Le Silence des Agneaux (Silence of the Lambs, 1988) de Thomas Harris, nous met face à un loup-garou : Hannibal Lecter.
Je vous dis « loup-garou », et forcément vous pensez grosse bête avec quelques problèmes de système pileux, et pleine lune. Vous n'avez pas tort, en effet ; mais ce n'est pas vraiment à cela que je fais allusion. Selon Stephen King (dans son essai Anatomie de l'Horreur), nous rencontrons l'archétype du loup-garou dans le roman de Stevenson, Docteur Jekyll et Mister Hyde. Et pourtant, ce livre n'a rien à voir avec les poils et la lune. Dans cette acception, le loup-garou n'est autre qu'un personnage à deux facettes, l'une Apollinienne, c'est-à-dire basée sur l'ordre, l'intellect, l'esprit, et l'autre Dyonisaque, tendue vers l'assouvissement des pulsions.
Le Silence des Agneaux (Silence of the Lambs, 1988) de Thomas Harris, nous met face à un loup-garou : Hannibal Lecter.
Le docteur Lecter, cultivé, intelligent, raffiné, semble le personnage Apollinien par excellence. Mais c'est un assassin, et un cannibale. Vu de l'extérieur, il est au-dessus de tout reproche, mais son côté Dyonisaque est d'autant plus insidieux qu'il joue à le faire ressortir chez ses interlocuteurs, en jouant sur leurs peurs et leurs pulsions.
Ce qui est intéressant chez ce personnage, c'est que même lorsqu'il se laisse aller à ses désirs, il le fait avec un certain décorum et une certaine retenue. Au final, on en arrive même à souhaiter qu'il s'en sorte, notamment quand on lit la suite du roman, Hannibal.
C'est peut-être ce qu'il y a de plus effrayant chez lui ; on a beau savoir que c'est un criminel, un monstre, la justice presque poétique de ses crimes en fait une sorte de héros à nos yeux et nous permet d'accepter sa violence sans moufter.
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