Melmoth ou l'homme errant de Robert Maturin
le 05/01/2006 - par Emilie pour QLTO Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !Melmoth ou l’homme errant, ou une histoire de revenant qui hante les âmes des pauvres mortels. A savourer l’hiver, le soir au coin du feu !
Melmoth ou l'homme errant
Au début du roman, John Melmoth est un jeune homme qui vient rendre visite à son oncle mourrant. L'oncle, avant de mourir, lui demande de détruire le portrait d'un ancêtre et un vieux manuscrit. Mais au moment où son oncle rend son dernier souffle, John Melmoth voit dans la chambre l'homme dont son oncle lui a demandé de détruire le portrait. Etonné, Melmoth veut percer ce mystère.
Plus tard, un bâteau s'échoue près de la maison de l'oncle, et de nouveau Melmoth voit l'apparition. Un espagnol sauvé du naufrage, lui raconte l'histoire de cet être surnaturel, un ancêtre lui aussi nommé Melmoth, qui a eu une destinée hors du commun.
Notre Melmoth, en effet, a eu accès à l'immortalité en pactisant avec le Diable. Depuis ce jour, il erre, en répandant le mal autour de lui. Et il est toujours là pour annoncer une mort proche. Il peut se déplacer instantanément d'un bout à l'autre du monde et sait être partout à la fois. Mais il faut le comprendre, le pauvre : s'il fait souffrir les autres, c'est parce qu'il souffre. Il espère pouvoir convaincre un jour une âme de prendre sa place. Tout ce qu'il veut, c'est vivre comme un mortel, et même mourir. Car l'immortalité, c'est sympa au début, mais être seul, omnipotent, et diabolique pour l'éternité, cela devient vite lassant…
Sans plaisanter, ce livre n'est pas plus un livre comique que Le château d'Otrante, mais on sourit quand même à la vue de ce personnage immortel qui, en ayant voulu égaler Dieu, est tombé bien bas. Comme quoi, céder à la tentation diabolique est bien dangereux et l'immortalité est un désir bien artificiel.
Si ce livre est considéré comme un chef d'œuvre, c'est sûrement pour son thème, son histoire et sa construction complexe. C'est un roman gothique mais ce n'est pas un roman à sensations qui accumulent les horreurs et les faits étranges et surnaturels. L'histoire est plus subtile, la peur qu'elle nous inspire est liée à des phénomènes étranges et angoissants bien mieux dosés que les fantômes grostesques du Château d'Otrante.
Cependant on peut toutefois trouver la narration un peu ennuyeuse, et après de nombreuses digressions, on arrive enfin au dénouement dans les dernières pages. Il vous faudra donc bien vous accrocher et vous armer de patience pour venir à bout de cette oeuvre qui ne manque pas d'intérêt, mais qui présente à mon goût quelques longueurs préjudiciables à son contenu.
L'auteur
Robert Maturin (1780-1824) est un irlandais issu d'une famille protestante aisée. Il est ordonné dans l'Église anglicane en 1803, il épouse la fille d'un pasteur puis il devient vicaire de St. Peter jusqu'à sa mort. Assailli par des difficultés financières, il se lance dans la littérature gothique. C'est Melmoth, L'homme errant, publié en 1820, quatre ans avant sa mort, qui lui valut son nom et sa gloire. En effet, le roman connaît un formidable succès en Europe, notamment en France. Baudelaire avait même projeté d'en faire une nouvelle ! Considéré comme un chef d'œuvre, le roman fascina les lecteurs comme les auteurs de l'époque.
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