Le Sorcier / le Démon
le 29/05/2007 - par Shanilara Il n'y a pas de commentaire, soyez le premier à réagir !Et voilà un sujet fertile ! On ne compte plus ceux qui ont utilisé ce thème, celui du Sorcier, du Démon, ou encore mieux, du Sorcier qui invoque un Démon. En plus d'être le plus utilisé du genre, ce thème va me permettre de vous présenter un roman de leur maître à tous, j'ai nommé Howard P. Lovecraft.
L'Affaire Charles Dexter Ward (paru en 1941, soit après la mort de l'auteur) nous raconte l'histoire, comme vous vous en doutez, de Charles Dexter Ward, interné dans la maison de santé de Providence. Le livre commence au moment où Charles disparaît de l'établissement, et revient jusqu'à plusieurs générations en arrière pour expliquer son étrange folie. Nous apprenons alors que Charles Ward est le descendant de Joseph Curwen, dont on a tenté de faire disparaître toute trace. Pourquoi a-t-on cherché à faire comme s'il n'avait pas existé ? Que s'est-il passé dans sa demeure ? Et pourquoi, s'il est fou, l'écriture de Charles est-elle exactement la même que celle de son ancêtre ? Au fur et à mesure que ce court roman avance, on obtient les réponses à ces questions - et à d'autres - tout en gardant une part de mystère qui laisse l'imagination prendre le relai. Et autant vous dire qu'après l'avoir lu, votre imagination ira dans tout un tas de directions très intéressantes... Si l'écriture de ce roman peut paraître un peu veillotte, le plaisir avec Lovecraft tient dans le fait qu'il va directement au but, sans tourner autour du pot pendant trois heures. Et en même temps, il envoie votre esprit dans une certaine direction avec une aisance déconcertante... direction qui s'avèrera totalement erronée au final. Ce livre assez éloigné au premier abord de sa mythologie des Grands Anciens ne l'est d'ailleurs pas tant que ça, si l'on en croit les paroles de certaines incantations.
Dans le même genre, le célèbre Exorciste. Je ne vous ferai pas l'affront de m'étendre dessus, vu que le film a atteint une notoriété impressionnante. Toutefois, je vous signale simplement qu'il s'agit à la base d'un roman de William Peter Blatty, The Exorcist, publié en 1971. Et dans le registre « possession démoniaque », on a rarement fait plus archétypique que cette histoire de petite fille charmante qui finit par vomir des torrents d'injures à l'adresse de ceux qui veulent la débarrasser du démon qui a élu domicile en elle.
On peut supposer que James Herbert, quand il a écrit Sanctuaire (Shrine, 1983), l'avait encore à l'esprit. Sanctuaire est l'histoire d'Alice, une petite fille sourde et muette, que la Dame Blanche, l'Immaculée Conception, a choisi comme réceptacle. Très vite, les pèlerins affluent pour assister à ses miracles... mais la Dam Blanche se révèle petit à petit être beaucoup moins bénéfique que ce que tous ont cru au premier abord. En fait, il pourrait même s'agir d'un démon, ayant utilisé ce déguisement pour s'introduire dans le monde des humains. James Herbert a écrit de nombreux romans, dont le célèbre Les Rats (the Rats, 1974), et il est assez connu dans le milieu pour son manque total de finesse dans l'écriture. Il saisit le lecteur à bras-le-corps et lui hurle au visage ; dans son genre d'élection, c'est redoutablement efficace.
Toujours dans ce thème, j'en profite pour vous présenter un autre auteur finalement assez peu connu du grand public : Graham Masterton. Pour les aficionados du genre, il est « le Lovecraft des années 90 », c'est vous dire. Le roman qui nous intéresse ici est Manitou (The Manitou, 1975). Il est le premier de la Trilogie de Manitou, et envoie un nouvel éclairage sur la possession : au lieu de voler le corps d'un hôte, le démon - ici un sorcier indien du nom de Misquamacus, mort depuis 400 ans - se développe à partir du corps de celui-ci. Tout commence quand Karen vient consulter à l'hôpital pour une tumeur apparue sur sa nuque et qui grossit à vue d'œil. Ce qu'elle ne dit pas aux médecins mais qu'elle avouera à un medium, c'est que l'apparition de cette tumeur coïncide avec des rêves étranges, extrêmement réalistes, qui la terrifient. Mais Misquamacus n'es
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