Vous aimez la politique? Vous avez des valeurs? Vous croyez en un idéal? Alors lisez Un homme de pouvoir de Max Gallo, publié aux éditions Fayard, collection Le livre de Poche en 2002. Vous ne verrez plus la politique comme avant.
Max Gallo, observateur très engagé de la vie politique française, narre l'histoire d'un certain Philipe Arius, spécialiste de la communication politique ou plus cyniquement de marketing politique. Frais émoulu de sciences-po Paris, Arius crée sa propre boîte de communication avec des fonds secrets. Au service de Pompidou, puis de Giscard, de Chirac et de Mitterrand, il dispense ses conseils de communication à tous les personnages politiques de droite comme de gauche. Multipliant les acquisitions d'agences de communication et toujours aux services de tous les hommes politiques de n'importe quel bord, il roule sur l'or. Survient la chute du maître des sondages et de l'image politique quand, pris dans une affaire de fraude fiscale, il se retrouve en prison.
L'auteur, ancien porte-parole du gouvernement français en 1983 sous la présidence de François Mitterrand, nous avertit dès la première page : « Ceci est un roman. L'auteur a donc pu tout inventer. Mais le lecteur peut imaginer que tout est vrai. Et l'auteur ne le démentira pas. ». Troublant. Définitivement troublant quand on sait la connaissance qu'a Max Gallo du milieu politique français.
Dans ce roman, Max Gallo ne brille pas tant par son style que par sa douloureuse lucidité. En effet, Pour cet ancien socialiste, ancien mitterrandiste converti au chevénementisme, il ne doit pas être chose facile que de reconnaître le cynisme de la classe politique, ni de reconnaître que tout est histoire d'apparences. Certes, on pourra reprocher à Max Gallo de tomber assez souvent dans le cliché facile en évitant la complexité de ses caractères. Le bien et le mal se partagent trop bien les rôles. Mais passons, l'intérêt de ce roman n'est pas là.
En effet, l'intérêt de ce récit ne réside ni dans le style, ni dans l'épaisseur psychologique de ses personnages. Il réside dans son degré de véracité. Vous apprendrez que les boat people sont une opération de marketing politique, que l'issue des élections sont connues 3 jours avant le jour des élections grâce aux sondages – ceux que l'on ne nous montre pas mais que le tout Paris connaît, que la politique est dominée par l'esprit de cour plus que par l'esprit de dévouement.
A défaut d'un bon roman, Max Gallo nous offre une belle peinture et une critique édifiante.
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