Vingt-quatre heures de la vie d'une femme de Stefan Zweig
le 05/07/2003 - par Janvier Fachoda Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !Vingt-quatre heures de la vie d'une femme est une démonstration de justesse, d'émotion, de dignité et de perfection qui suffit à hisser le récit court au rang des arts européens majeurs.
Dans une petite pension de la Côte d'Azur, avait éclaté une violente dispute : la veille, une cliente du grand hôtel voisin était partie avec un jeune Français qu'elle ne connaissait que d'un jour. Elle avait, par passion ou par sottise, abandonné mari et enfants. Personne à la table de la pension ne trouvait de mots assez durs pour exprimer son mépris d'un tel geste. Le narrateur seul manifestait de la compassion pour la jeune femme. Le narrateur seul voulait voir dans cet acte une simple manifestation de la folie des femmes. C'est une vieille et noble Anglaise qui lui vint en aide. Et pour le récompenser de sa compréhension, elle lui fit le récit des vingt-quatre heures de folie et de passion qui, vingt-quatre ans auparavant à Monte-Carlo, avaient irrémédiablement bouleversé sa vie. Vingt-quatre terribles heures de passion insensée dans la vie d'une femme.
Après que les Français eurent hissé le roman au rang des arts européens majeurs, les Autrichiens créèrent une deuxième forme de l'art narratif, abusivement dénommée nouvelle plutôt que roman forme courte. Avec les vingt-quatre heures de la vie d'une femme, Zweig démontre qu'un récit de cent pages peut égaler voire dépasser en perfection un roman de quatre cents pages.
Après une vingtaine de pages d'introduction, Zweig nous livre le récit poignant et digne d'une lady anglaise tourmentée par une seule journée de son passé. Malgré la trivialité de l'épisode, jamais le sentiment de dignité ne se dissipe. Le lecteur comme le narrateur se sent bientôt ému, pris par un profond sentiment de respect et de compassion. A aucun moment de la nouvelle, le roman ne perd le ton juste. Pas même dans le récit introductif, merveille de finesse et de simplicité. Cents pages, c'est un roman assez petitement grand pour que l'excellent ne laisse aucune place au moins bon.
QLTO vous a fait part de son enthousiasme pour vingt-quatre heures de la vie d'une femme
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