6h30. Lever, ça pique. Je suis dans un état de léthargie assourdissante, et j'ai du mal à sortir de ce lit qui gratte et fait mal au dos.
7h54. Le bus. Les Japonais me regardent d'une drôle de façon. Dans cette ville minuscule de 400.000 habitants, ils ne connaissent pas les étrangers, et les Français encore moins (à part Mireille Mathieu, qu'ils adorent, mais ils ne sont pas dupes, ils sentent bien qu'elle est le summum de la ringardise en France ; et Alizée, qui a su faire bon usage de ses bas et de sa jupe ras les fesses).
Je veux payer mon ticket et en rentre ma pièce de 100 yens dans le monnayeur qui m'en redonne plein de petites sans valeur. Je demande comment faire, avec mon plus beau sourire et mon japonais peu concluant, mais le chauffeur n'a pas envie de m'expliquer. Yoko, qui n'est pas encore partie, me donne les indications qui me manquaient : au Japon, on paye le bus après !!!Tout est vraiment à l'envers ici, même les portes du bus. Je n'apprends que deux jours plus tard, d'ailleurs par Yoko, qui n'avait pas fait gaffe, que je dois aussi prendre le petit ticket avec le numéro 1 écrit dessus, qui indique où on a chopé le bus, et que je pensais inutile. Tant pis.
8h45. De Hirakata shi à la mairie, je ne mets que 4 malheureuses minutes, alors que le plan semblait montrer dix bonnes minutes à pied d'un parcours long, relou et plein d'embûches. Pour une fois que cela marche dans ce sens et que je ne me paume pas.
9h00. Nous montons dans le bus avec une vingtaine d'étudiants de Gaidai, pour Nara, une très jolie ville de temples apparemment.
10h00. Dès la sortie du bus, nous sommes assaillis par des biches, des faons et des cerfs. Ca a l'air mignon ces bêtes-là, surtout dans Bambi, mais en vrai, non seulement leurs bois sont trop moches et ressemblent à du plastique, mais ils ont l'air (et sont) très cons. Ils courent partout, fouinent, et moi je flippe. Je ne suis pas une très grande amie des animaux, qui adorent me renifler le cul, et puis ça pue ces conneries !!!
10h30. Temple dont je ne me souviens pas le nom : deux grands Bouddhas qui mangeraient la soupe sur le tête de celui que j'ai vu la veille, et de nombreuses statue d'espèces de diables trop impressionnants. Par contre, pas de guide, d'explication, les étudiants sont là juste pour nous escorter, c'est la foire totale.
10h45. Je ne passe pas au travers du trou super étroit qui prédit une longue et belle vie si on le franchit. Chaque année, des centaines de Japonais s'y coincent et le pompiers locaux sont dépêchés en urgence pour les débloquer on ne sait comment. Marlène passe facile, mais moi, je ne pense pas pouvoir le faire, vu ma taille, et voilà la honte si je reste dans le trou !
A la boutique, les filles essaient des serre-têtes en forme de bois de cerf et prennent des photos. Quand je veux le faire (c'est nul, mais j'adore !), la pétasse à la caisse dit que je dois l'acheter si je veux faire une photo. Frustrée, car je vais pas acheter une telle merde quand même !
11h00. Je tente ma chance à la fortune. Au Japon, on secoue une boîte rectangulaire en bois, on en sort un bâton, qui correspond à un numéro qui correspond à un tirage de la chance. Résultat, ça va, mais il faut que je voyage (encore ?), et si jamais je dois rivaliser avec quelqu'un, tout dépendra de lui (ben j'ai vraiment intérêt à ce qu'il soit souple avec moi). Cela reste très abstrait, pour ne pas dire difficilement compréhensible
12h00. Nous partons à la recherche d'un resto pour le midi, fait faim.
12h15. J'ai l'impression qu'ils veulent nous faire traverser toute la ville, jusqu'à ce que je comprenne, après tout le monde, que les étudiants ne savent pas trop où nous sommes, bravo.
12h30. La rue des restos est là, pourquoi n'en choisissons-nous pas un ? J'ai vraiment faim, et ça va bientôt me rendre méchante.
Bon on s'arrête enfin. On rigole bien avec les étudiants japonais, mais ces andouilles choisissent des nattes pour s'asseoir, comme si je n'avais déjà pas assez mal à manger par terre à la maison.
12h50. Je fais tomber mes baguettes sur le sol. Pas de problème, suffit d'appeler le serveur. Sauf que là, Tachi, le japonais qui est à côté de moi, Dieu merci, a beau s'égosiller en Sumimasen (« excusez moi », pour interpeller les serveurs), l'autre a décidé de ne pas nous entendre. Le sumimasen devient peu à peu une longue plainte, jusqu'à ce que nous le reprenions tous en choeur, sans effet, donc on s'amuse à le gueuler dans les restaurant dans toutes les palettes possibles (comédie, tragique…), comme à la Star Ac'.
12h55. Bon, on m'apporte des baguettes, enfin, et de l'eau. L'horreur que les Japonais appellent thé est un infâme breuvage que je ne peux avaler (oser proposer ça durant un déjeuner mérite la mort, du genre guillotine ou autre). Puis on papotte, on papotte.
13h20. On a déjà vingt minutes de retard lorsqu'on finit de manger. On arrive à la gare, on prend le train pour Namba, quartier animé et commercial d'Osaka. Pour acheter un minuscule adaptateur (forcément les prises françaises et japonaises ne sont pas les mêmes, heureusement que je le savais, sinon j'aurais pris avec moi tous mes joujous électriques), il va falloir casquer 250 + 150 + 220 yens, prix des transports. C'est tout pourri, on met une heure à trouver la bonne boutique, et même les étudiants avec nous se font chier. Ca vire au cauchemar quand il se met à pleuvoir, alors on rentre.
18h30. Après avoir attendu un petit quart d'heure sous une cagna pas possible (on voit pas le ciel, mais il fait si chaud, et si humide), Yoko me ramène à la maison. A peine cinq minutes plus tard, j'ai envie de vomir. Alors que je sens le repas succulent que Yoko est en train de préparer, je suis au bord de la galette. Je vais me couche direct, sinon ça va virer à la gastro. Bien entendu, ça inquiète toute la famille, qui se reproche tout alors ce n'est presque rien (sur le coup bien entendu je me dis que je vais mourir, comme à chaque fois que j'ai un petit bobo). 2 spasfons, un pipi et au lit. Je branche l'air conditionné (il fait encore 30°). Etre allongée, ça fait déjà du bien. Je m'endors tranquillement.
Grosse bourde : 0 (oui ça devient lassant !)
Petite boulette : 1, qui a fait rire tout le monde au resto, surtout que j'ai pu faire mon pitre.
Famille inquiète : Yoko et Aki, complètement affolés.
Vomi : c'est passé tout près, si j'avais fait ma feignasse et ne m'était pas levée du canapé (qui est dur lui aussi d'ailleurs) pour aller me coucher, j'aurais très sûrement vomi dans le salon.
Boutons de moustiques : 12, en fait, ça ne double pas, mais + 4 chaque nuit, une bonne moyenne quand même. Et ça gratte toute la journée, malgré le « médicament » que m'a donné Yoko (tellement adorable).
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