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On ne perd pas le fil

William Irish

William Irish

Le monde de William Irish, maître du roman policier américain, est un mélange d’humour grinçant et de suspens haletant alliés à l’atmosphère lourde et sombre des petites ruelles sombres et mal famées du New York des années 1940.


Je me suis longtemps demandée comment j'avais connu William Irish. Je crois qu'un jour, en lisant un magazine, j'ai vu son nom associé à une phrase du type « ... un roman policier aussi noir que ceux de William Irish, de Dashiell Hammett ou de James Ellroy. » En réalité, les romans de William Irish n'ont rien à voir avec ceux de Dashiell Hammett (Le faucon de Malte), et encore moins avec ceux de James Ellroy (Le Dahlia Noir, L.A. Confidential).

Le monde de William Irish est un mélange d'humour grinçant et de suspens haletant alliés à l'atmosphère lourde et sombre des petites ruelles sombres et mal famées du New York des années 1940.

Parmi les éléments caractériques des histoires d'Irish, l'atmosphère joue une importance indéniable. Si les meurtres sont toujours propres chez Irish - il n'y a jamais de descriptions sanguinolentes et le célèbre et propret La mariée était en noir en est le meilleur exemple avec cette belle femme noble qui tue tout en séduisant sa victime - cela n'empêche pas l'ambiance d'être pesante et ténébreuse. Certaines histoires sont plus rationnelles que d'autres, avec des enquêtes plus ou moins cérébrales presque à la Agatha Christie. Mais la plupart sont des enquêtes sordides se déroulant de nuit dans des quartiers crasseux et pauvres.

Le suspens est une autre particuliarité des histoires d'Irish. Il prend souvent la forme d'un compte à rebours qui s'égrène inéluctablement, et l'enquête doit être menée à bien pendant que les aiguilles de l'horloge tournent et qu'un comdamné attend la peine capitale dans le couloir de la mort. Pas étonnant que les cinéastes adorent les romans d'Irish pour en faire des thrillers palpitants !

Mais le trait le plus caractérique des meilleures histoires d'Irish est, selon moi, l'humour noir qui nous entraîne dans la spirale infernale d'une intrigue à la limite de l'absurde, pour finalement nous laisser sur une happy-end prévisible mais ô combien jouissive...

 

Biographie

 

William Irish est le pseudonyme de Cornell Woolrich (il a aussi écrit sous le pseudonyme de George Hopley et sous son vrai nom mais c'est sous le nom de William Irish qu'on le connaît le mieux).

Cet écrivain américain est né le 4 décembre 1903 et mort le 25 septembre 1968 à New York. Il naît dans un milieu aisé. Après le divorce de ses parents, il suit son père dans ses déplacements professionnels au Mexique, à Cuba et aux Bahamas. Il rentre à New York à l'âge de 15 ans pour vivre auprès de sa mère pianiste, et termine ses études en 1925.

Il se marie en 1930, mais cette union est un échec, et il retourne vivre chez sa mère dans la solitude. Il écrit son premier roman en 1935 mais jusqu'en 1940, les éditeurs refusent de publier ses livres. Alors il publie près de 350 nouvelles dans les pulps, des magazines bon marché publiant des feuilletons noirs.

Il
connaît le succès à partir de 1940, avec La mariée était en noir. En 1949, il reçoit un Edgar, prix de l'Association des Mystery Writers of America, et en 1953, le prix de littérature policière en France. Quand sa mère meurt en 1957, il s'isole de plus en plus et sombre dans l'alcoolisme. Il est amputé d'une jambe atteinte de gangrène. Il meurt d'une attaque en 1968.

De nombreux metteurs en scène ont porté les œuvres à l'écran de ce maître du suspense, notamment Alfred Hitchcock pour Fenêtre sur cour (dont je ne vous parlerai pas, supposant que vous connaissez vraisemblablement le film), et François Truffaut pour La sirène du Mississippi et La mariée était en noir.

 

Oeuvres

 

Les oeuvres de William Irish sont trop nombreuses pour être toutes exposées ici et même j'aurais aimé pouvoir vous parler de toutes les histoires d'Irish, il me faut faire un choix.

J'ai donc essayé de choisir des oeuvres qui permettent d'avoir un bon aperçu de l'oeuvre globale d'Irish dans sa grande diversité. Car, en effet, le monde d'Irish n'est pas complètement homogène et parmi ses histoires, certaines se ressemblent dans la forme comme dans l'idée de l'intrigue, alors que d'autres divergent complètement.

Le meilleur exemple de l'histoire divergente est l'histoire d'amour compliquée de La Sirène du Mississipi (1947) que vous connaissez peut-être si vous avez vu le film de François Truffaut avec Jean-Paul Belmondo et Catherine Deneuve.

Mais ce n'est pas le genre d'histoire dont je veux vous parler. Je mettrai l'accent sur les intrigues policières glauques et sordides mais jamais dénuées d'humour, telles que celles qui ont été publiées dans ses recueils de nouvelles tels que Six nuits de tonnerre, Les roses mortes... et qui sont à mon avis ses meilleures histoires.

Six nuits de tonnerre (1959)
La mariée était en noir (1940)
Lady Fantôme (1942)
L'ange noir (1943)
La Rançon du hasard


19/05/2007


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