Fouché de Stefan Zweig
le 22/02/2006 - par Hélène Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !Une biographie sans concession de la plus grande canaille de l’Histoire française.
L'idée d'écrire une biographie sur Joseph Fouché, si elle n'appartient pas à Zweig, est néanmoins à saluer. L'homme aux multiples compromissions a en effet occupé une place centrale depuis la Révolution jusqu'aux Cent jours. Maître de l'intrigue, celui qui finit duc d'Otrante a toujours été dans les coups fumants, et c'est sur ces derniers que le biographe met l'accent. Car il faut reconnaître à Stefan Zweig l'art de ne pas sombrer dans l'hagiographie. Bon, il est vrai que le personnage s'y prête peu, et qu'il serait délicat de brosser le panégyrique du mitrailleur de Lyon. Mais Zweig a un véritable talent de conteur : comme dans Marie-Antoinette ou Marie Stuart, il soigne son style et évite les longueurs, au lieu de donner dans les travers des biographes, qui nous disent tout et son contraire soi-disant pour illustrer la richesse de la personnalité des personnages.
Alors, si l'on se distrait, se cultive-t-on également ? Eh bien la bonne nouvelle, c'est que oui. Tout simplement parce que l'auteur va à l'essentiel, au lieu de nous abreuver de détails qui se veulent pertinents et nous font perdre de vue la trame historique. Son œuvre est synthétique, mais elle n'omet pas les protagonistes essentiels que sont Robespierre (on apprend que Fouché, l'éternel transfuge, courtisa la sœur de l'Incorruptible), Napoléon et Talleyrand. En plus de cela, Zweig lève le voile sur des vérités occultées. Il va jusqu'à nous présenter des écrits communistes de celui qui finira sa vie seul, mais richissime.
Au final, malgré quelques longueurs après les Cent jours, un livre qui se dévore : un très bon refreshing course sur la Révolution (le clou du livre), le Directoire et ce qui s'ensuivit.
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