La véritable histoire de Jack Sparrow - épisode 1

le 28/09/2008 - par QLTO Il y a 2 commentaires. Réagissez vous aussi !

QLTO vous présente le 1er épisode de son feuilleton du T1 : Jack Sparrow aimerait quitter son bateau pour vivre libre sur la terre ferme... Mais comment un pirate peut-il renier sa nature ?

La véritable histoire de Jack Sparrow - épisode 1

-Tu es né sur un bateau, tu mourras sur un bateau!

Dehors, le hurlement des vents fait écho au grondement des vagues qui se brisent sur la coque. Les voiles claquent et le cliquetis du métal rythme le tangage du navire. Pas une mouette à l'horizon pour rappeler au jeune Jack l'espoir d'un rivage salvateur. Il essuie une fois encore la colère de celui qui se dit son père et se fait appeler Le Carnassier. Le large poing de son protecteur accompagne sa verve et s'abat avec fracas sur la table de la cabine, couvrant un instant le vacarme assourdissant des éléments en furie. Le visage déformé par la colère, les lèvres tremblantes d'une rage mal contenue, il déverse en jurant son flot d'indignation. La piraterie, c'est pour la vie! L'enfant ne le sait que trop et le souvenir macabre de Henri Wotton, délogé de son mât par la foudre et englouti aussitôt par les flots lui revient en mémoire. Henri était son seul ami à bord. Le sort avait voulu donner à ce grand nègre solitaire le nom d'aristocrate anglais, et les plaisanteries à ce sujet ne manquaient pas. Jack ne voulait pas finir comme ça, dans l'immensité des flots, l'âme tourmentée mille ans loin de sa terre natale. Ce qu'il souhaitait avant tout, lui, c'était être berger, élever ses moutons, avoir une ferme à lui, rien qu'à lui, bien plantée dans la terre ferme. Il avait été enlevé à sa mère, femme d'aussi peu de vertu que d'argent, contre quelques pièces de cuivre qui l'aideraient à se saouler au moins une semaine. Alors il rêvait d'une femme aimante, d'enfants qui jouent dans les prés, loin des tavernes immondes où les murs suintent le vice et l'alcool. Loin de ces filles qui vendent leur âme au diable pour les plaisirs de la chair et l'argent facile. Mais, bien sûr, pas question d'opposer des ragots de taverne à la parole du capitaine. Aussi se contentait-il d'écouter sans mot dire cet étranger qui n'avait vécu que pour la piraterie et qui le maudissait de rêver à une plus paisible existence.

 

Cette nuit-là, Jack ne put s'empêcher de repenser à cette phrase qu'Henri avait lâchée avant de disparaître. Comme il se débattait encore avec la houle qui allait l'emporter, réapparaissant parfois au détour d'une vague sans que les chaloupes ne puissent le rejoindre, la dernière pensée de son ami fut pour lui. « Tu as ça dans le sang, Jack Sparrow, dans le sang, tu m'entends ? » Depuis, les soirs de tempête, il tournait et retournait souvent ces mots dans son esprit, sans parvenir à les comprendre ni à s'endormir.

 

Toute la nuit, les pensées les plus sombres le taraudèrent. Il revoyait la cale obscure de son premier bateau, quand, à peine plus jeune qu'aujourd'hui, il avait été envoyé en mer pour gagner sa pitance. Cette cale grouillante de rats et de moisissure pour seul foyer, et le froid de la nuit qui mordait ses joues encore rebondies, dernier héritage d'une enfance orpheline, quand il lui arrivait de monter sur le pont calme et endormi. Solitaire, il l'avait toujours été. A la faveur d'un clair de lune, il regardait vers l'horizon, les yeux perdus sur la ligne noire des flots tranquilles, dans lesquels miroitaient comme mille éclats de cristal tombés du ciel. Parfois de grosses larmes roulaient sur son visage bruni par les embruns, quand il pensait à l'enfance qu'il aurait pu avoir, et à l'avenir qui ne lui était pas destiné. Il se rappelait l'époque où il n'était encore qu'un petit mousse sans importance, quand les hommes d'équipage le bousculaient sans le voir quand il poussait un balai presque plus haut que lui, raclant le crin mouillé sur le bois déjà humide, pour nettoyer les débris suite à un abordage. Des éclats de bois, des fers brisés par le combat, des restes humains, et des trésors aussi, des trésors fabuleux. Un jour il avait trouvé un médaillon qu'il gardait à présent toujours sur lui. Il avait dû appartenir à un homme de la marine militaire, qui, parti en mer loin de sa dulcinée, avait emporté avec lui un souvenir qu'il chérissait, et le cachait jalousement sous son uniforme de soldat.

Jack aurait-il jamais une femme bien-aimée qui penserait à lui, là-bas, sur la terre ferme, attendant son retour pour lui sauter au cou ?

Aujourd'hui, Jack devait avoir environ une vingtaine d'années. Peut-être un peu plus, peut-être un peu moins. Il ne savait pas exactement quel jour de quelle année il était venu au monde. Personne ne lui avait jamais fêté son anniversaire.

Personne n'avait jamais tenu à lui, personne à part Henri, son fidèle ami, qui lui avait tout appris de la vie en mer, de la piraterie, des femmes aussi, quand ils mouillaient dans un port et allaient s'offrir un peu de bon temps dans le bordel et à la taverne. Il lui avait appris à fumer le tabac, à déchiffrer le ciel, et à subir les foudres du capitaine sans sourciller.

Henri avait une certaine vision de la vie, optimiste et nonchalante, qui avait toujours permis à Jack de continuer, au lieu de se jeter par-dessus bord dans ses pires moments de solitude et de désespoir. Mais à présent, Henri l'avait quitté, et Jack s'était résolu. Il allait prendre son destin en main. Changer le cours de sa vie. Dès demain, ou après-demain, dès que le bateau accosterait pour se ravitailler, alors il s'en irait. Seul, comme toujours, mais le cœur léger et empli de l'espoir d'un avenir radieux. Il ne savait pas encore ce qu'il ferait. Mais ce serait son choix, à lui seul. Personne ne pouvait lui ôter cette liberté.

 

 


2 commentaire(s)

je t aime jeke tu es le meilleure acteure du mon surtouyt la musique tu es très fort
par jonny depp, le 2008-11-25 21:54:00

j'aimerais savoir si, au lieu de lire, il pourrait y avoir un film dessus car les premieres liges ddonne envie qu'il y ai un film
par ludivine, le 2011-06-02 22:04:00

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