11h00. Ma valise est prête, il ne me reste plus qu'à la peser. J'ai le droit à 40 kilos (20 offerts gracieusement par la Japan Air Line), et à 40 euros le kilo supplémentaire, on va essayer de ne pas dépasser.
48 kilos. Seulement 8 à enlever. On déballe. Déchirement du cœur à voir partir mes livres, mes pulls et mes chaussures. Mon copain me harcèle : « ça, tu ne le mettras pas de toute façon ».
42 kilos. Ça ne rentre toujours pas. Je n'aurai qu'une dizaine de débardeurs, la même quantité de pulls (des légers, mais aujourd'hui je m'en mords les doigts car le thermomètre ne descend, même le soir, jamais en dessous de 25, et il fait humide !!!) et plus que 5 paires de chaussures. Bref l'avarie de matériels digne de la ligne C du RER parisien.
13h00. Après 6 refoulements de larmes au moment de quitter l'homme de ma vie (« je suis une femme forte, libre, … oh il va trop me manquer, deux mois, comment vais-je faire ??? »), je rentre dans le terminal F pour la première fois (pas le F, le terminal en général, je n'ai jamais pris l'avion pour un long trajet). Je dois acheter des cadeaux pour ma famille d'accueil, que je suis censée trouver ici.
13h03. Alors que je m'avance pour payer des savons (seule chose à 10 euros, je ne suis pas radine, juste pauvre), plus de billets d'avion et de carte d'embarquement (sans ça je ne peux ni payer, ni même rentrer dans l'avion).
En trois minutes, 20 mètres parcourus, ma vie s'effondre, je suis de nouveau le boulet numéro 1 qui énerve ma famille et mon chéri et me fait passer pour une gamine trisomique et vraiment poisseuse. Direction le chef de la sécurité du terminal, puis l'information Air France, et pour finir la jeune stagiaire japonaise de JAL aux dents bagués (mince, à 25 ans, c'est vraiment pas classe) : « Veuillez lemplir ce folmulaire, et vous poullez embalquer. Comme vous vous êtes déjà enlegistlée, vous ne payelez pas de flais supplémentailes » (100 euros, bordel, heureusement car je suis à sec, pourtant je le méritais !)
13h45. Dernier sms à mon adoré, qui je l'espère ne souille déjà pas le lit conjugal avec une pétasse blonde siliconée. On décolle.
15h00. Bon on décolle vraiment, après 1h15 d'accélérations paresseuses, d'arrêts et d'attente interminable et angoissée. Je commençais à avoir un peu peur, le décollage est le moment le plus dangereux, celui ou on risque vraiment de s'écraser. Bizarrement cette nouvelle ne rassurait pas mes voisines de vol.
16h00. Je n'ai pas mangé ce midi, est-ce que les hôtesses de l'air et le steward homo sont au courant ? Mon ventre gargouille tant que je me demande si ce n'est pas cela qui cause les turbulences à répétition de l'avion.
16h30. Je me jette sur le poulet et la purée, le menu japonais attendra, et si c'est pour être constipée dès l'avion avec tout leur riz…Les portions ne sont pas gigantesques, mais on fait avec.
18h00. J'ai faim.
19h00. Bon ben, j'ai faim, encore.
20h00. Les hôtesses ne veulent pas passer pour les glaces et les boissons gratuites. Je patiente, entre deux pipis aux toilettes et mes révisions plus que succinctes et peu productives de japonais (j'ai l'impression de ne rien savoir), et le jeu « Qui veut gagner des millions ? » sur l'ordinateur de bord.
21h15. J'ai réussi à avoir une glace et du jus de tomate. Je me demande pourquoi je bois cette horreur, c'est affreusement dégueulasse, mais ça fait tellement avion ! Bien entendu, deux minutes plus tard je renverse le sus nommé jus de tomate sur mon pantalon. Miracle des miracles, peu de traces ; je suis habillée en kaki et non en blanc, et il ne restais que le fond du verre.
21h30. Les Japonais et quelques Français chanceux se sont rués sur les nouilles (Ramen) et du coup mon estomac qui n'a avalé qu'une glace me torture pour n'avoir pas bougé mes fesses un peu plus tôt. Est-ce ma faute si la compagnie aérienne prévoit un pot de nouilles pour trente personnes ?
22h00. Pas sommeil. On dirait que le film Antartica, sur les hiuski perdus au pole nord passe en boucle depuis déjà 4 heures. On attend King Kong, plus par défaut que par goût réel, et qui si ça se trouve ne commencera jamais, voire sera carrément tout pourri. Le petit déjeuner est dans deux heures, à minuit, normal. Plus que 3 heures et demi d'avion. Avec l'ordi de bord, on suit le trajet exact de l'avion. Il fait des détours énormes, comme s'il voulait nous montrer en vrai les yuskies et Paul Walker. Nous traversons le nord de la Russie, et comme dehors, il fait froid dans l'avion, les Japonais raffolent de la clim à fond. On ressemble tous à des petits vieux avec notre couverture sur les jambes.
00h00. Mal dormi. Pas de place pour caler les pieds comme dans le train. Le siège ne penche pas vraiment, enfin juste assez pour vous coller un mal de dos, et je suis courbée comme le bossu de Notre Dame.
Hors de ce siège de torture, le steward homosexuel et comique fait mine de me piquer mes chaussures. Je les remets dans la souffrance : mes pieds ont gonflé avec la chaleur et la dépressurisation de l'air (je sais pas à quoi ça correspond, mais ça fait très intello) et ont pris trois pointures en une nuit.
Avez-vous déjà fait pipi dans les toilettes d'un avion pendant des turbulences ? Une mission des plus dangereuses, si ça foire, je ne vous raconte pas la honte, ni l'odeur…
Re mauvais dodo.
01h00. Petit déjeuner servi, enfin, j'ai presque attendu. Jambon, fromage, yaourt, fruits, j'engouffre tout, j'ai faim. Le film Antartica prend fin, mais le générique semble lui aussi très long.
Fin du vol tranquille, pas sommeil, manque de renverser à nouveau du thé cette fois sur moi. Rien de très extraordinaire.
Grossebourde : 1, qui aurait pu coûter bien plus cher
Petiteboulette : 1 (pour une fois cela ne se voit presque pas)
Heures de sommeil : je ne sais pas trop, mais ce n'est pas énorme. Donc je ressemble à rien à l'arrivée à Osaka, à cause du manque de sommeil (on va dire ça).
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