Bien que Midtown Madness 3 se contente de prolonger la série sans grande innovation, la Xbox a été exploitée de belle façon avec une réalisation de choc et parfaitement rodée dans des villes bien schématisées.
Arrivé enfin à maturité et prêt à paraître dans le commerce, le premier épisode de la série développée par Digital Illusions CE semble désormais lavé de tout soupçon concernant sa réalisation, prouvant que le studio connaît bien son affaire sur la console de Microsoft. Reste à découvrir ce que cache en profondeur ce transfuge du monde PC pour sa première apparition sur Xbox.
Reproduire une ville fidèlement dans un jeu d'automobile est toujours le dada des programmeurs ambitieux. L'avancée la plus remarquée dans ce domaine fut sûrement Midtown Madness qui n'hésita pas à miniaturiser Chicago pour des heures de courses urbaines effrénées. Un an et demi plus tard, le deuxième opus réitère avec Londres et San Francisco, avant que Getaway ne s'attaque à son tour à la capitale britannique. Malgré quelques apparitions ici et là d'un quartier ou de quelques fameuses avenues, la ville lumière n'a en revanche jamais eu la chance d'être modélisée dans sa globalité en raison de sa structure bien plus alambiquée que les villes américaines, mais c'est pourtant ce que nous propose Midtown Madness 3 avant de nous faire découvrir le fief de Georges W. Bush à Washington DC. Cela va de soi, il ne faut pas s'attendre à y reconnaître son immeuble ou encore quelques points de repères peu connus, seuls quelques monuments et lieux célèbres ont eu droit à un soin particulier, tout comme les grandes avenues en partie reproduites.
DE VERITABLES MISSIONS La série étant jusque-là connu pour ses frasques mécaniques sans autre but que le prochain checkpoint, de vrais scénarios illustrent deux aventures distinctes sur Paris et Washington. Des deux côtés de l'Atlantique vous y incarnerez un flic local en sous-marin qui endossera diverses casquettes pour mener à bien sa mission. Tantôt chauffeur de taxi, vendeur de voiture, livreur de pizza, cascadeur ou simplement flic, vous serez chargé d'arrêter un gang scandinave, puis de surveiller la famille Tortellini qui ne distinguent plus cinéma et crime organisé. L'idée est a priori loin d'être mauvaise, un fil conducteur n'est jamais désagréable dans un jeu, mais malheureusement il faudra s'habituer au ton potache des intervenants et à l'ambiance niaise au possible. Les insultes infantiles ne cessent de fuser durant les courses et l'on a droit à une sacrée galerie de personnages qu'on croirait tirés des Sims. Mathilda la petite peste parisienne (remplacée par Angelina au pays du hamburger) ira donc de son maigre répertoire de tirades pour briser votre ego. Madeleine, Paul, et Jean-Michel sont également à disposition pour les courses, ainsi que les flics Lyonnais Lafayette, Baguette, Bronette et Machette qui monteront à la capitale le temps d'un affrontement sur le périph.
Les missions sont en revanche toujours dans le style qu'on connaissait déjà sur PC. Les différentes casquettes définiront surtout le type de véhicule imposé dans le mode carrière. Le départ sur Paris est d'ailleurs assez fastidieux puisqu'on y enchaînera des véhicules peu agréables à piloter. La Smart est tout simplement catastrophique, les limousines peinent à accélérer, et les fourgons Brinks se traînent comme jamais dans les ruelles pentues de Montmartre. Il faudra parvenir au statut de policier (l'avant-dernière série de missions) pour profiter d'une impression de vitesse, l'Audi TT de l'agent spécial étant le point culminant de votre enquête parisienne. A Washington on est heureusement mieux servi, le cap du livreur de pizza passé. Les belles mécaniques rutilantes offrent un gameplay plus savoureux avec des pointes de vitesse à 300 km/h à bord de bolides de collection, mises à part quelques étrangetés amusantes comme le pilotage d'une R5 le temps d'une course.
UNE BELLE PANOPLIE D'ENGINS La variété des véhicules est d'ailleurs impressionnante, même si certains n'ont d'autre intérêt que leur originalité. Le bus parisien, le camion poubelle, la Mini Cooper, la bétonnière sont autant de bonus à utiliser hors courses mais sur les 32 engins, la bonne moitié pourra contenter les amoureux de l'automobile avec des marques des plus prestigieuses. On remarquera par exemple la Saab 9-3 Turbo, la Lotus Esprit V8, la Corvette Z06, la Chrysler Crossfire, la Dodge Viper SRT-10, la Chevrolet SSR, et la Mustang 2+2 Fastback 1967. Les joueurs qui iront au terme de toutes les courses auront de plus droit à une Koenigsegg CC, un modèle fabriqué par des petites mains suédoises consciencieuses pour un résultat à la hauteur du travail fourni (ça coûte dans la vraie vie 260.000 ? tout de même). Naturellement, ces modèles ne sont pas disponibles en mode carrière et leur utilisation dans les courses dites uniques offrira un équipement de la même gamme à vos adversaires pour éviter que tout devienne trop facile. En parlant de difficulté, Midtown Madness 3 n'est pas destiné à un public de gamers à la recherche de challenges insurmontables. Cela dit, après les différents modes solo, il reste le multijoueurs?
Concernant la jouabilité Midtown Madness 3 conserve sa conduite ultra-basique offrant simplement des différences entre les types de véhicules. On notera toutefois quelques réactions imprévisibles lors des carambolages, notamment à cause des suspensions un brin bondissantes. Les fans des précédents épisodes apprécieront également le système de collision inchangé, peu de choses pouvant arrêter votre bolide lancé à pleine vitesse si ce n'est une bonne vieille façade haussmanienne. En effet, sous le choc les autres voitures volent dans les airs en ne vous ralentissant que d'un poil et si votre véhicule n'est pas indestructible dans l'absolu, il est capable d'encaisser des heures de chocs avant de périr. Tout comme les autres conducteurs, les nombreux objets de décoration (poubelles, lampadaires, bennes à ordure...) prendront la voie des airs au moindre contact, tandis que les arbres ne vous stopperont que si vous vous traînez puisqu'ils se transforment en passoire à grande vitesse. Et comme toujours dans Midtown Madness, les passants se donneront du mal pour vous éviter puisque malgré toutes vos mauvaises intentions à leur égard vous ne pourrez les percuter.
UN MOTEUR BIEN RODE La technique est bien entendu un point primordial sur ce type de jeu dont l'ambition n'est autre que de gérer d'immenses cartes truffées de centaines de caisses et de badauds. Côté visuel, il faut admettre que le niveau de détail est bluffant, notamment les différents éclairages et nuances climatiques. Les monuments sont dans l'ensemble très ressemblants, avec par exemple la tombe du soldat inconnu au pied de l'Arc de Triomphe. Disons que Midtown Madness 3 n'a pas à rougir de sa modélisation et de ses textures, même s'il faudra passer outre l'ambiance dégagée par l'humour particulier et prépondérant du jeu. Les bugs de collisions sont pour leur part nombreux dès qu'il s'agit de passants (vu qu'ils ne peuvent être écrasés), d'arbres et d'objets divers, mais très rares en ce qui concerne les voitures. Le moteur ne faillit pas à la tâche et aucune vilaine saccade ne vient perturber le déroulement du jeu. Techniquement, la déception vient essentiellement de l'environnement sonore puisqu'à part le rugissement un poil étouffé du moteur, il faudra se contenter de maigres mélodies techno insignifiantes et des petites phrases assassines de Zezette et Riton.
Issu du monde PC, Midtown Madness 3 ne peut naturellement pas se passer d'un mode multijoueurs digne de ce nom. Digital Illusions CE a donc fait les choses en grand avec le support de l'écran splitté, de la liaison multiconsoles et surtout du Live qui fait déjà piaffer les joueurs d'impatience histoire de retourner une ville en meute. Une fois connecté sur le Live, on est plutôt bluffé par la qualité et la robustesse du jeu, ce qui permet de se concentrer pleinement sur la conduite quel que soit le mode sélectionné (Course, "Vous êtes chat !", "Ruée vers l'or", "Chasse au lapin", "Chasseur").
RIEN DE NOUVEAU SOUS LE SOLEIL Le concept commence en revanche à manquer de souffle, et les premières missions assez pénibles retardent malgré elles le plaisir procuré par les courses urbaines un brin barbares qu'on découvre par la suite à bord de grosses cylindrées. D'ailleurs le niveau de difficulté plutôt bas ne devrait pas gêner le commun des mortels pour venir au terme du jeu, réduisant forcément la durée de vie pour les as du volant, forcés de se rabattre sur un mode online heureusement bien loti. Quant à l'ambiance poupée Barbie et blagues potaches, c'est avant tout une question de goût. A découvrir donc mais ne vous attendez à une révolution dans l'univers de Midtown Madness.
Note : 14/20
19/07/2003
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