Jimi Hendrix - Live At Woodstock
le 26/07/2006 - par Reda Il y a 1 commentaire, n'hésitez pas à réagir !Ce fabuleux concert de 1969 a marqué un tournant dans la carrière d'Hendrix, le faisant entrer dans la légende.
Il est 7h du matin ce lundi 18 août 1969 quand Jimi Hendrix arrive sur scène. Il se tient en face d'un champ ravagé par les fragments de verres, les cannettes de bière et la boue, causée par la pluie battante qui s'était abattue la veille. En fait, Hendrix, l'artiste le plus cher du festival (18000 dollars) devait, en tant que superstar de l'événement, clore le festival dimanche soir, devant le plus grand rassemblement humain de l'histoire jusque-là. La nature en aura décidé autrement, et ce ne sont que 3000 privilégiés, qui attendirent toute la nuit, qui auront le privilège d'écouter le voodoo child.
Mais toutes les conditions sont réunies pour que la performance échoue : le public très peu nombreux, la fatigue des trois jours qui laisse un auditoire mou, les nouveaux musiciens qui accompagnent Hendrix sont inconnus du public, une très mauvaise prise de son des instruments, Jimi en mauvaise descente d'acide, le mauvais temps et un début où le groupe ne joue aucun morceau vraiment connu.
Et puis vient le miracle. Hendrix en a assez de ce groupe qui peine à prendre ses marques et n'arrive pas à le suivre, oublie la présence du public fatigué, et rentre dans son truc. Martin Scorsese, présent pendant le concert, décrit alors l'atmosphère : « J'ai eu l'impression d'atteindre le nirvana. Il procédait par onomatopées, imitant le son des bombes, le rythme des mitraillettes, les cris, les pleurs. »
Le point de départ fut la version ahurissante de Voodoo Child (Slight Return), version inédite de douze minutes, avant de jouer Purple Haze, enchaîné sur un hymne américain torturé dénonçant l'action américaine au Vietnam. Scorsese temoigne : « Lorsqu'il a interprété cette version déconstruite de The Star-Spangled Banner, l'hymne américain, ce n'était pas par provocation. Il jouait notre hymne, celui des milliers de jeunes présents à Woodstock, qui se sentaient américains, mais ne se reconnaissaient plus dans ce pays » Suit une improvisation monumentale mettant tout le monde d'accord sur la maitrise de l'instrument que possède Jimi. Et ce set fabuleux s'achève sur un merveilleux blues.... un moment magique pour ceux qui ont eu la chance d'y assister....
Ce concert marque aussi un tournant dans la carrière d'Hendrix. Il ne veut plus passer pour un clown qui joue avec ses dents et brûle sa guitare, le dernier blues en temoigne, il demande la reconnaissance pour son investissement musical et pour la pierre qu'il a apportée à l'édifice guitaristique. Il mourra le 18 septembre 1970, au même âge que Jim Morrison, Janis Joplin ou Kurt Cobain. On se consolera avec cet hommage de Pete Townshend, illustre guitariste des Who « « S'il ne reste qu'un nom dans toute l'histoire du rock'n'roll dans cent ans, ne cherchez pas, ce sera forcément Jimi Hendrix. »
1 commentaire(s)
Ah Jimi... ça c'était un vrai! ce mec là réussissait à utiliser de manière totalement indépendante les 3 parties de son cerveau dans un même déluge de sons et de couleurs. Je dois avouer que je n'ai à mon grand désespoir rien trouvé d'aussi bon chez les artistes d'aujourd'hui...
par Jes, le 2006-07-31 09:15:00
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