Redécouvrez Zola à l'occasion du centenaire de sa mort
A l'occasion du centenaire de la mort d'Emile Zola, rien de tel que pouvoir vous faire découvrir deux livres de l'auteur de l'histoire des Rougon Macquart qui ne sont pas forcément les plus connus.
La Joie de vivre
Derrière ce titre plutôt heureux, optimiste se cache une cruelle description de la petite bourgeoisie normande, une fable noire qui achève sans pitié la jeune Pauline, orpheline recueillie par ses oncle et tante. Pauline, que l'on rencontre déjà en fille de boucher dans le Ventre de Paris, vient perdre sa vie insouciante au bord de la mer sombre, impétueuse, sacrifiant son argent, son amour, son avenir et son bonheur à l'existence pesante, sournoise et rancunière de sa famille.
C'est une histoire longue, très longue (500 pages à peu près, avis aux amateurs ), qui brosse un tableau révoltant de l'existence de Pauline à qui l'on s'attache dès le début du roman. Pourquoi Zola sacrifie-t-il une fois de plus une jeune fille attachante, dévouée, à qui l'on ne souhaite que d'être heureuse ? En effet, il nous avait déjà tué Angélique dans le Rêve, véritable roman virginal, pur, et atemporel. Maintenant, il ôte à la pauvre orpheline tout espoir de recouvrer une vie meilleure. J'aurais voulu pouvoir refermer le livre dès le moment où la vie de Pauline allait basculer dans le vide. Mais la description de la mer, la prodigalité des détails scientifiques qui sont un petit clin d'oeil à Jules Verne (contemporain de Zola) sont de ces choses qui ont poussé le livre à ne pas se refermer.
Pourtant, je ne veux pas faire l'éloge de ce livre. En effet, s'il est un Zola pur beurre, il est, au contraire de l'Assommoir, de Nana (à lire), de La faute de l'abbé Mouret (je vous le recommande, uniquement pour les descriptions des jardins) ou de la Bête Humaine, un roman en huis clos, où l'atmosphère est étouffante. On se sent pris au piège de la maison familiale, de la mer, sans possibilité de s'évader. Il n'y a pas cette effervescence qui traverse l'oeuvre de Zola, la hâte, le quotidien brut, parfois sordide mais haut en couleurs. Juste la mer, la maison, le chien, bref, un endroit dont on ne peut s'échapper qu'à la dernière page. Car mine de rien, ce que l'on souhaite dès le milieu du roman, c'est qu'il y ait un espoir de bonheur pour Pauline. Et une certaine joie de vivre.
Contes à Ninon
Viennent ensuite les contes à Ninon. Et là, stupeur. Ce n'est pas du Zola. C'est poétique, élégiaque, romantique. C'est une ode à une fiancée laissée à Aix, à la romance passée. Un cri d'amour. C'est tout, sauf du Zola. Et tout à coup, on lit le petit résumé de la première page: Zola a 24 ans quand il écrit ces contes, ou devrais-je dire, ses contes. Car d'entrée de jeu, on la l'impression de pénétrer dans l'univers intime du couple ; ce sont ces petites histoires racontées dans le creux de l'oreille ; volées aux traditions orales et grandies dans l'imaginaire des deux adolescents ; empruntées aux fées et sorcières qui vivent chez Grimm. Il y a la fée amoureuse, qui sauve le coeur dépéri d'une jeune fille prisonnière chez son oncle ; un géant robuste et un nain intelligent qui parcourent le monde, Sidoine et Médéric ; un écu magique pour Soeur des Pauvres ; un carnet de danse enchanté; la forêt magique et impétueuse de Simplice, joli conte où l'on retrouve une petite touche de Gérard de Nerval (Mention spéciale pour la course au clair de lune). On se rattache à la réalité avec Celle qui m'aime, fable autour d'une attraction foraine et de la quête des hommes de la femme de leur vie, puis avec les voleurs et l'âne, qui ne va pas sans rappeler une partie de campagne de Maupassant( ah ! Ces promenades en barque..), surtout, c'est une belle mise en scène de la perception de l'amour par les hommes et les femmes ( heureusement que le Léon n'est pas né après 1968, à mon avis il aurait eu des problèmes ? ) . Enfin, une métaphore de la violence et du sang dans Le Sang justement, avec ces rêves démoniaques, lugubres, rouges. Un régal pour les pacifistes. Surtout une dénonciation des guerres meurtrières, des morts pour rien. Et là, je retrouve l'influence d'un auteur que j'ai lu, mais qui exactement, je sèche.
Pour conclure
Néanmoins, j'espère vous avoir donné l'envie de vous plonger dans ces deux livres inconnus du grand public et des lycéens (que celui qui n'a jamais étudié un Zola au lycée se dénonce), avec leurs styles bien à eux.
Pour ceux qu'un pavé des Rougon décourage d'avance, les Contes à Ninon sont une entrée en matière correcte, un peu éloignée du style d'Emile Zola certes, mais une façon de se dire "j'ai lu Zola". Après, vous pourrez continuer le menu " découverte Zola spécial centenaire de sa mort" avec le Rêve ( 200 pages à peu près), qui à mon avis doit se lire dans un grand drap de coton blanc ou bien sous les étoiles. En dessert, je vous conseille d'attaquer un pavé maison, c'est à dire au choix dans mes coups de coeur Une page d'amour, Au bonheur des dames (pour découvrir l'ambiance fin XIXème des grands magasins et établir un petit parallèle avec l'essor des supermarchés), qui est un vrai régal de chiffons, Nana, et comme j'ai une grande partie de mes racines dans le Nord et que j'habite dans le Pas de Calais, non loin du lieu du tournage, Germinal. Une peinture réaliste de la vie des mineurs, une petite dégustation du terroir local, une dénonciation des inégalités. Surtout, un grand Zola. Bonne lecture ! et j'attends vos impressions.
comment la vie d'Emile Zola se reflète à travers les personnages dans La Joie de Vivre? j'ai un exosé dans trois jours je n'arrive pas à repondre convenablement à cette question essayer de m'aider
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qu'elle est la fin de l'histoire "la joie de vivre' d'emile zola et mercie
24/01/2008 11:20:00 - emile zola