Pour ceux qui ne les lisent pas, les romans de Houellebecq se résument à une entreprise de promotion publicitaire par le scandale. De Plate-forme, il vaut mieux retenir une vision pessimiste, désabusée et touchante de la vie humaine.
Je n'avais pas de très bon rapport avec mon père. Sa mort ne m'a donc pas beaucoup ému. Même, je n'ai pas ressenti franchement de colère après son assassinat. Juste de la haine envers son assassin, un jeune musulman. Haineux et stupide. Cette mort n'a pas changé grand-chose dans ma vie de fonctionnaire morne et célibataire. J'étais beaucoup plus riche, c'est vrai. Mais cela ne m'a pas donné plus de plaisir dans mon métier de comptable au ministère de la culture, pas plus que le désir de le quitter. Je n'ai à vrai dire aucun désir. J'ai quand même ressenti le besoin de faire une pause et de partir pour la Thaïlande. Avec Nouvelles Frontières. Les voyages en groupe génèrent une communion purement formelle qui débouche rarement sur une vraie amitié. Généralement les groupes se scindent en deux sous-groupes hostiles. Ca n'a pas manqué. A mon retour, je me suis tout de même rendu compte que mes visites chez les prostituées thaïes m'avaient fait manquer Valérie. Il aurait peut-être pu se passer quelque chose avec elle. J'ai décidé de la revoir.
Plate-forme est un livre scandaleux, un livre dont le succès a reposé sur le scandale, sur le scandale de ses propos racistes colportés en dehors de tout contexte. Pourtant le premier scandale est que ce scandale du racisme n'existe pas, non qu'il n'y ait pas de propos racistes dans Plate-forme, mais parce que le racisme n'y a pas plus d'importance que dans le Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline. Plate-forme n'est pas un livre construit sur la haine et la xénophobie, c'est le récit du désenchantement et de la dépression. Là gît un scandale que personne n'a vu ou voulu voir. Que l'on attaque pour racisme un livre où le racisme n'est qu'un élément de l'histoire incarné avant tout par des personnages secondaires et peint pour ce qu'il est, cela prouve seulement que l'on n'a pas lu ou que l'on ne sait pas lire. Ne pas refuser qu'on puisse peindre la vie en Occident comme une errance morne et dépressive, cela dénote une gêne profonde dans la société.
Dans Plate-forme, Houellebecq dépeint encore une fois ces métiers mornes et improductifs du tertiaire que l'on fait sans goût et que l'on quitte sans regret, il affirme l'omniprésence du secteur marchand, des marques et de la télévision, il dénonce enfin l'hypocrisie occidentale qui refuse, à mesure que la sexualité devient de moins en moins possible, de rétablir la sexualité comme élément essentiel de l'existence. Chez Houellebecq, le racisme est, avec la dépression, une conséquence logique de l'incapacité des êtres humains à échanger du plaisir, à oublier leur moi flétri et recroquevillé. En refusant de combattre cette cause, les dénonciateurs du racisme houellebecquien se sont lancés dans une entreprise stupide et vaine...
La rubrique Livres d'Esseclive et Quand lira-t-on? vous présente régulièrement de nouvelles lectures.
Envoyez-nous vos articles ou commentaires par e-mail ! N'hésitez pas à nous contacter pour partager vos impressions sur un livre ou une BD, ou sur la rubrique en général.
Pontoise est une ville d'art et d'histoire. Son château, sa cathédrale, son carmel, ses souterrains... De nombreux trésors peuvent y être visités.
Lars Christiansen, citoyen danois expatrié dans le Vexin français, pense avoir fait une découverte supplémentaire sur le passé de la ville: et si Pontoise, si prospère au Moyen-âge, abritait aujourd'hui encore le secret de la fortune de Nicolas Flamel, le plus célebre des alchimistes, natif de la ville?
La théorie peut sembler farfelue, mais Lars s'emploie à la démontrer. Aussi, quand celui-ci est brutalement assassiné, le commissaire de Cergy engage son enquête sur un terrain glissant, où fouiller dans l'ésotérisme du quatorzième siècle est peut-être la piste la plus sensée pour remonter jusqu'au criminel...