Mars de Fritz Zorn
le 28/08/2003 - par Janvier Fachoda Il y a 2 commentaires. Réagissez vous aussi !Fritz Zorn est mort du cancer à 31 ans à Zurich sans que sa vie n'ait jamais commencé. Mais il avait tenu auparavant à dresser un réquisitoire contre cette société Zurichoise qui l'a condamné à la névrose et à la mort. Ce réquisitoire, c'est Mars.
A 28 ans, Fritz Zorn contracte le lymphome malin qui va l'emporter et donner une solution à son existence névrotique et morne. En l'éveillant à la mort, sa maladie le force à prendre conscience de sa névrose, cette névrose sécrétée par la bonne société zurichoise dont il est issu et qui tue ses enfants en leur refusant la vie. Cette névrose qu'il a toujours niée et dont l'aboutissement logique est le cancer. En l'éveillant à la mort, sa maladie lui fait aussi prendre conscience qu'il est vivant et lui donne le désir de combattre jusqu'à la mort, jusqu'à la fin de cette maladie psychique qui lui a interdit tout amour et toute sexualité et le poussait à couvrir des pages entières des mots soledad et tristeza.
"Je suis jeune et riche et cultivé; et je suis malheureux, névrosé et seul." La première phrase est cinglante. Presque tout est cinglant dans ce récit autobiographique du combat d'un cancéreux contre la névrose qui est la véritable cause de sa maladie. Récit d'autant plus touchant qu'il s'est achevé par la mort même de l'écrivain sans qu'on sache s'il avait finalement vaincu le cancer de son âme. Récit de l'urgence dont l'auteur n'a pas eu le temps d'éliminer les scories ou les regrets, ce qui rend d'autant plus crédible l'aveu de son conformisme, de l'intériorisation totale du désir d'harmonie et du refus du scandale qui l'a tué. Au c?ur des passages les plus virulents, Zorn croit encore bon de nuancer ce que ces propos pourraient avoir de choquant édulcorant un peu la colère exprimée dans son pseudonyme -en allemand, Zorn signifie fureur- pour mieux révéler l'angoisse profonde tapie dans son patronyme même -Angst, la peur. Une peur ontologique que nous ressentons tous et qui fait de Mars, l'un des plus grands livres sur la mort et la maladie dans l'Europe d'aujourd'hui.
QLTO vous a fait part de son enthousiasme pour Mars
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2 commentaire(s)
je l'ai lu aussi.
je laisse un commentaire car il est assez rare que quelqu'un ait lu ce livre.
Le debut du livre est passionnant et se lit très vite, jusqu'au milieu.
J'avoue avoir trouvé la fin moins lisible, le narrateur se perdant dans sa maladie et l'autoanalyse (psychanalyse) de son cancer.
Toutefois, la critique de la société "suisse et banquière" y est pertinente.
Mlivres
par mlivres, le 2008-11-10 17:21:00
bonjour
je crains que pour comprendre ce livre,il faille vivre la souffrance morale.la critique de la societé est une parenthese sans importance dans ce livre unique ,ou on trouve decortiqué la nevrose hysterique,il faut lire ce livre avec la sensibilité de l'analysant,comme le fait l'excellente preface.
zorg-f
par zorg-f, le 2008-12-15 11:37:00
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