Retour sur le livre qui a inspiré le film d’Alex Proyas sorti l’été 2004 au cinéma.
Ce qui est toujours intéressant avec les livres, c'est de voir comment ils ont pu être transposés au cinéma.
En juillet 2004 sortait sur nos écran le film I, robot avec Will Smith, réalisé par Alex Proyas et inspiré du livre du même nom d'Isaac Asimov.
Un petit mot sur l'auteur...
D'origine russe, Isaac Asimov (1920-1992) émigre aux Etats-Unis très jeune, puis devient biologiste et chimiste avant de se reconvertir dans les romans de Science-Fiction. I, Robot (1950) est le premier livre d'une longue série sur les robots.
L'histoire
Le fil conducteur de ce livre, qui est plus un recueil de nouvelles qu'un roman, est le docteur Susan Calvin. Dans l'introduction, cette robopsychologue, qui travaille pour le compte d'une grande fabrique de robots et qui est sur le point de prendre sa retraite, est interviewé par un journaliste qui lui demande de lui relater l'évolution des robots tout au long de sa carrière.
Le livre est formé de petites histoires racontées par Susan et mettant en scène des robots, entre lesquelles les dialogues entre Susan et le journaliste servent de transition. Ces nouvelles peuvent presque se lire de façon indépendante. Elles présentent des robots de plus en plus perfectionnés, au service des humaines sur terre ou dans l'espace. Ces robots ont tous pour caractéristiques d'obéir à trois lois parfaites et inviolables :
Première Loi : Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger.
Deuxième Loi : Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres sont en contradiction avec la Première Loi.
Troisième Loi : Un robot doit protéger son existence dans la mesure où cette protection n'entre pas en contradiction avec la Première ou la Deuxième Loi.
Ces trois lois sont très importantes car ce sont elles qui entraînent les problèmes que vont rencontrer les humains avec leurs robots, et qui vont aussi permettre de les résoudre. En effet, chaque histoire se présente sous forme d'une enquête, d'une expérience scientifique et d'une démonstration mathématique : nous semblons rencontrer un problème de comportement avec un robot, or il est gouverné par les trois lois, donc il ne s'agit pas d'un problème mais d'une réponse logique à la situation présente.
Dans la troisième histoire par exemple, un robot télépathe Herbie dit à Susan ce qu'elle veut entendre pour ne pas lui faire de peine, sinon ce serait enfreindre la première loi. De ce fait le robot est amené à lui mentir. Il y a également la très bonne histoire du politicien qu'on accuse d'être un robot. Il suffit qu'il fasse du mal à quelqu'un pour prouver qu'il n'en est pas un (car sinon il désobéirait à la première loi, ce qui est impossible). Mais si la personne à laquelle il a fait du mal en public était elle aussi un robot?
Dans chaque histoire, on semble donc être mis en présence d'une faille aux trois lois et de comportements étranges de robots qui semblent les enfreindre, alors qu'en réalité les robots ne font qu'agir conformément aux lois.
L'intention d'Asimov
Asimov fait allusion à Mary Shelley et ce livre a clairement été écrit en réaction à Frankenstein. Contrairement à la créature de Frankenstein, les robots d'Asimov sont infaillibles en ce sens qu'ils ne peuvent pas se rebeller contre leur créateur. C'est donc en réaction à tous ces récits qui veulent mettre en garde l'humanité contre les créations qui se retournent contre elle qu'Asimov a iméginé des robots obéissants, logiques et raisonnables, des machines programmées pour obéir à trois lois, sans aucun libre-arbitre ni sentiment. Quand on ne comprend pas leur attitude, il suffit de penser comme eux, et c'est le rôle de Susan Calvin de décrypter ce qui peut apparaître comme des étrangetés de comportement. Les robots apportent toujours une réponse logique à une situation, ne sont jamais irrationnels. Ensuite, le problème provient des hommes qui ne posent pas les bonnes questions, donnent des ordres contradictoires ou voudraient bien que le robot puisse déroger aux lois… car suivre la logique n'est pas toujours la meilleur façon d'agir…
Le film d'Alex Proyas
Après cette lecture, je me suis évidemment demandé comment un tel livre avait pu être adapté au cinéma et notamment ce que venait faire Will Smith dans toute cette affaire… En fait, le film est très librement inspiré du livre, et l'enquête sur la mort d'Alfred Lanning, le robot Sunny, Will Smith et sa super voiture automatique ne sont que des ajouts pour le cinéma.
Alex Proyas précise lui-même que "Le film est inspiré de l'oeuvre d'Asimov, mais ce n'est pas vraiment une transposition directe. Ca a été un travail compliqué, parce que construire un scénario concis pour le cinéma à partir d'une série originale de 9 nouvelles est à peu près impossible. Nous avons pris évidemment quelques libertés pour créer notre propre histoire sans trop nous éloigner du monde et des idées d'Asimov. Nous avons donc tenté d'être fidèle à son esprit tout en donnant une nouvelle jeunesse à son univers grace au cinéma." (source : Allocine)
Ce qui est le plus gênant dans ce film c'est qu'en apparence il s'oppose à l'esprit du livre puisque, à première vue, les robots sont présentés comme des créatures se rebellant contre leur créateur. Cependant, il reprend l'idée finale du livre selon laquelle les trois lois de la robotique, qui sont particulièrement rigides, peuvent conduire à ce qui nous semble être des catastrophes. En effet, partant de la constatation que les hommes ne savent pas se gouverner eux-mêmes sans nuire à leurs propres intérêts (guerres, crises économiques…), et sachant que les robots sont capables gérer le monde grâce à leur intelligence supérieure et qu'ils doivent servir l'intérêt des hommes, alors les robots doivent prendre le contrôle total du monde sans plus laisser de liberté d'action aux hommes (qui ne feraient qu'agir contre les intérêts de l'humanité). Terrifiant mais terriblement logique !
Conclusion
Je dirais finalement du film qu'il est visuellement très futuriste et plutôt pas mal pour une super production. Il propose une certaine interprêtation d'Asimov et dévie suffisamment du roman d'origine pour ne pas être jugé négativement.
Quant au roman lui-même, puisque c'est cela qui nous intéresse ici, il est vraiment très bien pensé. Je ne peux que le conseiller. Il n'a pas grand chose à voir avec le film. Les histoires sont parfois inégales mais certaines sont vraiment excellentes et on ne s'attend pas toujours au dénouement. Je ne lirai sûrement jamais la série entière mais celui-là vaut vraiment le détour, il est court, plutôt agréable et simple à lire. Et qui sait ? Il fera peut-être naître chez vous une grande passion pour cet excellent auteur...
Asimov est consdéré comme le père de la S-F. Effectivement il as quasiment tout inventé et peu d'auteurs ont réussit l'exploit d'écrire sur des thémes qu'il n'as pas exploité au cours des cycles sur les robots puis fondation(parmi ceux qui ont su apporter du renouveau K-Dick ou Bradbury). Souvent dévalorisé parce qu'il privilégie la limpidité de son histoire au style littéraire la clarté qui s'en dégage profite à ses intrigues munies de rebondissements multiples et d'une profondeur souvent surprenante.
L'une des meilleures adaptations au cinéma d'Asimov, bien que déviant aussi de l'oeuvre originale est l'homme bicentenaire, histoire clé des robots qui se passe aprés la mort de Susan Calvin.
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Le roman de l'été
Pontoise est une ville d'art et d'histoire. Son château, sa cathédrale, son carmel, ses souterrains... De nombreux trésors peuvent y être visités.
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La théorie peut sembler farfelue, mais Lars s'emploie à la démontrer. Aussi, quand celui-ci est brutalement assassiné, le commissaire de Cergy engage son enquête sur un terrain glissant, où fouiller dans l'ésotérisme du quatorzième siècle est peut-être la piste la plus sensée pour remonter jusqu'au criminel...
Blasphème que cette couverture ! Mais très bon livre, avec un p'tit côté kitsch et surrané qui ne gache rien.
25/11/2005 14:14:00 - P-E