Là où d'autres se seraient cassés les dents en fournissant un ersatz ou une copie rafistolée avec maladresse, Ubi Soft montre qu'on peut rendre un gameplay plus agréable avec du temps et des bonnes idées.
Alors que l?aventure n?a presque pas bougé d?un poil, force est de constater que les petits plus apportés par Ubi Soft Shanghai à la version PS2 de Splinter Cell rendent l?expérience tout aussi intéressante, si ce n?est plus, que sur Xbox. Car, même si techniquement Splinter Cell sur PS2 ne tient pas la comparaison avec son homologue sur Xbox, le plaisir de jeu aidant et une fois absorbé par l?ambiance, on en oublie bien vite les images de la version originale qui nous trottent dans la tête. Vous n?aurez donc désormais plus aucune excuse de bouder Splinter Cell surtout si c?est votre genre de jeu et que votre livre de chevet est actuellement un roman de Tom Clancy.
Le décor Lorsque l?ordre mondial est en péril, il est temps pour la NSA (National Security Agency) d?entrer en jeu. Toutefois, au coeur même de cette agence formée par l?élite de la nation, c?est Echelon 3 qui veille au grain... En effet, cette ramification top secrète de la NSA, scindée en de petites cellules autonomes (mieux connues sous le nom de Splinter Cell), est habilitée à agir lorsque tout a été tenté et que nulle autre solution ne semble envisageable. Et ceci, bien évidemment, en toute discrétion. Fisher, vous êtes l?homme de la situation, une ombre, un courant d?air qui ne fait que passer !
Cependant, bien que physiquement seul sur le terrain, Sam Fisher est relayé par une équipe composée d?un coordinateur (Lambert), d?un logisticien (Vernon Wilkes) et d?une experte en communications (Anna Grimsdóttir.) Au cours des 10 missions et 30 niveaux du jeu, Sam sera donc en connexion quasi-permanente avec ce trio. A ce propos, il archivera automatiquement toutes les données nécessaires à la bonne marche de sa mission (notes, cartes, objectifs, photos...) dans sa montre-terminal que vous pourrez consulter à tout instant.
Pour retrouver la trace d?agents disparus en Géorgie, vous plongerez dans les méandres d?une nébuleuse terroriste et devrez même éviter une guerre ! D?ailleurs, vos voyages aux 4 coins du globe (des locaux de la CIA à une plate-forme pétrolière) seront entrecoupés de journaux télévisés, style CNN, narrant les développements politiques de l?intrigue. Car la pierre angulaire de Splinter Cell est sans conteste son ambiance.
Et Sam Fisher dans tout ça ? Devenir un fantôme est une discipline qui s?apprend. Que ce soit par le biais d?un parcours d?entraînement supervisé par Lambert ou bien grâce à l?expérience du vétéran que vous êtes ! Sam peut par conséquent s?accroupir, enjamber les rambardes, monter les gouttières, et même amortir ses chutes et ses sauts. Et vu sa musculature, il peut aussi aisément se suspendre aux rebords de fenêtre ainsi que prendre appui sur des murs et faire un grand écart entre deux cloisons. A cette occasion, il peut tout à fait atterrir sur un ennemi pour l?assommer !
D'autre part, il peut s?adosser aux murs et les longer avant de jeter un oeil au coin d?une rue malfamée et d?exécuter, avec classe, un roulé-boulé pour passer rapidement d?une zone à une autre. Enfin, il peut descendre en rappel le long d?un bâtiment avant d?en briser une vitre et d?y faire une entrée fracassante... Mais outre ces acrobaties plutôt impressionnantes, notre ami peut décocher des coups de coude pour étourdir, voire neutraliser, ses ennemis. Cependant, cette technique n?est pas toujours la moins dangereuse. Et l?usage d?une arme sera parfois plus avisée. Vous devrez, quoi qu'il arrive, privilégier la manière douce à la forte.
Ombre et lumière Il va de soi que ce n?est pas la première fois qu?un jeu gère intelligemment les éclairages afin de permettre au joueur de prendre au dépourvu ses ennemis. Et pour plonger une pièce dans le noir absolu, vous pourrez en supprimer les sources de lumière (néons, ampoules...) grâce à un interrupteur ou une balle bien placée. Et au sein d?une pièce obscure donc, vos lunettes de vision nocturne et thermique vous seront salutaires puisqu?elles vous permettront de vous y déplacer, à peu près, comme en plein jour.
Dans ce sens, pour prendre pleinement conscience de l?existence de cette composante, une barre de visibilité vous indique constamment votre état : de ni-vu ni-connu à sapin de Noël. Du coup, si votre barre est à fond à gauche, même à 50 centimètres, un ennemi ne vous verra pas. Par la suite, pour compliquer les choses, des unités se baladeront armés de lampes afin de vous débusquer...
Sortez couverts Votre arme de prédilection sera un fusil d?assaut modulable. Celui-ci pourra, entre autres, être équipé d?un lanceur pour propulser, où bon il vous semble, des balles/anneaux en caoutchouc, des électrocuteurs, des grenades paralysantes, des caméras-glue (elles se collent contre un mur et vous permettent d?observer les environs tout en les orientant à distance), caméras de diversion (elles font du bruit et peuvent libérer un gaz). Ceci dit, ces méthodes "pacifistes" ne seront pas sans cesse à l?ordre du jour... Car avec une lunette de visée, le fusil est indubitablement l?ami de tout sniper qui se respecte ! Et Sam pourra même retenir son souffle, une poignée de seconde, afin de viser avec justesse un ennemi dans sa lunette.
La version PS2 : on s'y croirait? Alors que Splinter Cell manquait à la base d?une véritable cinématique censée introduire le jeu, Ubi Soft semble avoir écouté les critiques et a dès lors appelé à la rescousse, pour la musique, l?orchestre symphonique de Prague et, pour la mise en scène, Florent Emilio Siri. Un cinéaste qui s?est dernièrement illustré grâce à son film "Nid de guêpes" qui comporte des scènes d?action vraiment impressionnantes. Absente sur Xbox, cette introduction donne plus d?ampleur à l?aventure, on y voit la capture des agents de la CIA que vous devrez retrouver, et à son héros, Sam Fisher, qui y gagne en charisme en nous montrant certaines de ses facettes dont l?un de ses passe-temps : la plongée.
Cependant, là n?est pas le seul ajout de cette version puisque d?autres cinématiques ont été implémentées (près de 30 minutes) tandis que d?autres ont été habilement arrangées (textes, cadrages...). Les séquences narratives étant désormais de toute beauté, alors qu?elles laissaient à désirer sur la console de Microsoft, ce rapprochement avec le 7ème Art n?est pas pour nous déplaire.
Toujours aussi maniable Outre la mise en scène, Ubi Soft a profité de cette version PlayStation 2 pour remanier l?interface de Splinter Cell afin de la rendre moins lourde via de petites améliorations appréciables : les textes sont plus lisibles, les codes acquis s?inscrivent automatiquement en bas de l?écran lorsqu?il faut les entrer pour ouvrir une porte (cela évite de devoir repasser par le menu pour se les remémorer) et on sait désormais quel nombre d?alarmes on peut déclencher avant que la mission ne soit avortée.
La manette entre les mains, la prise en main est tout aussi simple que sur Xbox : le joystick gauche sert à diriger Sam, le droit à orienter la caméra, le Triangle à sauter, R1 à tirer, le Rond à se baisser et à exécuter des roulades... Petite nouveauté tout de même, en enfonçant le joystick droit, on utilise désormais des jumelles. Elles sont très utiles surtout au début du jeu lorsque l?on n?a pas encore le fusil à lunette.
La PS2 a d'autres atouts à faire valoir Pour couper court à toute polémique, Splinter Cell sur PlayStation 2 n?arrive pas, techniquement, à la cheville de la version Xbox. En effet, les ombres et les lumières y sont moindres alors qu?auparavant elles laissaient pantois. Toutefois, même si l?éclairage dynamique est moins impressionnant sur PS2, il a le mérite d'exister. Enfin, au passage, les textures se sont, elles aussi, largement appauvries et les flammes sont devenues moins terrifiantes.
Pourtant, au lieu de nous proposer un vulgaire portage - passage de la Xbox à la PS2 - non-optimisé, Ubi Soft nous présente une conversion aboutie qui profite au mieux du hardware de la console de Sony. Dans cette optique, certains niveaux ont vu leur architecture ainsi que leur environnement quelque peu réaménagés pour ne pas dire simplifiés : des portes ont bougé, des pièces ont disparu et des "énigmes" ont changé.
Sans oublier que cette refonte ne s?arrête pas seulement à la structure des niveaux. Ainsi, le nombre d?ennemis peuplant les niveaux a été revu à la baisse et seulement 3 balles suffisent (sauf si on vise la tête) désormais à calmer leur ardeur. Et si on ajoute à cela que la visée semble un peu moins approximative et que les niveaux sont plus courts, il est facile d'en conclure que Splinter Cell demande moins de rigueur que sur Xbox.
Conclusion Toutefois, ces différences n?entament en rien le bon déroulement de vos missions et ceux qui n?ont pas joué à la version Xbox ne s?en apercevront évidemment pas. Ubi Soft a vraiment exploité le potentiel de la PS2 pour proposer une version aboutie sur cette console moins puissante. En plus d'une durée de vie déjà fort honorable, les joueurs PS2 pourront se délecter d'une mission inédite (4 niveaux) que nous vous laissons le soin de découvrir. Seul petit conseil, couvrez-vous si vous ne voulez pas prendre froid !
Note : 17/20
20/04/2008
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