Arnaldur Indridason, le polar qui venait du froid

le 28/07/2008 - par Emilie pour QLTO Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !

Vous aimez Fred Vargas et le commissaire Adamsberg ? Vous aimerez forcément les enquêtes d'Erlendur Sveinsson, le flic le plus célèbre de Reykjavik, depuis que Analdur Indridason lui a donné vie dans ses romans.

Arnaldur Indridason, le polar qui venait du froid

Homme sans âge, on lui donnerait entre cinquante et soixante ans, Erlendur arbore « des cernes sombres sous les yeux, une barbe de plusieurs jours sur les joues, des sourcils épais qui montaient droit en l'air, une touffe de cheveux brun-roux plaqués, des dents fortes qui apparaissaient parfois sous des lèvres presque exsangues, une expression de lassitude sur un visage qui avait été le témoin de tout ce que le genre humain recèle de pire. » (La cité des Jarres, 2001)


Divorcé d'une femme qui le hait, père de deux grands enfants en galère, une fille junkie et un fils alcoolique, qui ne lui adressent presque plus la parole, Erlendur vit en solitaire dans sa tanière de la capitale islandaise, au milieu des emballages de surgelés. Sa passion, à part son métier ? Les livres d'histoire, surtout ceux qui traitent des islandais disparus dans les montagnes quarante ans plus tôt, une façon d'exorciser sa culpabilité depuis que son petit frère est mort dans une tempête de neige quand il avait dix ans. Réjouissant, non ?


Pourtant, Erlendur est un personnage terriblement attachant. Il traîne une vie en morceaux certes, mais recolle petit à petit les pots cassés, en essayant de sortir sa fille enceinte de l'enfer de la drogue, et surtout en essayant de résoudre au mieux ses enquêtes, à défaut de résoudre ses problèmes.

Femmes battues et violées, enfants maltraités ou élevés sans amour, Erlendur déterre les vieilles tragédies familiales, met à nu les individus, et essaie de comprendre la nature humaine, et ce qui la pousse à commettre le pire.

Souvent sombres, bien que jamais dénué d'humour, ses enquêtes plongent toujours dans le passé où se dissimule la racine du mal. L'effet du temps qui passe, destructeur ou guérisseur, est un thème récurrent dans les enquêtes d'Erlendur. Il exhume les événements oubliés, lui-même étant torturé par un passé refoulé.


Emouvants, parfois lugubres, mais toujours passionnants, les romans d'Indridason sont de petits bijoux de suspense et de délicatesse nordique. En nous offrant, en prime, un aperçu d'une culture qui nous est parfaitement étrangère, c'est le dépaysement garanti !


Aujourd'hui 4 romans sont parus en France. Indridason est en train d'écrire son neuvième livre avec le personnage d'Erlendur, et ce n'est certainement pas terminé. Avis aux fans donc, et un peu de patience...


Parus en France :

La Cité des Jarres (2000)
La Femme en Vert (2001)
La Voix (2002, Grand prix de littérature policière 2007)
L'homme du lac (2004)
Hiver arctique (2005)
Hypothermie (2007)
La rivière noire (à paraître)


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