Duma Key : a novel - Stephen King

le 03/06/2008 - par Shanilara pour QLTO Il y a 1 commentaire, n'hésitez pas à réagir !

Ce roman est dans la digne lignée de ce que nous a servi King depuis son accident en 1999 : quelque chose de beaucoup plus intime que ce qu'il a fait avant. Emouvant et terrifiant : je pense que seul King est capable de faire les deux en un seul roman.

Duma Key : a novel - Stephen King  

Avertissement : Cet article n'est pas objectif. Quand il s'agit d'un roman de Stephen King, je vois généralement mon objectivité se faire la malle par la fenêtre. J'adore Stephen King, je le vénère, et j'ai donc une tendance à acheter ses romans en partant du principe qu'ils seront bons. Ce qui ne fait que me conforter dans mon opinion, c'est qu'à la lecture ils sont bons...

[mode groupie] Cet homme est un Dieu [/mode groupie].

 

Ceci étant dit, rentrons dans le vif du sujet, et parlons d'art, de peinture plus exactement.

 

Il était une fois un homme nommé Edgar Freemantle. Ce bon vieil Eddie possède une entreprise de construction immobilière qui vaut des millions, est marié depuis plus de vingt ans à une femme qu'il adore, et a deux grandes filles adorables. Tout va donc pour le mieux pour ce cher Eddie. Jusqu'au moment où, sur un chantier, son véhicule est broyé par une grue - avec lui dedans. Edgar survit à l'accident, mais il perd un bras, sa hanche est réduite en  bouillie et son crâne fracturé en plusieurs endroits. Son cerveau subit un grave contrecoup, entraînant troubles du langage, de la vision, du comportement. Sa femme le quitte, et il considère sérieusement le suicide.

 

Plutôt que de mettre fin à ses jours, son psy lui conseille de tenter un total dépaysement, et de se trouver une nouvelle activité, artistique par exemple. C'est ainsi qu'Edgar se retrouve sur l'île de Duma Key, dans le Golfe du Mexique, et qu'il se découvre un vrai talent pour la peinture. Coucher de soleil sur coucher de soleil, Edgar réinvente les clichés artistiques de la Floride, avec un surréalisme à la Dali. Très vite, son entourage se rend compte que les œuvres d'Edgar sont exceptionnelles, mais aussi un peu effrayantes. Et, petit à petit, ce qui semblait un talent anodin se transforme en une sorte de magie... et Duma Key a été le lieu de nombreux drames en son temps. Se pourrait-il que l'île elle-même ait appelé Edgar, voulant de lui quelque chose ?

 

Emouvant et terrifiant : je pense que seul King est capable de faire les deux en un seul roman. A la moitié du livre, j'avais les larmes aux yeux devant la reconstruction d'un homme qui a perdu ce qu'il était et qui se retrouve à travers son art ; vingt pages après, je flippais, quelque chose de bien. Stephen King distille tout au long du roman une atmosphère d'attente, d'angoisse, qui reste au deuxième plan jusque très tard. Mais quand ça arrive, BAM, prenez donc ça en pleine poire. La vieille dame dans le roman nous le dit plusieurs fois : nous sommes sur une rivière calme en apparence, mais les rapides ne vont pas tarder. Et une fois que nous y serons...

 

Ce roman est dans la digne lignée de ce que nous a servi King depuis son accident en 1999 : quelque chose de beaucoup plus intime que ce qu'il a fait avant. Loin des groupes de personnages du Fléau ou de Ça, nous n'avons qu'un, ou deux personnages principaux. Et les horreurs, le mal, arrivent par l'intérieur plus que par l'extérieur. De la même façon que dans Lisey's Story ou dans Blaze, King nous décrit des personnages que la vie a usés, abîmés, mais qui devront faire face, à la fois au mal lui-même mais aussi à la culpabilité plus ou moins justifiée de l'avoir engendré. Et ces romans sont aussi plus personnels : Lisey's Story était globalement une longue lettre d'amour à sa femme Tabitha (ce qui n'enlève rien à ses grandes qualités), et Duma Key est en grande partie une catharsis de ses propres traumatismes. La hanche d'Edgar n'est autre que celle que King s'est broyée lors de son accident, et je ne pense pas que ce soit un hasard - au moins, il sait de quoi il parle !

 

Au final, ce roman est juste génial, et mérite toute l'attention qu'on peut lui apporter. Peut-être est-ce parce que je fais partie du lectorat rêvé de King, celui encore capable de « soulever le poids de l'incrédulité » : si vous passez votre lecture à relever les impossibilités, alors, non, lire du King n'est pas une bonne idée. Mais si vous avez encore l'impression, parfois, d'entendre des pas derrière vous dans une ruelle sombre ou que les ombres dans la chambre ressemblent à une silhouette, alors, foncez. Ce roman est pour vous.

 


QLTO vous a fait part de son enthousiasme pour Duma Key

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1 commentaire(s)

Oh ! Je sens que je vais avoir peur ! Je n'en suis qu'à un quart du roman , Eddie peint , sa fille veint de partir en lui annonçant qu'elle va se marier avec un homme qu'il n'aime pas . Mais je fais une confiance aveugle à Steve . Je suis une fan depuis plus de 15 ans et il ne m'a jamais déçue . Certains livres au début m'ont paru sans plus , comme la nouvelle Fenêtre Sur Cour pour au final avoir les yeux ébahis et me disant : tu m'as bien eu Steve ! J'ai lu Fléau ado et je me souviens encore de la terreur que ce livre m'a apporté quand la nuit je voyais les yeux de Randall ! Quand les survivants marchaient dans les rues remplis de cadavres ... Simetièrre , la nuit j'avais peur de me lever et de tomber sur Church , pouvant 'presque' sentir sa puanteur ! J'ai commencé à relire ce livre il y a quelques temps mais je peux PAS lire la partie où Cage meurt . Cela me fait trop de mal ! Châpeau bas à Steve pour son oeuvre , j'ai beau beaucoup lire , je retourne TOUJOURS dans ses bras . C'est un grand auteur tout en étant un grand bon homme ! Je vais continuer Duma Key avec angoisse et émerveillement . Je sais que je vais souffrir , que je ne suis pas assez préparée pour ça , que je ne peux d'ailleurs pas l'être , mais tant pis ! Même si je suis une adulte maintenant , j'ai encore ma faculté à avoir peur ... Quand il y a du brouillard , bien épais , je me souviens des bêtes dans la nouvelle The Mist ... Steve est partout , c'est le plus grand !!
par Mary, le 2008-10-10 14:20:00

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