Confessions Androgynes d'Andrew Neiderman nous raconte une histoire de loup-garou plutôt « classique ».
Je vous dis « loup-garou », et forcément vous pensez grosse bête avec quelques problèmes de système pileux, et pleine lune. Vous n'avez pas tort, en effet ; mais ce n'est pas vraiment à cela que je fais allusion. Selon Stephen King (dans son essai Anatomie de l'Horreur), nous rencontrons l'archétype du loup-garou dans le roman de Stevenson, Docteur Jekyll et Mister Hyde. Et pourtant, ce livre n'a rien à voir avec les poils et la lune. Dans cette acception, le loup-garou n'est autre qu'un personnage à deux facettes, l'une Apollinienne, c'est-à-dire basée sur l'ordre, l'intellect, l'esprit, et l'autre Dyonisaque, tendue vers l'assouvissement des pulsions.
L'héroïne, Clea Cave, est une star de cinéma réputée, d'une beauté à couper le souffle. Mais elle cache un terrible secret : elle est un Androgyne, une race qui se considère comme supérieure aux êtres humains, peut-être avec raison. Les Androgynes sont en fait deux personnes dans un seul corps, un homme et une femme. Et pour que la beauté exceptionnelle de la femme et sa force vive soient préservées, elle se transforme en homme. Et l'homme chasse ; il se nourrit de la force vitale de ses victimes après les avoir séduites.
Dans le roman, après que son alter-ego Richard ait tué l'homme qu'elle aimait, Clea décide de l'enfermer en elle à tout jamais et de se livrer à la police pour les meurtres qu'il a commis.
On a donc bien une dualité, dualité qui est ici refusée par l'une des facettes, un peu comme quand Jekyll décide, horrifié par son alter-ego, de prendre la potion qui lui permet de devenir Hyde. Et revoilà notre loup-garou...
Chaque semaine, la rubrique Livres d'Esseclive et Quand lira-t-on? vous présente de nouvelles lectures.
Envoyez vos articles ou commentaires à Sandrine. N'hésitez pas à nous contacter pour partager vos impressions sur un livre ou une BD, ou sur la rubrique en général.