The White Stripes - Elephant
le 12/05/2003 - par Jean Charles Dufeu (Shamrock) Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !Chronique de Elephant, le dernier album des White Stripes
Tout le monde en parle comme une des grosses sorties rock du moment, mais personne n?a l?air vraiment d'accord. Non pas tant sur la qualité de l'album à vrai dire que sur des points de détails qui semblent condamnés à rester dans un brouillard épais (et blanc évidemment). Il s'agit du couple Jack et Meg White... Si les chroniqueurs sont unanimes quant à l?origine géographique des deux membres des White Stripes, à savoir Detroit, la nouvelle ville vers laquelle tous les yeux, et surtout toutes les oreilles sont rivées en ce moment, la presse se contredit notoirement à propos du statut du couple formé par le guitariste-chanteur et la batteuse du groupe. Sont-ils frère et s?ur ? Sont-ils mari et femme ? Divorcés ? En couple ? Une chose est à peu près sûre en tout cas : ils sont deux. Et au fond c?est ça qui importe. Et c'est ça aussi qui impressionne avant tout. Parce que ce qu'ils font à deux est proprement pachydermique.
Mêlant blues tranquille, rock sauvage, déjanté et ravageur, chansonnettes acoustiques, ch?ur androgyne, électricité survoltée, comptine à trois voix, le dernier album des White Stripes balaie tout sur son passage. Promu d'office album de l'année par Rock et Folk, Elephant remplit à la fois les exigences de ceux qui attendaient le groupe au tournant après White Blood Cells et dévoile encore un peu plus l'inventivité visiblement débordante du groupe, et notamment celle de Jack White. Capables à tout moment de prendre à contre-pied l?auditeur, non seulement d?une chanson à l?autre mais au c?ur même d?un morceau, la guitare et la voix épatent réellement. Nombreux sont les passages de l?album où Jack White lui-même semble se laisser posséder par sa guitare électrique, vraiment destructrice à ses heures. Ce sont les meilleurs moments, où on a vraiment le sentiment que la musique échappe à ses auteurs et suit ses propres chemins, selon l?intuition de l?instant.
Sans en avoir l?air, Elephant joue avec les codes de façon aussi irrévérencieuse qu?inspirée dans un débordement d?énergie jubilatoire. Parfaite synthèse de l'album entier, l'unique reprise du disque, I just don't know what to do with myself, illustre à merveille les capacités évolutives et musicales du couple, en deux minutes quarante. La chanson commence comme une complainte inoffensive, derrière laquelle on sent néanmoins une guitare bien branchée et prête à surgir, elle se poursuit en improbable exercice de chant, pour s'achever en explosion électrique, incendie volontaire où la guitare semble vouloir faire oublier les prouesses de la voix. Mais il est difficile d?oublier les qualités de cet album, et bien après l?avoir écouté, on garde Elephant en mémoire. Seule ombre au tableau, au vu du potentiel énorme de cet animal là, on regrette un peu que certaines chansons (une ou deux en fait) soient aussi sagement exécutées dans les règles de l?art, même si elles restent d?une indéniable qualité. Il serait mesquin de bouder son plaisir. On salue donc le résultat. Bel exemple de réussite rock sans concession (et sans ordinateur, comme tiennent à le souligner les White dans le livret) et excellente preuve qu'on peut trouver de la finesse au plus profond de la sauvagerie, et vice versa, Elephant est un album qu'on ne se trompe pas en écoutant.
0 commentaire(s)
Ecrire un commentaire
En validant, j'accepte les conditions générales d'utilisation du site.
vers Mag'






































Rappelez vous des hits qui cartonnaient en France il y a quelques années!
























Besoin de parfaire ta culture musicale ? Trouve dans cette rubrique tous les disques de référence!




