Vous ne le connaissez pas, ou encore que de nom ? Pas grave ! Sa vie est un véritable roman.
Il était prédestiné
Né en 1920 à Los Angeles sous le signe du Lion, le petit Charles est le fils d'un chômeur frustré qui le bat à coups de ceinture et d'une mère effacée. Tenté de se réfugier dans la religion, il finit par détester Dieu qui lui rappelle trop son père.
A 15 ans, son corps se couvre d'acné. Il faut l'hospitaliser. On perce ses pustules à l'aiguille, puis on le soumet à des rayons UV avant de l'enrouler dans des bandages. Cela fera de lui une « mocheté », de son propre aveu.
A 17 ans, il expédie son père au tapis d'un uppercut au menton. Son père cesse de le battre.
Il enchaîne les petits boulots d'où il se fait régulièrement virer, tout en fréquentant assidûment les bars et les clochards. Il finit par trouver un job à la Poste (véridique), où il passera trente ans avant de s'installer comme écrivain à plein temps.
Sa seule possession matérielle est une machine à écrire.
Bref, il a déjà tout pour devenir un mythe littéraire.
Buk et son œuvre
Sa première rédaction, en classe de septième, est le résultat d'un ultime effort pour cacher à ses petits camarades que son père a refusé de l'emmener au discours du maire qu'ils devaient commenter. Non seulement ils n'y voient que du feu, mais encore ils l'admirent. C'est là qu'il dit avoir vu naître sa vocation d'écrivain.
Le succès lui vient tard, malgré tout. Il n'abandonnera son travail qu'à l'âge de 49 ans, pour se consacrer exclusivement à l'écriture. Ce qui ne l'a pas empêché d'écrire abondamment et de se faire connaître dans le milieu underground américain.
Il écrit avant tout des poèmes, mais ce sont ses romans qui l'ont fait mondialement connaître. Avec des titres aussi alléchants que Journal d'un vieux dégueulasse, Womenou encore Tous les trous du cul de la terre et le mien. Trash évidemment mais aussi cynique, désabusé, et épouvantablement humain. Nul mieux que lui ne sait parler des problèmes que peuvent poser les hémorroïdes. Il céda aussi ses droits pour un ou deux films (Barfly).
On dit qu'il envoya paître Sartre qui voulait le rencontrer et qu'après avoir lu son œuvre, il en conçut quelques regrets.
Buk et l'alcool
C'est à l'âge de 9 ans, avec un camarade de classe, qu'il découvre l'alcool. Il ne cessera plus jamais de boire. Sauf une fois, bien plus tard, hospitalisé pour un ulcère. Il paraît qu'il sut se passer de l'alcool avec une facilité étonnante… et qu'il reprit sitôt rentré chez lui. Mais c'est une leucémie qui l'emporta, alors septuagénaire. Comme quoi…
Tout en continuant à boire, il écrit. En effet l'alcool l'inspire ; la période d'ulcère sus-mentionnée fut la seule de sa vie où il ne produisit aucun texte.
Il se saoule à mort avant chaque lecture publique, dans des cercles littéraires underground puis, le succès venant, dans des universités. Cela fait de lui un showman exceptionnel et booste les ventes de ses œuvres.
Il a assis sa réputation en France en sifflant deux litres de blanc sur le plateau d'Apostrophes, avec Bernard Pivot, et en déclenchant un scandale en direct, écoeuré par le côté guindé de l'émission. On dit qu'en coulisses il menaça un gardien avec un couteau, "pour rire", et qu'il se fit vider suite à l'incident.
Buk et les femmes
Buk écrivit beaucoup sur les femmes mais ne rencontra la première de sa vie qu'à l'âge de 23 ans. C'était une femme obèse à l'hygiène douteuse.
Malgré son côté volage, il aura plusieurs femmes dans sa vie : une alcoolique, puis une héritière qui le publiera et lui donnera sa fille Marina, puis une caractérielle qu'il ne cessera de tromper, enfin, vers 60 ans, une propriétaire de restaurant végétarien, Linda, qui lui apportera une certaine stabilité. Il n'en reviendra jamais que les femmes puissent s'intéresser autant à lui, juste parce qu'il écrit. Certaines lui téléphonent et il les reçoit avec joie. Il a alors une cinquantaine d'années et se décrit comme « le vieux bandard fou ». (Dessin de l'auteur)
La citation
« Triste spectacle d'un bide qui s'emploie à faire éclater une chemise. » (Pulp)
La vie de Buk a le mérite d'être cohérente avec son œuvre, puisque cette dernière est largement autobiographique. Si cette biographie vous a intéressé, courez donc emprunter ses livres !
29/06/2006
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