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La musique peut-elle trouver un avenir hors du disque?
Quelques alternatives pour contrecarrer la crise de l'industrie du disque, qui ne trouve pour le moment pas de salut dans la musique numérique.
Fin janvier, le MIDEM (marché international de la musique) se tenait à Cannes comme chaque année. Et comme chaque année, les professionnels de tous les secteurs de la filière - disque, édition, spectacle vivant, musique à l'image, internet et téléphonie mobile - et du monde entier, se réunissaient pour détecter les nouvelles tendances et développer leurs activités selon les nouveaux axes stratégiques.
Il n'est plus nécessaire de présenter la crise que subit l'industrie musicale depuis quelques années. Les ventes de disques chutent, et les ventes de produits numériques ne les compensent pas encore. Si les ventes de musique numérique ont fortement augmenté aux Etats-Unis, les français reste encore frileux à acheter du digital, soit qu'ils sont des adeptes irrécupérables du piratage, soit qu'ils sont trop attachés à leur support physique et à la jaquette du CD pour accepter de payer le téléchargement d'un fichier dématérialisé. S'il apparait que la musique numérique n'a pas encore trouvé l'offre qui séduira le public, et son modèle économique de demain (sans pub? avec pub? à l'unité? illimité?), il convient peut-être alors de trouver d'autres moyens de gagner de l'argent avec la musique.
Les produits dérivés semblent être une manne financière incroyable. Du simple marchand de posters très traditionnel à la chaîne de vêtements de Sean Combs (Puff Daddy ou autre pseudo selon la mode du moment), les hommes d'affaires américains ont déjà tout compris. Il y a tellement à gagner de tout ce qui entoure la musique, comme le prouve la chaîne de magasins américains Hot Topic, spécialiste des vêtements et accessoires rock, metal, gothic et vintage.
Mais la musique elle-même, matériau de base sans lequel aucun produit dérivé ne peut exister, peut se vendre sous d'autres formes que celles que l'on connaît aujourd'hui. La vente de musique selon le schéma classique artiste - éditeur - producteur - distributeur - consommateur semble avoir montré ses limites, les artistes et les consommateurs contournant les intermédiaires traditionnels de l'industrie pour se rapprocher et recréer un lien direct entre les deux bouts de la chaîne. Force est de constater que la musique, avant d'être un produit (le disque ou autre support physique) a longtemps été un art qui ne s' appréciait qu'en direct. Après tout, Chopin et Mozart n'ont pas créé leurs oeuvres que dans le but de vendre des partitions et des CD. La musique doit donc retrouver son caractère originel en privilégiant le live, le jeu en direct, et la rencontre avec le public.
Enfin, une autre piste à explorer, même si elles sont déjà largement exploitées, notamment aux Etats-Unis, mais qui peuvent être encore plus développées chez nous : la musique comme partie d'un autre art. Qu'il s'agisse de la bande originale d'un film, d'une comédie musicale, d'une pièce de théâtre ou d'un jeu vidéo, la musique peut agrémenter un autre art de façon discrète ou de manière très appuyée. Dans tous les cas, la musique peut faire vendre un autre art, et inversément. Le jeu vidéo Max Payne 2 a fait découvrir et rendre célèbre dans leurs contrées le groupe scandinave Poets of the fall. Inversément, la participation de musiciens déjà célèbre à des bandes originales de film ou autre, peut attirer de nombreux spectateurs dans les salles avec une communication bien faite. C'est un rapport gagnant-gagnant, qui peut rapporter gros pour tous les artistes participants au projet.
En conclusion, l'industrie de la musique ne peut plus se contenter de s'asseoir sur les revenus des ventes de disques pour péréniser une activité en déclin. Le live, la composition pour les films, jeux vidéos ou autres oeuvres créatives, et en effet le marché des produits dérivés, sont autant de façon de faire de l'argent en attendant que la vente de musique numérique n'ait vraiment trouvé son modèle économique.
10/02/2008
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