Ça y est, les aliens ont envahi la Terre. Ils ont parasité nos corps, nous ont volé notre humanité, continuent à traquer ceux d'entre nous qui résistent... mais finalement, ils ne sont pas si méchants.
Je vous avais parlé de Twilight (Fascination en français), le premier roman de Stephenie Meyer, et début d'une série à grand succès (mérité, le succès). Je vous parle aujourd'hui de The Host, son quatrième roman, qui est, ma foi, encore meilleur. Aucun rapport avec Edward et Bella ; néanmoins, ce livre a le mérite de nous prouver que Stephenie Meyer a un vrai talent, indépendant de ses personnages, celui de nous raconter une histoire, et surtout celui de nous émouvoir.
C'est l'histoire d'un monde qui a été envahi par une race d'extra-terrestres, les « Âmes » (« Souls »). Les Âmes ne peuvent survivre qu'en étant insérées dans le corps d'un hôte, dont elles prennent le plein contrôle, après avoir eu accès à sa mémoire, ses émotions, à toute sa vie. Les Âmes sont généralement pacifistes (si, si), incapables de violence ou de mensonge, et sont persuadées en toute bonne foi d'avoir fait ce qu'il fallait pour préserver une race humaine que son penchant pour une choquante violence ne pouvait que mener à la destruction. Seuls les « Seekers », rares parmi les Âmes, sont capables d'utiliser la violence ; ils sont pour le reste de leur race un mal nécessaire permettant de réduire la résistance sur les planètes nouvellement conquises.
Mais les humains résistent, plus que toute autre race ne l'avait fait auparavant. Certains parviennent même à conserver une part de leur identité une fois une Âme introduite dans leur corps. C'est le cas de Melanie Stryder ; dès que l'on lui adjoint la légendaire Âme nommée Wanderer, elle se bat de toutes ses forces pour dissimuler ses secrets et protéger ceux qu'elle aime et l'endroit où ils se trouvent. Tant et si bien que, lorsqu'un « Seeker » particulièrement détestable commence à présenter un danger trop important pour le frère et l'amant de Melanie, celle-ci parvient à convaincre Wanderer de fuir et de les rejoindre - mais comment vont-ils réagir à l'arrivée du corps de celle qu'ils aimaient habité par l'esprit d'une autre, qui représente tout ce qu'ils haïssent ?
L'histoire nous est racontée du point de vue de Wanderer, une Âme initialement persuadée de la légitimité de l'invasion de la Terre ; après tout, les humains sont si violents ! Mais peu à peu, elle comprend que cette violence, cette passion dans la haine, ne sont que les contreparties de la force que les humains peuvent mettre à aimer. Et nous assistons tout au long du livre à une vraie lutte contre les préjugés : ceux de Wanderer envers les humains, mais aussi ceux des humains envers les Âmes. Quand chaque côté pense avoir raison, on peut voir peu à peu chacun se remettre en question, et se voir littéralement à travers les yeux de l'autre, en une magnifique leçon de tolérance.
Quant au triangle amoureux entre Wanderer, Melanie, et son amant Jared, il est de toute beauté. Les complications potentielles de la situation sont à merveille exploitées, et l'intensité des émotions jusque dans l'extrême, marque de fabrique de Stephenie Meyer, vous attrape par les tripes et ne vous lâche plus. On finit ce roman les larmes aux yeux, la gorge nouée - et avec l'envie que l'histoire continue.
Une fois de plus, donc, une belle réussite de l'auteur : quatre romans, quatre chefs d'œuvre, Stephenie Meyer se présente déjà comme une valeur sûre de la littérature fantastique américaine. A suivre avec attention !
La rubrique Livres d'Esseclive et Quand lira-t-on? vous présente régulièrement de nouvelles lectures.
Envoyez-nous vos articles ou commentaires par e-mail ! N'hésitez pas à nous contacter pour partager vos impressions sur un livre ou une BD, ou sur la rubrique en général.
Le roman de l'été
Pontoise est une ville d'art et d'histoire. Son château, sa cathédrale, son carmel, ses souterrains... De nombreux trésors peuvent y être visités.
Lars Christiansen, citoyen danois expatrié dans le Vexin français, pense avoir fait une découverte supplémentaire sur le passé de la ville: et si Pontoise, si prospère au Moyen-âge, abritait aujourd'hui encore le secret de la fortune de Nicolas Flamel, le plus célebre des alchimistes, natif de la ville?
La théorie peut sembler farfelue, mais Lars s'emploie à la démontrer. Aussi, quand celui-ci est brutalement assassiné, le commissaire de Cergy engage son enquête sur un terrain glissant, où fouiller dans l'ésotérisme du quatorzième siècle est peut-être la piste la plus sensée pour remonter jusqu'au criminel...