La mariée était en noir - William Irish
le 19/05/2007 - par Emilie pour QLTO Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !Cette histoire de 1940 n'est pas le paradigme des œuvres d’Irish, mais sa renommée mérite que l’on s’y attarde un peu.
Dans cette histoire, l'assassin, la fameuse mariée, commet ses crimes sous les yeux du lecteur. Les meurtres se déroulent tous selon une narration structurée en trois parties : d'abord la meurtrière repère le terrain en se renseignant sur sa victime, puis elle commet son crime, et enfin la troisième partie de la narration présente l'enquête.
Cette structure apparente du récit rend-elle la trame un peu trop prévisible ? Peut-être mais cela importe peu. Car l'intrigue est bien mieux montée qu'elle n'y paraît de prime abord. On voit la femme tuer, on voit l'enquêteur piétiner, et le mystère c'est : pourquoi a-t-elle tué ? pourquoi lui, pourquoi uniquement des hommes, qu'ont-ils en commun, que lui ont-ils fait ? D'autant plus qu'elle ne les connaît pas plus qu'ils ne la connaissent... Evidemment je ne vous dévoilerai pas la clef du mystère.
Mais ce qui est remarquable, dans cette histoire, c'est la façon dont Irish fait monter la pression. Le premier meurtre passe, le second aussi. Dès le troisième, on commence à sentir la meurtrière venir, et on se demande comment il va se dérouler cette fois-ci. La meurtrière se trouve avec sa victime, on sait qu'elle va la tuer, mais comment ? Va-t-elle utiliser le pistolet, le couteau de cuisine dont elle se sert pour peler les oranges ou va-t-elle l'empoisonner comme le précédent ? La tension est à son comble. A chaque mouvement qu'elle fait, on l'observe pour voir si cette fois, c'est la bonne. Et puis ça dure... c'est insoutenable ! Et l'auteur de s'amuser de nous lancer sur de fausses pistes, de faire durer le suspens de plus en plus, de retarder le moment où le crime aura lieu... Finalement, le dernier n'a pas lieu car l'inspecteur déjoue la mise en scène, et le lecteur, soulagé, apprend enfin le fin mot de l'histoire, dans les dernières lignes.
Une telle maîtrise du suspense et de la narration n'a rien à envier à une Agatha Christie ou à un Conan Doyle. Mais il faut regarder du côté des autres histoires d'Irish pour y trouver des exemples plus emblématiques de son style.
Quand Lira-t-on? vous a fait découvrir La mariée était en noir
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