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Directeur du département Développement durable chez Schneider Electric.
Quand a été crée la direction du Développement Durable chez Schneider Electric, et pour quelles raisons ?
Elle a été créée en 2001, et était l'un des 6 challenges de l'objectif NEW2004, faisant partie de la stratégie de l'entreprise. L'idée est d'insuffler une politique responsable au plan économique et environnemental, de donner son avis lors de choix stratégiques, tels des acquisitions, ou des évolutions de produits…
Quelle place occupe cette direction dans l'entreprise, quel est son effectif ?
Elle est directement rattachée à la Direction Générale, et comprend une trentaine de personnes.
Avec la hausse du prix du pétrole, et les risques liés au changement climatique, nous parlons de plus en plus de maîtrise de l'énergie. Quel est la place de Schneider Electric dans ce domaine ?
Environ ¼ de l'énergie est détruite par le transport et la conversion. Il faudrait donc produire plus près des consommateurs. Notre métier est de mettre de l'intelligence dans la distribution électrique.
Schneider Electric s'est engagé à réduire de 10 à 15% la consommation énergétique des magasins Carrefour. D'où est venue l'idée, et comment comptez-vous vous y prendre ?
Nous sommes venus vers Carrefour pour leur faire la proposition. Cette démarche fait partie des enjeux actuels : comment assurer la RSE[1] ?
Nous avons une responsabilité sur la réduction de la consommation d'énergie. Ce n'est pas nouveau. Ce qui l'est en revanche, ce sont les réponses aux attentes des clients qui ont évoluées. Leurs besoins s'articulent autour de 2 axes : l'économie en terme de coûts, et l'environnement. Ce n'est donc pas qu'une question de produits, mais surtout une évolution de la relation client.
Schneider Electric ne sera payé que si l'objectif est atteint. C'est-à-dire que ce que nous installons n'est pas facturé à Carrefour. Pour atteindre cet objectif, plusieurs critères rentrent en compte. Il faut d'abord comprendre comment on consomme : où, quand et combien. Il faut aussi posséder les produits qui permettent de limiter la consommation. Plus le marché est tendu, plus ces process sont demandés. Echelonner au mieux les consommations est également nécessaire (frigos ne fonctionnant pas tous en même temps, meilleure utilisation des lumières…).Tout ceci comporte des innovations, et nécessite une sensibilisation des acteurs et une implication des hommes au niveau du management.
Pensez-vous que d'autres types d'initiatives innovantes peuvent naître dans d'autres secteurs ?
De telles initiatives se développeront certainement : ce sont les entreprises qui font le marché, en prenant en compte l'évolution des clients. Nous devons donc innover pour y répondre. On peut penser qu'un tel partenariat n'aurait pas vu le jour il y a 10 ans.
L'Espagne vient d'adopter une loi obligeant les nouvelles constructions et rénovations d'immeubles à utiliser 5% de leur consommation énergétique provenant d'énergies renouvelables. Qu'en pensez-vous ?
Ca pourrait être tout à fait le cas en France. Nous avons un ministre du développement durable, donc ceci pourrait être possible.
La Chine connaît une croissance qui inquiète certains. N'est-ce pas une opportunité pour développer des systèmes peu gourmands en énergie pour de nouvelles constructions ?
Je pense que les chinois sont tout à fait capables de faire face à ces enjeux. Ils en sont conscients, parfois d'ailleurs plus que nous. Si la France avançait aussi rapidement que la Chine sur ces sujets, nous pourrions nous en réjouir.
Pour les étudiants souhaitant s'engager et travailler dans cette voie, que souhaiteriez-vous leur dire ? Est-ce facile de trouver du travail dans ce domaine ? Quelles sont les attentes des entreprises, et de Schneider Electric en particulier, en terme de formation ?
Il faut être expert de l'une des composantes du DD, avoir une compréhension du marché, être confronté à l'une de ses dimensions. Donc, au niveau de l'expertise, oui, il y a des débouchés. Mais il y a aussi d'autres lieux que les grandes entreprises où agir : les banques, les ONG, les cabinets de conseils, d'audits, les structures publiques… Je pense que le fait d'avoir fait un parcours dans des structures très différentes est un atout. Cela permet d'appréhender les environnements de manière différente et globale. Ceci donne surtout une expérience avec diverses parties prenantes.
Que pensez-vous de l'avenir du développement durable ? N'y a-t-il pas un risque de galvauder ce terme ?
Non. Nous n'en sommes qu'au début de sa prise en compte. C'est un sujet qui est là pour rester très longtemps.
Propos recueillis par Jérôme Lhote
[1] Responsabilité Sociétale de l'Entreprise
Un ascenseur s'élève, un métro démarre, une chaîne d'usine se met en route… L'électricité est au cœur de notre quotidien, Schneider Electric aussi. Sa mission ? Apporter le meilleur du nouveau monde électrique, à chacun, à tout moment et en tout lieu. Rendre l'énergie électrique disponible, fiable, performante et sécurisée ou commander, contrôler, protéger les machines et les équipements, Schneider Electric met son savoir-faire au service de la Société pour toutes les applications de la vie quotidienne. Plus d'infos : |
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