Avant
le 31/03/2006 - par QLTO Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !Une nouvelle hors concours proposée par un membre de Quand Lira-t-on.
Avant
Assis sur les marches de son perron, il regardait le soleil se lever, une tasse de thé à la main, les épaules couvertes d'une vieille couverture de laine pour se protéger du froid. Depuis une semaine, il se levait chaque matin avant l'aube, afin de profiter au maximum du temps qui lui restait. Comme à chaque fois, le spectacle tranquille des premiers rayons qui se reflétaient sur la neige lui procurèrent un sentiment profond de calme, et de solitude. Il soupira. Plus qu'un mois, et il serait parti. Une nouvelle vie, pleine d'inconnu ; de nouveaux challenges... Jamais il n'aurait cru que ce serait si dur. Il resserra la couverture autour de ses épaules, conscient que ses frissons ne devaient rien au froid. Après tout, comment savoir vraiment ce qui l'attendait, là-bas ? Ici, il maîtrisait les choses, il connaissait le coin, c'était un habitué, partout. Mais là-bas... Il avait passé l'âge ou l'on se liait facilement, celui où chaque journée qui s'ouvrait s'annonçait pleine de promesses et d'aventures. Il était réaliste maintenant. Pas pessimiste, non, objectif, comme on disait. Même pas en fait. Il était juste effrayé, inquiet, sans pour autant vouloir se l'avouer.
Il vida sa tasse en quelques gorgées, puis, prenant appui sur les barreaux en bois de la balustrade, il se releva, s'apprêtant à rentrer au chaud. Sa main s'attarda sur le bois, tendrement. Malgré lui, ses yeux se fermèrent, son front se posa sur le pilier. Si solide, se dit-il avec fierté. Faîte pour durer, cette maison là. Ce n'était pas, et de loin, la plus belle du voisinage, ni la plus grande, ni même la plus confortable. Mais il ne l'aurait échangée pour rien au monde contre une autre, même plus spacieuse, mieux aménagée, avec tout le confort moderne. Celle-ci, il l'avait faite lui-même, enchaînant les journées de travail et les nuits de veille, pour monter les murs, assembler le toit. Quand il avait posé pour la première fois les yeux sur cet emplacement, il ne restait de la bâtisse précédente que quelques pierres, la cheminée sans doute, deux pans de murs pourris par l'humidité et quelques planches éparpillées alentours. D'un coup d'œil, il avait compris que ce ne serait pas facile. Mais d'un coup d'œil aussi, il l'avait aimée. Pendant un an il l'avait remontée, planche par planche, sous les railleries de ses voisins qui ne croyaient pas en lui. Un par un, il avait rassemblé les sous qui lui permettraient de s'offrir du papier peint, de la peinture, même de quoi faire une pendaison de crémaillère, pour quand il aurait fini. Peu à peu, il s'était fait une place dans la communauté. Pas vraiment celle qu'il espérait, et cela avait pris du temps, il avait parfois eu le sentiment de repartir en arrière. Mais au fil du temps, si les railleries continuèrent, c'était plus par habitude qu'autre chose, et il avait senti derrière les mots moqueurs et parfois cruels quelque chose d'autre, comme une sorte de curiosité, presque une incompréhension devant ce qu'il accomplissait, devant sa survie. Il vivotait, certes, mais il était là, et il n'entendait pas se laisser mourir. Un fin sourire étira ses lèvres. Il se souvint d'une fois ou il avait coupé une rose de son propre jardin, et l'avait offerte à Miss Bertha, la plus grande commère de la communauté, parce qu'il avait trouvé que sa façon de se moquer de lui avait un petit quelque chose de poétique. Il riait encore parfois tout seul en se rappelant la tête qu'elle avait fait ! C'était le bon temps... Il était devenu « l'homme de la maison bleue », et si rares étaient ceux qui le connaissaient vraiment, tout le monde avait entendu parler de lui. Après tout, c'était une forme de renommée... Les yeux fermés, l'homme de la maison bleue, les yeux perdus dans le vide, la tête penchée légèrement de coté comme s'il réfléchissait, se laissa aller aux souvenirs.
Il revécut son arrivée sur cette colline, idéaliste. Il se souvenait avoir attrapé quelques mots d'une conversation entre deux anonymes, dans le bus, une conversation au sujet d'un endroit avec une vue époustouflante, et un fabuleux potentiel. Avec le recul, et près de trente années à vivre en haut de cette colline, il ne parvenait toujours pas à mettre le doigt sur la nature de ce fameux potentiel. Mais il restait sur d'une chose. Aujourd'hui encore, comme en ce jour lointain ou il l'avait entendu pour la première fois, le nom de cet endroit lui parlait, faisait résonner en lui une corde cachée. Il avait d'abord cherché des informations sur cet endroit, sans en trouver aucune, si ce n'est quelques vagues « oui, je crois que j'en ai entendu parler... ». A croire que le lieu n'était qu'un vieux mythe, un mirage qui s'évanouissait des qu'on s'en approchait trop. Il avait finalement déniché une vieille carte routière qui indiquait sa position, et emmenant toutes ses maigres possessions, il était parti. Il n'avait pas été difficile de faire avouer à l'employé endormi de la mairie que le terrain était libre. Il l'avait eu pour une bouchée de pain, sous la promesse de le rendre immédiatement au cas ou le précédent propriétaire referait surface, un jour.
Une fois installé, une fois passée la pire soirée de son existence, celle ou il avait invité tout le monde a sa pendaison de crémaillère et s'était retrouvé seul, les douze coups de minuit le trouvant encore dans l'attente de son premier invité, la main crispée sur un verre, des larmes de rage aux yeux, les années s'étaient écoulées lentement, rythmées par les cancans moqueurs de Miss Bertha. Jusqu'au jour ou elle était arrivée. Marianne. Sans rien de plus qu'un panier avec quelques pommes, un pain de campagne et un saucisson. Et un sourire. Son sourire. Aussi vaste que l'horizon, aussi rempli de promesses que l'aube, aussi éblouissant que la neige sous le soleil d'hiver. Il n'avait pas posé de questions. Elle n'avait rien dit. Il avait juste ouvert sa porte et invitée à entrer. Elle avait posé son panier sur la table de la petite cuisine et commencé à ranger ses provisions, en fredonnant une vieille rengaine, qui parlait d'une maison bleue, perdue sur une colline. Seulement la rengaine ne dit pas la vérité. Il n'avait pas jeté la clé. Il la lui avait donnée. Et avec elle celle de son cœur et de ses espoirs. A moins de trente jours d'une nouvelle aventure, le film de sa vie repassait devant ses yeux, égrenant les joies comme les peines dans un même sanglot nostalgique. Avant...
Un bruit de moteur le tira de ses pensées, et il réalisa soudain que des heures avaient passé. L'air s'était réchauffé, et le soleil qu'il avait vu se lever commençait désormais une lente descente, et midi était passé depuis une bonne heure, comme le lui indiqua le soudain grondement de son estomac. Il grommela dans sa barbe, peu ravi d'être dérangé jusque sur sa colline par ces engins pétaradants qui tenaient plus du moustique asthmatique que d'un mode de transport. Il leva les yeux au ciel. «Je suis un vrai cliché, pensa-t-il. Marianne avait raison, je suis un vieux ronchon...». D'autant que le klaxon en trompette qui se fit entendre ne lui laissait aucun doute sur l'identité de son visiteur matinal. La moto et son side-car atteignirent lentement la maison, stoppant à quelques mètres de lui. Le conducteur retira son casque, et secoua la tête furieusement dans le vain espoir de donner à ses épis désordonnés un semblant d'arrangement artistique. Dans le side-car, une petite forme noire perdue dans un blouson en cuir trop grand pour lui trépignait d'impatience. Le jeune homme se pencha, et sortit le paquet informe du side-car, puis du casque et de l'écharpe qui le dissimulait. Quelques minutes plus tard, un petit bonhomme de six ans courait vers le vieil homme armé d'un sourire, et se jetait dans ses jambes. Le jeune homme s'approcha plus lentement, les joues rosies par le froid.
- Papa, je te présente Benjamin, ton petit-fils.
Le vieil homme baissa les yeux sur le petit qui s'accrochait fermement à la couverture.
- J'en entendais beaucoup parler, murmura-t-il d'une voix rauque, les yeux toujours baissés, mais je ne savais pas qu'il existait vraiment. Avant, je l'aurais vu plus tôt...
Le jeune homme eut l'air gêné, presque triste. Il ouvrit la bouche comme pour répliquer, puis le referma, haussant les épaules. Toujours la même chose pensa-t-il. Avant. Le mot magique. Celui qui effaçait tout, qui excusait tout. L'histoire, les traditions, les habitudes... C'était pour cela qu'il était parti, dès qu'il l'avait pu. Pour changer d'air, pour pouvoir innover, inventer, bouger. Pour respirer, ne plus grandir à l'ombre d'un père qui venait de si loin, qui avait fait tant de choses... Avant, elle était là pour contrebalancer un peu les choses. Mais depuis qu'elle avait disparu... les souvenirs ressurgissaient, ceux des premiers jours... un peu lourds à la longue, tellement ressassés. Et le futur alors, l'avenir ?!
Le père se reprit.
- Allez, venez, rentrons nous mettre au chaud.
Et prenant son petit-fils par la main, et son fils par l'épaule, il les fit entrer chez lui.
Plus tard, assis dans le petit salon, devant la cheminée de grosses pierres, une boite de biscuits sur la table basse et des tasses de chocolat chaud dans les mains, ils échangeaient leurs nouvelles, depuis le temps qu'ils ne s'étaient pas vus. En riant, le fils reprochait au père de ne pas avoir encore fait réparer sa ligne téléphonique, et de ne pas utiliser non plus le dernier cri des téléphones portables, ceux qui permettaient de téléphoner même du fond de ce coin perdu. Le petit-fils racontait, passionné, l'intrigue de son dernier jeu vidéo, et sautait d'un sujet à l'autre sans finir ses phrases. Le grand-père, lui, tentait de suivre, avec la vague impression d'essayer de concourir, vieux cheval de labour, avec des purs-sangs taillés pour la course. Avant, pensait-il, il aurait parlé moins vite... pour que Marianne puisse suivre. Mais évidemment, Marianne était un peu sourde, alors il faisait des efforts. Mais lui, qui n'avait jamais voulu laisser paraître la moindre faiblesse, personne ne faisait vraiment attention. On supposait d'emblée qu'il s'adaptait à tout. Il avait tellement vécu ! Mais il aimait bien ça, le vieux, de se sentir pris dans un tourbillon multicolore de mots, de naviguer à l'aveuglette d'un sujet à l'autre. Après tout ils les connaissaient, il leurs faisait confiance. Et puis ici, il était chez lui, il maîtrisait tout, il était sur de lui, de sa force.
- Au fait, quand pars-tu exactement ?
- Dans un mois. A peu près.
Le fils hocha la tête.
- Ca te fera du bien de changer d'air, dit-il consciencieusement, avec l'air du médecin qui analyse son patient. Tu verras, tu rencontreras de nouvelles têtes ! Nous reviendrons te voir avant ton départ, ou je t'enverrais des lettres, puisque tu n'as pas le téléphone...
- Arrête de grogner sur le téléphone, tu feras remettre la ligne quand tu viendras t'installer ici!
Le silence, lourd gêné. Il se demanda soudain comment la pièce avait pu se charger de tant de tension aussi vite. Il sentit venir les mots, avant même qu'ils ne soient prononcés. Il aurait du prévoir...
- Papa...
Le fils baissa les yeux, essayant d'atténuer les choses
- Nous ne viendrons pas nous installer ici, c'est... un peu trop... loin. C'est cela, un peu trop loin. De tout. Et il n'y a pas grand-chose à faire ici pour Benjamin. L'école résiste encore à la fermeture, mais plus pour longtemps. Et les gens... Je me souviens encore des derniers ragots qu'ils faisaient circuler sur toi, de leurs moqueries. Je ne veux pas que Benjamin ait à supporter la même chose.
Le père le coupa.
- Tu n'as jamais compris ce qu'ils voulaient dire, qui ils étaient. Tu n'as vu que le plus évident. Ils ne sont pas tous pourris. Ils m'ont aidé, à leur manière. Et ils ont prévu de s'y mettre tous pour construire une sorte de parc, d'aire de jeux, au milieu du village. Ca va se développer ici, devenir quelque chose de bien ! Enfin... Cela dit, qui va tenir la maison si vous ne venez pas vous y installer ?
Il n'aurait jamais cru cela possible, mais le silence se fit encore plus lourd. Il vit venir la catastrophe, mais plus rien ne pouvait l'arrêter. Les papiers étaient signés, il avait passé la main.
- Nous... nous avons décidé de tout déménager. On ne pouvait pas se permettre de conserver deux logements, tu vois... Tes voisins sont intéressés à reprendre le terrain.
Devant l'air sombre et buté du pere, le fils s'échauffait rapidement. Il était venu marquer la trêve, profiter un peu du mois qu'il restait. Malheureusement, comme à chaque fois semblait-il, ça dégénérait. Ici, c'était le symbole de la vie d'avant, c'était le passé. Avec Benjamin, il voulait construire un avenir, plus dynamique, plus vivant, il voulait que ça aille vite, que ça bouge, ne pas avoir l'impression de rater le train. Il avait confiance en lui. Il pouvait tout réussir, repartir à neuf, faire fi de cet avant. Si seulement il voulait bien comprendre...
- On ne pouvait pas la garder, tu comprends ? Ce n'est pas nous, cette maison, c'est toi. C'est presque étouffant tellement c'est toi !
Le père ne répondit pas. Ca ne servait à rien, son fils n'aurait pas compris. Lui-même n'arrivait pas à mettre des mots sur ce qu'il ressentait. Comment traduire la sensation de vide, immense, qui l'habitait ? Comment expliquer que ces murs, c'était bien plus que des pierres et des planches ? A quoi servait de rappeler qu'avant lui il n'y avait rien, qu'il avait tout construit, tout créé ?Que c'était aussi son histoire qui y était gravée, une part de son passé, une portion de sa vie ? Comment expliquer qu'il ne voyait pas comment avancer s'il n'avait plus une base solide derrière, un garde-fou, un asile où se réfugier en cas de problèmes ? Ses lèvres se crispèrent en une moue désabusée. Il n'avait rien vu venir. Certes, il se souvenait de discussions animées, avant que son fils parte faire ses études plus loin, des discussions sur tout et n'importe quoi, mais qui toujours, toujours, se terminaient de la même façon. Toujours les mots qui dressaient comme une muraille invisible entre eux. Le fossé générationnel. Ben tiens ! Du temps de Marianne, il n'y en avait pas, comme par hasard. Avant, il avait encore le sentiment d'être utile. De transmettre quelque chose à ceux qui le suivrait. Il avait beaucoup vécu, beaucoup fait d'erreurs, et beaucoup appris. Si au moins il voulait bien, une fois de temps en temps, lui demander son avis, ses conseils, lui donner l'impression de ne pas avoir été totalement inutile, reconnaître que sa survie tenait du tour de force. Marianne avait le chic pour ça. Chaque fois qu'il croisait son regard, il y lisait comme des félicitations silencieuses, une reconnaissance discrète de ce qu'il était. Dans ces moments là, il se sentait de taille à affronter le monde entier !
Crispé dans son fauteuil, le fils lui lançait des regards en coin, tachant de deviner ce qu'il pensait. Il suivait en direct, fasciné, le passage des émotions sur les traits tirés de son père. Cela l'étonnait. Pas de cris cette fois ci. Pas de colère, pas de violence. Juste la fatigue, si visible, et le silence. Avant, pensa-t-il, Marianne les auraient regardé avec de gros yeux, leur aurait fait la morale avant de les pousser à se parler, calmement, et ils auraient fini par se réconcilier. Ca lui manquait. Ses tentatives pour leur faire cracher ce qui les habitait, ses hochements de tête, et la pression de ses doigts sur son épaule, pour l'encourager à parler.
Petit, son pere lui semblait un héros, et il n'avait pas compris au début ces rumeurs ironiques qui couraient sur leur compte. Si son pere semblait y trouver une source d'amusement, guettant presque avec impatience le prochain ragot, cherchant à attraper les paroles de Miss Bertha au marché du samedi matin, lui ne comprenait pas ce qu'il pouvait y avoir de drôle dans ces doutes permanents lancés en l'air, et qui lui sapaient le moral. Chaque nouveau projet de son pere suscitait des remarques ironiques, « tiens, un futur naufrage », ou « toujours vivant monsieur maison bleue, on vous croyait disparu... »...Il avait tenu aussi longtemps que possible, sans comprendre pourquoi ses parents s'accrochaient becs et ongles a cet amas de pierres et de planches. Et puis Marianne avait disparu. Un matin, elle n'était plus la. Tout simplement. Son pere n'avait pas paru étonné. Juste triste. Qu'elle ne lui aie pas dit au revoir. Et la vie avait continué, inchangée. Seulement plus dure, plus silencieuse. Deux ans plus tard, il avait 18 ans, et il était parti, comme elle, un matin. Il avait dit au revoir, lui, et donné sa destination, et son sac sous le bras, sans se retourner, il avait descendu le chemin, traversé le village, et passé la ligne d'horizon. Il avait senti jusqu'au bout le regard de son pere. Il soupira.
Pendant les années qui suivirent, il avait essayé d'être différent, jeune, innovant, fier de se construire tout seul, de n'avoir besoin de personne. D'autres s'étaient chargés, peu a peu, de calmer son enthousiasme, le laissant moins exubérant, mais plus lucide, plus réfléchi. Avant, il avait avec Marianne et son pere de longues conversations, assis devant la cheminée ils refaisaient le monde. Cela aussi ça lui manquait. Comme de se savoir appuyé en fait. De savoir qu'en cas de chute, il aurait une main pour le rattraper, comme un roc pour se relever.
C'était peut-être tellement mieux.
Avant.
Cactus
03/02/2006
vers En bref



Le Bateau-Livre, le journal de l'association, est le réceptacle de toutes nos créations, des critiques sur des ouvrages, l'actualité du monde des livres, ainsi que des entretiens avec auteurs.
Le pôle littérature est tout ce dont un ESSEC a besoin pour se purifier après une bonne grosse soirée, ou un stage de 6 mois en audit. Des romans, des auteurs à rencontrer, des ateliers d'écriture et des séances de lectures, mais aussi la fameuse journée du livre, sans oublier les critiques faites maison.
Le pôle BD/ Manga a été crée pour tous les fans de Tintin, Lanfeust, Dragon Ball et Naruto. Vous y découvrirez en détail le catalogue de la bibliothèque, les rencontres avec les auteurs, les cours de bande dessinée, les planches et dessins des ESSEC et nos critiques BD et mangas.l
Parce que tous les ESSECs ne se destinent pas forcément au contrôle de gestion ou au marketing chez l'Oréal, nous voulons dissiper le brouillard épais qui flotte sur le monde de l'édition.
