Conférence "Entreprendre dans le commerce équitable"

le 06/06/2007 - par manon Il y a 1 commentaire, n'hésitez pas à réagir !

Oikos Paris a organisé à l'ESSEC le 23 mai 2007 une conférence sur le thème "Entreprendre dans le commerce équitable" avec Adeline Coeur de Max Havelaar, Jérôme Schatzman (ESSEC 97) fondateur de Tudo Bom? et Martin Veber, étudiant à la Sorbonne qui est allé dans une coopérative de cacao équitable en Bolivie.

Conférence "Entreprendre dans le commerce équitable"

Compte rendu de la conférence Oikos du 23

 

 

 

 mai 2007 

 

« Entreprendre dans le commerce

 

 

 

 équitable »

 

  Intervenants :

Adeline Cœur, de Max Havelaar

Jérôme Schatzman, ESSEC 97, fondateur de Tudo Bom ?

Martin Veber, étudiant Sorbonne, coopérative en Bolivie   

 

La conférence a débuté avec l'intervention d'Adeline Cœur de Max Havelaar France. Max Havelaar appartient à un système de labellisation international FLO (Fair Trade Labelling Organization) qui garanti que la production des matières premières des produits labellisés respecte certaines réglementations. En effet, le commerce équitable prône la construction d'un meilleur échange commercial entre le Nord et le Sud dans le but d'améliorer la condition des petits producteurs des pays du Sud. En attribuant à leurs produits le label Max Havelaar, les producteurs reçoivent un prix minimum garanti et une prime de développement destinée à la coopérative.

Le commerce équitable permettrait ainsi d'augmenter de 70% les revenus de ces producteurs en n'augmentant le prix du produit que d'une moyenne de 10% et cela en réduisant le nombre d'intermédiaires et en éliminant certains coûts comme la publicité.  

L'association Max Havelaar a été crée en 1988, en Hollande à la suite de l'appel de la CNUCED « Trade not aid ». Max Havelaar France a ensuite été vu le jour en 1993. Afin de coordonner toutes les initiatives pour le commerce équitable, la FLO a été fondée en 1997 avec la plateforme française du commerce équitable. Huit ans plus tard, PLO a créé FLO Cert, une entreprise indépendante dont le but est de contrôler le respect des conditions de labellisation. Enfin, depuis 2006, des discussions sont en cours au sein de la commission nationale du commerce équitable pour un label commun, mais aucun accord à pour le moment été trouvé. 

La transparence est un des points sur lesquels les entrepreneurs ou institutions du commerce équitable tentent de se distinguer. Ainsi, Max Havelaar dispose d'un budget de 3 millions d'euros composé pour 80% des redevances du label et pour 20% de subventions publiques pour réaliser ses 3 objectifs : proposer un outil qui définisse des obligations pour garantir la qualité d'un produit, sensibiliser les consommateurs et rechercher des débouchés pour les producteurs du Sud.

L'impact de Max Havelaar n'est plus négligeable puisque ce sont plus d'1 million de producteurs qui bénéficient du label tant au niveau économique et social qu'environnemental et politique.A l'international, Max Havelaar et le commerce équitable ont connu un succès impressionnant puisqu'en 2000, 9% des français connaissaient le principe alors qu'ils sont 80% aujourd'hui. En 2006, 166 millions de ventes ont été réalisées sous le label Max Havelaar avec plus de 15 filières (café, thé, sucre, miel, coton, fleurs, fruits…).

 

 Martin Veber, étudiant à la Sorbonne, nous a ensuite fait part de son expérience de 3 mois dans une coopérative de cacao équitable en Bolivie. Cette étude de terrain a complété les informations théoriques apportées par Adeline Cœur sur Max Havelaar et le commerce équitable. Ainsi, dans cette coopérative, le commerce équitable garantit un prix 10 fois supérieur au marché et permet aux producteurs d'investir, voire d'emprunter avec davantage de sérénité quant à leur avenir. La prime de développement est utilisée là bas pour la mise en place d'une assurance maladie et vieillesse, ainsi que pour l'amélioration de la qualité des produits et de la productivité. Cette coopérative est un véritable succès puisqu'elle s'étend déjà sur 150 km de diamètre et va en s'agrandissant au fur et à mesure que de nouveaux producteurs demandent à l'intégrer.  

 

Enfin, nous avons eu le plaisir d'accueillir un ancien ESSEC, Jérôme Schatzman, fondateur d'une entreprise de vêtements brésiliens équitables : Fair Planet. Sous une marque aujourd'hui connue (et qui aura sa page dans le prochain catalogue de la Redoute) : Tudo bom ? (Comment ça va ? en portugais),  Fair Planet commercialise des vêtements en coton équitable à destination des consommateurs engagés mais aussi de tout le monde à travers le concept d'équitable abordable. Jérôme Schatzman a profité de l'existence de la filière textile intégrée au Brésil et d'un intérêt grandissant pour le commerce équitable chez les consommateurs du Nord dans un secteur (textile) où rien n'existait encore. De plus, le coton bio et équitable est un enjeu de taille pour les pays producteurs, en particulier au niveau environnemental. L'économie et le commerce sont donc un bon moyen de réaliser des objectifs sociaux et environnementaux.

Un Tee shirt voyage en moyenne 40000km et avec Tudo bom ?, l'objectif est de réduire ce chiffre à 1500km. A la différence de nombreux produits dits équitables mais dont la seule matière première est équitable, Tudo Bom ? cherche aussi à garantir la conception équitable de ses vêtements. La question est en effet de savoir si l'on peut dire qu'un produit est équitable si certaines activités comme son transport ou sa vente ne le sont pas.

Pour Jérôme Schatzman, l'achat d'un produit équitable ne doit pas être un acte de bonne conscience. Il est évident que cet argument peut motiver le premier achat mais l'objectif est ensuite de donner envie au consommateur de racheter le produit parce qu'il l'a aimé. C'est en visant une consommation responsable qui soit aussi un plaisir que les entrepreneurs du commerce équitable peuvent espérer gagner de l'importance et pourquoi pas à terme, arriver aux 100% du marché. 

 

Cette table ronde s'est achevée par un cocktail de produits équitables très sympathique qui a permis aux étudiants de discuter de manière plus informelle avec les intervenants.



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Bonjour, nous organisons le deuxième salon pour un commerce équitable qui aura lieu les 23, 24 et 25 novembre à Aubagne (13). Nous serions heureux que vous veniez y participer, pour cela, je vous envoi le lien vers notre site internet, afin de consulter notre dossier de presse. N’hésitez pas à me contacter pour toute information complémentaire. http://www.commerce-equitable-salonpaca.org/images/accueil/site2007/dossier%20de%20presse.pdf
par Association MNLE PACA, le 2007-10-18 14:47:00

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