Le théâtre de Georges Courteline

le 12/09/2003 - par Janvier Fachoda Il y a 3 commentaires. Réagissez vous aussi !

Si le répertoire de Courteline est associé aux petites pièces de vaudeville, à la parodie de l'administration, de la justice et de l'armée, il renferme aussi des pensées plus profondes.

Le théâtre de Georges Courteline La consternation et le dépit. Ce sont là les sentiments qu'éprouva Courteline quand ayant presque cessé d'écrire, il dut corriger ses pièces et qu'il s'aperçut qu'elles ne passeraient pas à la postérité. Et ces sentiments sont justes. La plupart des pièces ne valent pas grand chose et usent des ficelles balourdes du café théâtre : pièces sur l'adultère bourgeois (Boubouroche) et les autres inconvénients de la vie de couple (la peur des coups, les boulingrin, la paix chez soi), la paresse des fonctionnaires (monsieur Badin), la stupidité de la police et de la justice (le gendarme est sans pitié, le commissaire est bon enfant, l'article 330, les balances). Rien que de médiocre et de conventionnel, propre tout juste à faire rire et applaudir les spectateurs petit bourgeois. Rien de ce que Courteline aurait espéré faire, lui qui rêvait de poésie et fut cantonné dans le feuilleton et le vaudeville par le public. Courteline, amer, profitait même de la sottise de son public pour s'en venger en plaçant dans ses textes le mépris du métier d'écrivain tel qu'il fut forcé de l'exercer et qui consistait à écrire de "petits ouvrages tellement bêtes que rien ne les égale en bêtise, si ce n'est le lecteur qui s'en délecte"*. Mais Courteline ne renonçait pas pour autant à son ambition de proposer autre chose que ces écrits de journaliste. Avec la conversion d'Alceste, il se lance humblement et en un acte dans la comédie en vers et renverse la fine moquerie de Molière contre les tenants extrémistes de la franchise. Alceste, enfin converti par Philinte et marié à Célimène, cesse de se formaliser à tout propos. Las, son hypocrisie nouvelle, outre les démêlés qu'elle lui vaut avec le fâcheux Oronte, provoque l'infidélité de Célimène qui lui reproche en n'étant plus irascible, de n'être plus personne. La pièce mêle d'ailleurs habilement les thèmes classiques du café-théâtre sur le cocufiage ou sur l'avidité de la justice avec des considérations plus profondes sur l'hypocrisie, si bien qu'elle vaut la peine d'être rejoué alors que ses autres pièces méritent l'oubli.


* la paix chez soi


QLTO vous a fait part de son enthousiasme pour Georges Courteline
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3 commentaire(s)

Pour ceux qui aiment Courteline, j'ai monté une compagnie professionnelle de théâtre après trois de formation au cours simon, et nous jouons six pièces de Courteline au théâtre de Nesle, du 4 au 27 décembre 2008. Plus d'infos sur www.voixdesplumes.fr.
par Ronan, le 2008-11-23 12:47:00

j'adore ses livres car ils sont passionnant.
par un fan, le 2009-06-06 00:38:40

ma piéce préferer c le petit malade
par crastili, le 2009-06-25 23:35:53

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