Comment être une femme heureuse, reine d'Ecosse, et briguer le trône d'Angleterre sans que le couperet ne vous tombe sur la tête' ?
La biographie d’une reine d’Ecosse peut a priori ne pas être très attrayante, voire rebutante pour le lecteur non averti. Pourtant, la vie de Marie Stuart narrée par l’auteur Autrichien n’est absolument pas réservée à une élite érudite et passionnée d’histoire, écossaise par dessus le marché.
Bien au contraire, Stefan Zweig en fait un roman psychologique et historique à suspense qui tiendra en haleine quiconque se laissera tenter par ce livre en apparence insignifiant.
Car que peut apporter cet auteur de nouvelles, Autrichien qui plus est, dans le récit de la vie de Marie Stuart, une Ecossaise ? Tout d’abord, son écriture, très soignée, mais avant tout très fluide, ce qui fait que l’on peut ce livre presque d’une traite.
Ensuite, son talent de psychologue : Stefan Zweig a beaucoup été influencé par l’oeuvre de Freud, et cela se ressent presque à chaque page de ses écrits ; il examine, décortique, observe dans les moindres recoins l’âme des personnages qu’il met en scène, trouve des explications aux actes qui semblent les plus irrationnels, ce qui permet réellement une autre compréhension des faits historiques, bien plus riche que ne peut le faire un professeur d’histoire. Enfin, comme il est Autrichien, Stefan Zweig n’est en rien affectivement lié à ce petit pays qu’est l’Ecosse, ce qui lui donne une plus grande objectivité dans son analyse de la vie de Marie Stuart, sans pour autant oublier les querelles qui ont existées entre Ecossais et Anglais, entre Catholiques et Protestants.
Au-delà de la forme, ce qui impressionne le plus dans cet ouvrage, c’est le caractère et la vie de Marie Stuart : comment un personnage réel peut- il avoir mené une vie digne des plus grandes tragédies antiques ? Comment un orgueil si démesuré peut-il exister chez un être humain ? Comment le romantisme peut-il être si bien incarné par une personne de chair et de sang ? Car Marie Stuart semble n’avoir vécu que pour devenir héroïne de roman. Tout est excessif et théâtral chez elle, jusqu’à sa mort. Et finalement, à travers ce livre, elle atteint son but, qui était entre autre de marquer les mémoires et l’histoire...
10/08/2005
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