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Fantastique, horreur, science-fiction, fantasy

Anita Blake

Anita Blake

Anita Blake est une tueuse de vampires. On l’appelle d’ailleurs « l’Exécutrice » dans les milieux vampiriques. Voilà, maintenant que vous avez fait vos blagues sur Buffy et bien rigolé, on va pouvoir passer aux choses sérieuses.


Anita vit dans un monde qui n'est pas si différent du nôtre, si ce n'est que les vampires y sont reconnus comme des citoyens américains et que la lycanthropie est considérée comme une maladie contagieuse dont les malades ne peuvent légalement pas être davantage discriminés que les porteurs du VIH (ce qui signifie que dans la réalité…). Elle gagne sa vie en relevant des zombies, un talent héréditaire, et aide occasionnellement la police de sa bonne ville de Saint-Louis à résoudre les cas impliquant le surnaturel. Elle est aussi exécutrice agréée, ce qui signifie que quand un vampire commet un crime, elle est le bourreau légal dépêché par l'Etat (citoyens américains certes, mais il possèdent des pouvoirs d'hypnose et peuvent soulever une voiture sans trop forcer, donc on ne prend pas de risque tout de même).

 

A part ça, Anita Blake fait un mètre cinquante-huit (copiiine !), dort avec son revolver et un pingouin en peluche nommé Sigmund, et possède un caractère de cochon comme on en a vu peu. Evoluant dans un milieu presque exclusivement masculin, elle a tendance à avoir des attitudes assez peu féminines, notamment envers tout homme assez suicidaire pour lui montrer de la galanterie (ne pas tenir la porte à Anita, ne pas porter les valises d'Anita, et surtout, même si elle perd tout son sang, ne pas porter Anita. Oui, je sais, c'est stupide, mais c'est comme ça). Elle pratique divers sports de combat, la musculation et le jogging, et se balade avec une véritable artillerie partout où elle va.

 

Et on la comprend, car elle a le chic pour attirer l'attention de la communauté surnaturelle et pour se mettre dans des situations rocambolesques et souvent passablement désagréables. Sa vie sentimentale elle-même n'est pas de tout repos : tiraillée entre deux hommes fort séduisants, elle ne semble pourtant pas à plaindre. Mais l'un d'eux, Richard, est l'Ulfric (comprenez le chef) de la meute de loups-garous locale, est gentil comme tout, l'emmène faire de la spéléologie, et refuse sa nature de bête et les instincts inhérents à celle-ci avec un acharnement qui confine parfois à la bêtise et lui fait manquer de se faire tuer en permanence. Le second n'est autre que Jean-Claude, le Maître de la Ville, un vampire d'origine française extrêmement puissant qui dirige la communauté surnaturelle de Saint-Louis et la couvre de roses blanches et de mots doux quand il n'est pas occupé à faire régner la discipline d'une main de fer parmi ses ouailles.

 

Infichue de choisir entre ses deux soupirants qui ont tendance à venir la boulétiser dans les moments les plus inopportuns, bête noire des êtres surnaturels dissidents (en gros tous ceux qui ont du mal à contrôler certains instincts carnassiers ou sanguinaires, soit quand même beaucoup trop), et bousculée par son patron à l'agence de réanimation qui est prêt à accepter n'importe quel travail du moment que ça paye, la vie d'Anita n'est pas facile. A travers les (pour l'instant) quatorze livres de la série, elle accumule les problèmes et se découvre des pouvoirs dont elle se serait bien passée.

 

Laurell K Hamilton nous livre ici une série fort sympathique, sombre et sensuelle, et une héroïne tellement chiante qu'elle en est attachante. Dépoussiérant les poncifs de la littérature d'horreur, sa galerie de monstres plus ou moins humains est des plus originale : elle parcourt toute la gamme depuis les classiques loups-garous et vampires jusqu'aux sirènes (beaucoup moins sympathiques qu'Ariel) en passant par les fairies, les rats-garous, hyènes-garous et même cygnes-garous (sisi, je vous jure). Si par moment les scènes se tournent vers un érotisme un peu cru qui, selon moi, n'apporte pas tellement à l'histoire, on pardonne vite à l'auteur. Car ces livres écrits à la première personne et racontés du point de vue de l'héroïne nous offrent de succulentes considérations sur les quarante points de QI qu'elle perd en présence de ses petits camarades masculins, la difficulté de faire partir les tâches de sang sur les habits, l'impossibilité de faire confiance à quelqu'un qui n'aime pas le café (ce en quoi je suis parfaitement d'accord), ou encore ses émerveillements devant les petits jouets que lui donne son ami Edward, tueur à gages de son état, du genre Uzi automatiques ou holster sur mesure. En voilà un qui sait quoi offrir à une femme.

 

En fait, c'est un joyeux bordel, ça part un peu dans tous les sens, et ça se lit très bien. Ces dames s'identifieront sans doute facilement à cette emmerdeuse de service que nous sommes toutes un peu au fond de nous – voire beaucoup dans certains cas. Certaines scènes sont sanguinolentes à souhait, si ce n'est un peu gores par moment, mais ce qui soutient le mieux la série à mon avis, c'est que cette jeune femme n'est finalement pas surhumaine : elle a la trouille par moments et ne le cache pas, se trouve souvent en infériorité physique du fait de sa petite taille (comme elle le dit elle-même, faire un art martial c'est bien beau mais si le mec en face en fait aussi et qu'il mesure quarante centimètres de plus, ben ça sert pas à grand-chose), et dort avec sa peluche quand elle a eu une journée difficile. Assez réaliste – si l'on excepte le monde dans lequel elle évolue.

 

Très sympa, bien que fort peu intellectuel au final ; un bon moment de divertissement en perspective. Je ne peux que vous le conseiller.

 


Les livres de la série :
(chacun des titres est le nom d'un bar, restaurant ou boîte de nuit dans lequel se passe une partie de l'action) :

 


En français :

- Le Cadavre Rieur
- Plaisirs Coupables
- Le Cirque des Damnés
- Lunatic Café
- Squelette Sanglant
- Danse Mortelle
- Offrande Brûlée
- Lune Bleue
- Papillon d'Obsidienne

 


Pas encore traduits :

- Narcissus in Chains
- Cerulean Sins
- Incubus Dreams
- Micah
- Danse Macabre
- The Harlequin
- Blood Noir

 

 


24/06/2008


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