècle, que ce sont des situations réservées aux Raisins de la colère de Steinbeck ou au Tiers-Monde. Ce témoignage factuel et objectif des conditions de vie dans le camp nous permet d'ouvrir les yeux sur cette pauvreté qui se trouve juste à côté de nous, ce Quart Monde que nous ignorons trop souvent. Une autobiographie sans misérabilisme qui se lit comme un roman. Un récit riche et poignant.
QLTO vous propose une sélection d'ouvrages des éditions Quart Monde
1 commentaire(s)
Coucou tonton ;la derniere fois qu'on s'es vu, s'etait a l'enterrement de papa , Martine m'avait passer ton recit qui es merveilleusement bien ecrit, papa me parlait de cette epoque en m'indiquant pas forcement toute cette misere qui était la votre!! je t'embrasse toi et ta famille , j'espere avoir de tes nouvelles un jour ; en attendant se moment je te fais de gros bisous ;
par Langlet, le 2010-10-24 09:26:00
Ecrire un commentaire
En validant, j'accepte les conditions générales d'utilisation du site.

vers Edito