Rue de la Sardine de John Steinbeck
le 10/10/2004 - par Emilie pour QLTO Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !Avec ce roman court et tendre, dans le même style que Tortilla Flat, Steinbeck nous relate cette fois-ci l’histoire d’un rue et de ses habitants, à Monterey en Californie.
La Rue de la sardine, à Monterrey, c'est une juxtaposition de lieux vivants habités par des hommes et des femmes qui se connaissent, s'entraident et s'amusent ensemble. Il y a d'abord l'épicerie du chinois calculateur Lee Chong, puis la maison de passe de le généreuse Dora, le terrain vague et l'ancien hangar de farine de poisson dans lequel se sont installés Mack et ses amis, de jeunes hommes insouciants et hédonistes. Il y a aussi le Laboratoire Biologique de l'Ouest, tenu par le sympathique Doc, l'homme qui « a ce don de pouvoir écouter toutes vos sottises et d'en confectionner une sagesse à votre usage ». Doc est aimé de tous, et tous ceux qui le connaissent se disent : « Il faut absolument que je fasse quelque chose de gentil pour Doc. »
A partir de là, l'auteur centre son roman sur la relation entre ces différents personnages, mais surtout sur les rapports entre Doc et « Mack et les gars ». Doc les embauche souvent pour de menus travaux, par exemple pour aller ramasser des grenouilles. Les joyeux lurons travaillent toujours de bon cœur, surtout quand c'est pour Doc. Une fois les grenouilles ramassées, Doc doit leur en donner un bon prix. Mais dans leur souci de faire plaisir à Doc, les gars n'attendent pas de se faire payer par lui et vont vendre les grenouilles à Lee Chong qui doit lui-même se rembourser par Doc. Avec l'argent, ils achètent de quoi organiser une belle fête pour Doc, chez lui, pour lui faire une surprise à son retour. Et comme Mack veut que Doc soit heureux de ses grenouilles, il demande à Lee de venir à la fête en les amenant avec lui. Malheureusement, la fête tourne au cauchemar : une bagarre est déclenchée par un ivrogne, la maison de Doc est mise sans dessus dessous et les grenouilles s'enfuient… Quand Doc rentre au petit matin et découvre le chaos chez lui, Mack lui promet qu'il paiera tout. « Vous savez bien que non, Mack. » lui répond Doc, et il se contente d'oublier et de se mettre à nettoyer.
Ainsi se déroule le roman, avec humour et bonne humeur, mais également avec des moments tristes ou émouvants. Comme dans Tortilla Flat, Steinbeck s'intéresse à un lieu, y met en scène ses personnages et décrit leurs interactions, leurs caractères, leurs joies et leurs drames. En reprenant un groupe de jeunes hommes insouciants un peu simples qui veulent bien faire mais qui déclenchent des catastrophes, l'auteur nous livre un roman court mais plaisant qui nous fait découvrir les multiples facettes de l'être humain. S'il ne s'agit pas d'un grand roman de Steinbeck, ce livre reste une œuvre distrayante et amusante, écrite dans un style simple et agréable avec des personnages attachants.
QLTO vous a fait part de son enthousiasme pour Rue de la Sardine
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