« Tu es monté dans un autobus long courrier. » Telle est la toute première phrase de La montagne de l'âme du prix Nobel de littérature Gao Xingjian. Et cette phrase mérite de rester dans les annales des introductions célèbres. En effet ce « Tu » est déstabilisant, il implique le lecteur totalement car celui-ci est devenu sujet. C'est comme recouvrer la mémoire après une longue période d'amnésie ou redécouvrir un cahier de voyage des dizaines d'années après l'avoir écrit. Et après le doute on s'enfonce dans le livre. Pas dans une histoire mais dans plusieurs. Des dizaines d'histoires sur des gens, sur l'amour, des contes populaires ou des récits fantastiques. C'est cela la force de Gao Xingjian, son éclectisme, et son talent pour nous faire partager ces récits. D'une poétique rare, La montagne de l'âme est un pur moment de calme et de bonheur dans une Chine mise à nue dans tous ses charmes, et toutes ses contradictions.
25/04/2006
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