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La véritable histoire de Jack Sparrow

La véritable histoire de Jack Sparrow - épisode4

La véritable histoire de Jack Sparrow - épisode4

Première journée de Jack à la ferme... et rencontre avec la belle et douce Julie !


Finalement, à la fin de la journée, lorsque Jack se coucha harassé, toutes les parties de son corps protestaient de douleur. Il maudit le fermier et décréta que le seul élément agréable chez lui était sa fille Julie, une jolie brunette de l'âge de Jack qui n'était visiblement pas indifférente à ses allures de voyou et à ses regards appuyés.

 

Julie fronça les sourcils lorsqu'elle vit que la porte de l'étable était toujours fermée. Décidément ce garçon ne se lassait pas de l'excéder. Victor lui avait pressé la main avec ferveur en partant, lui demandant de par pitié tout faire pour que l'Abruti assez fou pour le remplacer ne se fasse pas éjecter au bout de 12 heures. Ce petit frère rêveur allait manquer à Julie mais elle était prête à tout pour l'aider à voguer vers de nouveaux cieux plus exotiques. Elle embrassa nostalgique la chaumière et les prés environnants. Si Victor prenait le large, ce serait elle qui hériterait de la ferme et de toute la boue qui allait avec. Voire même si elle faisait un bon mariage aurait-elle une exploitation deux fois plus grande, hourra ! Au moins Victor échapperait à ça. Mais fallait-elle vraiment qu'elle se coltine ce grand dadais qui apparemment n'avait pas vu une vache jusqu'à ce jour ? Rassemblant tout son vertueux courage, elle ouvrit violemment la porte de l'étable - et dire que Jullian lui avait octroyé la meilleure paillasse alors que, pour Victor, le sol froid était déjà trop bon - et tonna d'une voix de stentor :

- Debout là-dedans le bateau coule !

Rien, aucune réaction. Jack n'avait pas bronché. Apparemment l'étable pouvait couler, le jeune homme n'en avait cure. Julie n'était cependant pas sans ressource et elle était convaincue qu'il suffisait d'appuyer sur le bon levier pour obtenir ce qu'on voulait des gens. Elle reprit son souffle et enchaîna :

- Au feu ! A l'ouragan ! Un siphon ! Que dis-je ? Une tornade ! Un Laeken ! Des pirates nous attaquent !

Jack dormait comme un sonneur, à présent avec un sourire en coin comme si Julie lui chantait une berceuse. Il était grand temps de changer d'angle d'attaque, sinon il faudrait passer au grand moyen : le sceau d'eau glacé.

- La marine marchande arrive, aux armes !

La suite se passa de transition : un instant, Jack dormait à point fermé, l'autre il était derrière Julie, son couteau sous la gorge. Il fallu quelques instants pour Jack pour se rendre compte que le navire n'était pas pris d'assaut et qu'il ressemblait à s'y méprendre à une étable ; à Julie pour réaliser qu'elle avait tout intérêt à ne pas respirer trop profondément pour ne pas s'ouvrir elle-même la trachée sur cette lame qui avait l'air diablement aiguisée.

- Hey, du calme, Jack. C'est moi. La sœur de Victor. Il n'y a pas de danger. En tout cas, pas pour le moment, mon père est parti aux champs et il ne reviendra hurler que dans quelques heures.

Jack n'avait nul besoin d'être calmé, plutôt de se cogner la tête contre les murs pour s'apprendre à ne plus faire de telles bévues. Comment veux-tu avoir une vie normale si tu menaces de dépecer quiconque te surprend ? Avec douceur, il s'écarta de la jeune fille, lui présenta ou plutôt lui bredouilla toutes ses excuses, que c'était bien la première fois et que d'ailleurs ça ne se reproduirait plus, que c'était à n'y rien comprendre...

- Pirate, l'interrompit Julie, maintenant je comprends mieux pourquoi tu es doué comme un manche avec une pioche ou pour traire une vache. Et surtout pourquoi tu te traînes cet air ahuri. Ça doit te faire bizarre d'intégrer une vie normale, non ?

- Keuf, keuf... rétorqua Jack.

- Et tu dois être bien meilleure pour des choses plus piratesques, n'est-ce pas mon petit Jack ? musa Julie. En voyant le regard vide de Jack, il lui sembla nécessaire d'ajouter :

- Tu as besoin de quelqu'un pour t'aider à t'intégrer dans un monde normal et sans histoire et moi j'ai besoin de pimenter un peu ma vie, nous sommes fait pour nous entendre, tu ne crois pas ?

Et d'enfoncer le clou :

- A moins que tu ne veuilles que j'expose certaines données du problème à Jullian, bien sûr.

Elle goûta doucement les lèvres du jeune homme sonné, lui donna les instructions pour la journée d'une voix qui n'admettait aucune réplique et lui glissa à l'oreille un « A ce soir » des plus explicite. Lorsqu'elle sortit, primesautière et fredonnant, elle se dit que finalement la corvée « comment-faire-pour-que-l'abruti-qui-remplace-Victor-ne-se-fasse-pas-mettre-à-la-porte-en-un-temps-record » allait être beaucoup plus amusante que prévue.

 

***

 

Jack sut qu'il était midi dès que la cloche de l'église du village voisin sonna ses douze coups. Ni une ni deux, il fut sur pied, et fonça vers la grande bâtisse en pierre dans laquelle il avait vu disparaître Julie le matin. Il n'avait pas si faim, s'étant gavé de lait directement bu aux pis de la vache la plus grasse - une giclée dans la bouche, une giclée dans le saut - mais il avait hâte de revoir la donzelle et de provoquer chez elle une délicieuse rougeur sur ses pommettes souriantes en s'attirant son courroux - par exemple en lui pinçant une fesse ou bien en tapant une cuisse, il ne savait pas encore quel méfait il commettrait.

Quelle ne fut pas sa déception quand la grosse Gertrudis l'accueillit à la cuisine, une femme d'âge mûr, aussi épaisse qu'un des piliers de soubassement qui soutenait le premier étage de la ferme, et au visage rougeaud aussi désagréable à regarder que celui d'une truie.

- Qu'est-ce que tu fais ici, bougre d'idiot ? rugit-elle en le menaçant d'une louche de pâtée blanchâtre. Est-ce que je t'ai sonné pour le déjeuner ?

- N... non ! bégaya-t-il, complètement ahuri devant ces yeux porcins qui le fixaient avec méchanceté.

- Eh bien retourne travailler !

Il ne se le fit pas répéter. Jack dévala l'escalier et se réfugia dans l'étable, où une savoureuse surprise l'attendait : Julie inspectait ses sauts de lait avec suspicion, sa robe relevée sur ses mollets pour mieux se pencher dévoilant sa peau blanche et sûrement si douce.

- Ah te voilà ! Ne va pas prétendre que c'est tout le lait que tu as tiré de Berta et Bigoudi ! Non, ne dis rien, l'arrêta-t-elle alors qu'il ouvrait sa bouche et la refermait sans bruit, comme un poisson rouge prit en flagrant délit de buller.

Mécontente, elle se redressa, poings sur les hanches, et le fixa froidement.

- Et tu n'as fait que ça de la matinée ! Jullian va te renvoyer si tu ne te donnes pas un peu plus de mal pour abattre plus de travail sans manger la moitié de ce que tu récoltes ! Je crois que je vais te consigner au nettoyage de la porcherie, au moins tu ne risques pas d'avaler un cochon entier et vivant !

- Je pourrais toujours me couper une petite tranche de lard... plaisanta-t-il, mais Julie ne souriait même pas.

Elle avança vers lui avec un regard aussi noir qu'un ciel de tempête en mer, ses yeux lançant des éclairs, sa voix grondant comme le tonnerre.

- Jack, je n'ai pas envie de me retrouver seule dans ce trou. Victor était gentil bien qu'un peu benêt, je suis sûre que tu feras preuve de bien plus de malice que lui pour me distraire... Alors tâche de te montrer à la hauteur et de convaincre Jullian de te garder...

 


11/10/2008


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