Jack, Julie et Victor croient pouvoir se reposer dans la forêt... mais leurs poursuivants les guettent.
Notre petit convoi roulait déjà depuis quelques heures quand Jack, qui avait repris la direction des opérations, ralentit les chevaux et entreprit de réveiller Julie et Victor qui s'étaient assoupis. Il aurait bien préféré n'éveiller que sa maîtresse, mais ses pensées étaient aussi à la plus grande sécurité pour... son or! Aussi ne fut-il pas ravi de découvrir les deux jeunes gens enlacés et profondément endormis alors que lui avait maintenu de longues heures durant la carriole à un rythme effréné pour semer leurs poursuivants. Bourru, il assena une mauvaise tape à Victor :
- Debout là-dedans ! C'est pas tout ça, mais il va falloir camper si on veut se faire oublier. Allez, donnez-moi un coup de main pour dételer les chevaux.
« Mmhh Groumpf » fut à peu de choses près la seule réponse qu'il obtint, mais il n'en avait cure. Puisque les deux tourtereaux l'entendaient ainsi, il allait se mettre à l'abri, lui et son or ! Après tout, il avait bien abandonné Balthazar à son sort, ces deux-là ne valaient peut-être pas la peine de s'encombrer avec. Il changea bien vite d'avis à la minute même où Julie, encore mal éveillée, vint se lover contre lui pendant que Victor partit s'occuper des chevaux en lui adressant un clin d'œil complice. Jack soupira, leva les yeux au ciel et sourit malgré lui : ça n'allait pas être si simple de se défaire de sa méfiance de pirate, mais il pourrait essayer.
- Victor, regarde un peu dans la charrette si le Père Jullian ne nous aurait pas laissé quelques affaires qui nous permettent de camper un peu mieux, lâcha-t-il à l'intéressé après avoir aidé à dissimuler leur convoi dans les fourrés.
Lorsqu'il se retourna vers sa dulcinée pour la mettre elle aussi au boulot, Julie avait disparu.
- Julie, Julie ? appela-t-il d'une voix inquiète, bientôt reprise par Victor. D'un geste, il intima l'ordre à Victor de le suivre en silence et sortit sa dague de son fourreau. Victor ne se fit pas prier et libéra lui aussi le poignard qu'il cachait dans sa ceinture, priant pour ne pas avoir à s'en servir. A pas de loup, il traversèrent quelques branches basses avant de débouler dans une petite clairière et de tomber nez-à-nez, armes à la main, en position de combat ridicule, sur une Julie ébahie.
La jeune fille, munie d'une torche, avait commencé par déblayer la clairière à quelques pas de la route, bien cachée par la végétation environnante. Le terrain plat était propice à monter un bivouac de fortune et un petit ruisseau coulait non loin de là. Elle avait même allumé un feu juste suffisant pour les éclairer, et pour ne pas se faire remarquer des voyageurs qui pouvaient passer sur la route Avisant une grosse pierre plate, elle avait dressé un maigre repas froid et s'activait maintenant à puiser dans l‘eau du ruisseau de larges chopes qu'elle avait sorties de sa baluche. Il semblait que la jeune fille était bien plus débrouillarde que ce que ses compagnons avaient imaginé, et elle était également bien décidée à se servir de tout ce qu'elle avait appris de sa vie de fermière pour mettre son petit groupe à l'abri. Elle accueillit avec un grand sourire l'irruption des deux grands dadais dans son petit nid.
- Ne faites pas cette tête-là , vous avez l'air d'être tombés sur le fantôme de votre arrière-grand-mère ! Venez plutôt grignotter, parce qu'il nous faudra repartir dans seulement quelques heures. Ah, et... vous avez bien pensé à placer quelques pièges pour le cas où on se ferait attaquer?
- Heu, c'est-à-dire que... commença Victor.
À la vue de la crise qui s'annonçait, Jack prit les devants et assena un bon coup dans les tibias de Victor qui se retint de hurler et en profita pour répondre en gratifiant Julie de son plus charmant sourire :
- Mais bien sûr ! territoire protégé, chef ! Rien ne peut atteindre notre base secrète !
Il n'avait bien sûr aucune intention de poser de stupides pièges après avoir pris tant de précaution à semer ses ennemis. Qui pourrait donc les attaquer à cette heure tardive, alors qu'ils avaient pris soin de dissimuler toute trace de leur passage ? Et c'est ainsi que nos compagnons, pour la première fois depuis le début de l'aventure, s'accordèrent le droit de deviser gaiement autour d'un feu en plein milieu de la nuit, sans penser au lendemain, et sans se douter non plus que non loin de là cachées dans les fourrés, quatre paires d'yeux les observaient en silence...
01/12/2008
Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :
Quand Lira-t-On est une association culturelle et créative qui souhaite promouvoir la littérature à l'ESSEC en donnant à tous la possibilité de découvrir et de partager des livres, d'écrire et d'être lu ou de rencontrer des écrivains. Parce que "tant qu'on est vivant, tout est prétexte à littérature." (Ionesco)
Le Bateau-Livre, le journalde l'association, est le réceptacle de toutes nos créations, des critiques sur des ouvrages, l'actualité du monde des livres, ainsi que des entretiens avec auteurs. Lire les BL
Le pôle littérature est tout ce dont un ESSEC a besoin pour se purifier après une bonne grosse soirée, ou un stage de 6 mois en audit. Des romans, des auteurs à rencontrer, des ateliers d'écriture et des séances de lectures, mais aussi la fameuse journée du livre, sans oublier les critiques faites maison.
Le pôle BD/ Manga a été crée pour tous les fans de Tintin, Lanfeust, Dragon Ball et Naruto. Vous y découvrirez en détail le catalogue de la bibliothèque, les rencontres avec les auteurs, les cours de bande dessinée, les planches et dessins des ESSEC et nos critiques BD et mangas.l
Parce que tous les ESSECs ne se destinent pas forcément au contrôle de gestion ou au marketing chez l'Oréal, nous voulons dissiper le brouillard épais qui flotte sur le monde de l'édition.
En juin 2006, QLTO crée une nouvelle rubrique créative : les feuilletons. Parce qu'il n'est pas question de laisser chômer ceux qui sont en stage, on leur donne des devoirs.
A eux de divertir les ESSEC avec leurs folles aventures, concoctées durant leurs heures de boulot. Mission pas impossible, mais ardue, s'il l'acceptent.