Rares sont les romans dont la lecture provoque un tel choc chez le lecteur, même le moins innocent... On ne peut s'empêcher d'être marqué par cette histoire puissante, mêlant surnaturel, horreur et poésie, qui nous fait sombrer dans la perversion et le vice.
Le Moine, c'est Ambrosio, prieur au couvent des Capucins à Madrid en pleine période d'Inquisition. Ambrosio est la vertu incarnée : il a été élevé dans l'amour de Dieu et n'est jamais sorti d'un monastère. Mais tout bascule quand le jeune moine, Rosario, pour lequel Ambrosio éprouvait une tendresse toute fraternelle, révèle son identité. Cette douce et jeune fille dont Ambrosio est tombé amoureux va perturber ce moine corruptible jusqu'à le conduire à commettre les crimes les plus horribles…
Ce roman est construit autour de l'intrigue principale du moine, et plusieurs intrigues secondaires gravitent tout autour et s'entrecroisent. Citons l'histoire d'Antonia et Dona Elvire, futures victimes du moine, la fameuse histoire de la nonne sanglante qui hante le château de Linenberg, et enfin l'histoire de Don Raymond, marquis de Las Cisternas qui cherche à libérer Agnès de la Medina, une jeune fille enceinte devenue nonne contre son gré et séquestrée dans un convent. Ces intrigues permettent de maintenir le suspense du récit qui file inexorablement vers le bouquet final où toutes les histoires finiront par se recouper et où les horreurs commises par notre moine toujours apparemment pieux finiront par être révélées au grand jour.
C'est en fait le diable lui-même qui, en intervenant directement dans l'intrigue pousse le moine à la tentation et à la dépravation de ses moeurs. Une fois entré dans la spirale de la perversion, le Moine n'a plus le choix. Il est condamné à la Chute finale qui se produira dans un incroyable tableau surnaturel et grandiose.
Matthew Gregory Lewis (1775 - 1818) a été surnommé “Monk” Lewis, tant il a été marqué par le moine abject de son roman majeur qu'il a écrit en 1795 alors qu'il avait à peine 20 ans. Ce roman scandaleux fut interdit par la censure à son époque. Il fallut attendre quelques années et des écrivains comme Antonin Artaud ou André Breton pour que ce roman soit réhabilité et considéré à sa juste valeur. Car Le Moine est un vrai chef d'œuvre. C'est un roman effrayant, certes, et même vraiment horrible, mais c'est un chef d'œuvre. Rares sont les romans dont la lecture provoque un tel choc chez le lecteur, même le moins innocent. Son personnage principal est un être tellement ignoble, vicieux et calculateur, que l'on ne peut s'empêcher d'être marqué par cette histoire puissante, mêlant surnaturel, horreur et poésie pour nous faire sombrer dans la perversion et le vice.
Tout dans ce roman gothique est excessivement noir et romantique, des interventions démoniaques aux souterrains obscurs et humides. Mais Le Moine est avant tout une forte critique anti religieuse qui met en scène les pires perversions des hommes et des femmes d'église, leurs frustrations, leurs pulsions sexuelles et leurs pulsions de morts dans leurs désirs sadiques et sanguinaires. Le Moine nous ramène à une époque où l'église était toute puissante, et où la morale, les croyances aveugles et le fanatisme pouvaient conduire aux pires atrocités. On est vraiment content de vivre au XXIe siècle!
QLTO vous a fait part de son enthousiasme pour Le Moine
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Le roman de l'été
Pontoise est une ville d'art et d'histoire. Son château, sa cathédrale, son carmel, ses souterrains... De nombreux trésors peuvent y être visités.
Lars Christiansen, citoyen danois expatrié dans le Vexin français, pense avoir fait une découverte supplémentaire sur le passé de la ville: et si Pontoise, si prospère au Moyen-âge, abritait aujourd'hui encore le secret de la fortune de Nicolas Flamel, le plus célebre des alchimistes, natif de la ville?
La théorie peut sembler farfelue, mais Lars s'emploie à la démontrer. Aussi, quand celui-ci est brutalement assassiné, le commissaire de Cergy engage son enquête sur un terrain glissant, où fouiller dans l'ésotérisme du quatorzième siècle est peut-être la piste la plus sensée pour remonter jusqu'au criminel...