Doctor L. : Temple on Every Street
le 15/01/2001 - par Nicolas Urbain Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !Doctor L. : Temple on Every Street
Doctor L. : Temple on Every Street (Zomba/Jive)
Doctor L. est un intrus dans le monde musical français. Ancien membre du groupe de rap Assassin, sa musique (que l'on qualifiera d'électronique pour simplifier) n'est rattachable à aucun mouvement. Auteur d'un magnifique premier album sorti chez Artefact (label de Zend Avesta), Exploring the Inside World, il nous revient « en force » avec trois disques, tous aussi réussis et originaux.
Qu'est ce qui permet à un artiste comme toi de survivre ?
Les mix Le rap, ça ne me faisait pas vivre, le seul truc qui m'a permis de vivre un peu, c'est la production du premier album de Stomy Bugsy, c'était un hasard : j'étais payé et basta. Il était plutôt inconnu, ça a pris un an plus un remixage du disque parce que ce que je faisais n'était pas aligné au son des radios. Et donc ça s'est mis à marcher 2 ans après. C'est ça qui m'a fait tenir. J'ai fait Stomy et tout de suite après, j'ai fait des trucs pour Comet, un petit label. Stomy, c'est un hasard. Le problème, si tu veux faire du taff qui t'intéresse, en France, c'est qu'il faut chercher : on ne m'appelle jamais. C'est des hasards de rencontre. Même Rodolphe Burger, c'est lui qui est venu, des types qui tripent sur ce que je fais, qui essaient de me trouver mais jamais je n'ai appelé une maison de disques, même Stomy, c'est mon associé qui l'a fait signer.
T'as jamais retravaillé avec Stomy ?
Non, son style a bien changé? Mais je suis bien content qu'il remplace Claude François. C'est des phénomènes de personne, il faut le vouloir. Travailler son egocentrisme, c'est autre chose que de faire de la musique. Moi, je suis plus un petit chercheur dans mon coin.
Tu comptes durer dans le milieu ?
Oui, rien que grâce au fait que je m'intéresse de plus en plus à l'image : on a fait un DVD de 5-6 films qui va sortir avec l'album. On était en train de faire un clip, et comme on ne trouvait personne de compétent, je m'y suis mis, et d'un clip, on en a fait cinq. L'évolution du disque est assez évidente, l'industrie existe parce qu'on invente des supports, maintenant que le support évolue et qu'on peut mettre de l'image avec, le produit va évoluer aussi. Je suis persuadé que dans 5 à 10 ans , tu n'achètes plus de disques : de la playstation au PC? tout le monde a un lecteur pour lire un dvd.
Tous les artistes ne pourront pas suivre ?
C'est pas sûr, parce que si moi, j'ai pu apprendre aussi rapidement à me servir des machines, c'est que c'est très similaire à la musique.
Tu fais du live ?
J'en ai fait pour Rodolphe Burger. Du mix, j'en fais de temps en temps, si on m'appelle et qu'on me paye bien? Comme en Suisse, où je me suis retrouvé avec trois pelés dans une salle qui avait obtenu des subventions. Je faisais ça avec Loïc de Nova : on leur disait Doctor L. arrive et on partait dans 1 heure de techno house ! Ils comprenaient pas. Mon premier album est plutôt lounge mais avec Loïc je faisais des morceaux plus dans cet esprit. C'est toujours drôle de faire le contre pied de ce que les gens attendent de toi. Les fans de rap qui venaient, ils hallucinaient. Moi, j'arrive vachement à dissocier avec le temps, je suis aussi capable de partir dans un morceau hard rock que dans un morceau house, je pense qu'ils peuvent tous être bien si tu le fais avec conviction.
Nicolas Urbain
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